Les entrepreneurs songent à se protéger des drones

Nouvelles technologiesDes spécialistes de la sécurité ont découvert une solution de protection contre les vols indésirables

Le système détecte et identifie les drones dans un rayon de 500 m au moyen d’une palette de capteurs: caméras HD et thermiques, micro et détecteur de radiofréquences.

Le système détecte et identifie les drones dans un rayon de 500 m au moyen d’une palette de capteurs: caméras HD et thermiques, micro et détecteur de radiofréquences. Image: Philippe Maeder

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Créer un mouvement de panique dans une foule, s’insérer dans le réseau wi-fi d’une entreprise pour le rendre accessible depuis l’extérieur ou saboter le système de climatisation d’un datacenter. Voilà quelques-unes des «performances» réalisables avec un drone, petit appareil volant inoffensif, tant que des mains malintentionnées ne se mettent pas aux commandes.

«Désormais, pour prévenir le danger, il faut aussi lever les yeux et regarder le ciel», constate Jean (prénom d’emprunt), responsable de la sécurité dans une structure institutionnelle. Comme une septantaine de collègues, Jean a donc répondu positivement à l’invitation de la société Protectas SA pour découvrir son nouveau service de Protection de périmètre et de l’espace aérien. Une première en Suisse selon l’entreprise. Jean était donc présent mercredi au centre de l’Union cycliste internationale à Aigle pour écouter une présentation théorique puis assister à des démonstrations.

Repérer avant l’arrivée

«Le temps où l’on pouvait dire qu’un bâtiment était sécurisé parce qu'on en contrôlait les accès est révolu, a rappelé en guise d’introduction Cédric Payet, responsable vente et techniques de l’entreprise de sécurité. Désormais, la menace peut aussi venir du ciel.»

Pour s’en protéger, l’entreprise propose un service utilisant un kit de produits allemands: détecteur de radiofréquences, caméras HD et thermiques et micro, le tout étant relié a un logiciel d’analyse et une centrale d’alarme. «Le but est de repérer l’arrivée d’un drone une à deux minutes avant qu’il ne soit sur site». Le temps par exemple de déplacer des gens, fermer des stores ou activer un brouilleur. Le dispositif peut aussi déterminer la trajectoire qui permet de remonter au pilote et sait différencier la présence de drones «autorisés» dans le secteur. Mais il ne permet pas d’intercepter les intrus.

«Ça peut faire sourire, réagit à chaud un responsable sécurité d’une manufacture de produits de luxe. Mais quand on voit à quelle vitesse évoluent les technologies et comment les nouvelles générations les maîtrisent, on se dit qu’il est sage d’essayer d’anticiper les problèmes.»

Les questions posées ont montré un intérêt réel des participants. Au minimum «pour se tenir au courant», comme l’expliquait un autre responsable travaillant dans la grande distribution, mais ne voyant pas d’application concrète dans son domaine d’activité pour l’instant.

Un de ses collègues a aussi demandé si le système était utilisable sur des manifestations. «Oui, pour autant que le matériel soit disponible. Car vu leur prix important, les kits pour manifestations ne sont pas encore disponibles en grande série», lui a répondu Cédric Payet. Mais un dispositif similaire a par exemple été utilisé lors du dernier World Economic Forum à Davos.

Coûts justifiés

Reste que ce service a un coût assez important, autour de 8000 fr. par mois pour surveiller l’espace autour d’un bâtiment de 16'000 m2 sur trois étages. «De toute façon, réagir après une catastrophe coûte toujours plus cher que d’anticiper, fait remarquer un autre participant. Et puis savoir que des drones survolent occasionnellement ou de façon répétée nos entreprises est déjà une information intéressante.» La chasse aux drones peut commencer. (24 heures)

Créé: 15.06.2017, 14h02

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