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Economie

Les entreprises importées ne feraient pas de dégâts

Par Justin Favrod. Mis à jour le 25.01.2012 5 Commentaires

L’an dernier, des élus ont reproché à l’État de draguer les sociétés étrangères sans tenir compte des effets pervers. Une étude scientifique leur répond.

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Salve de critiques

Les attaques contre les opérations de séduction aux entreprises étrangères se multiplient depuis des années.
En 2008, le député socialiste Jean-Michel Favez s’inquiète des effets pervers de l’implantation de plusieurs multinationales ternissant leurs retombées positives.
Fin 2010, le mouvement prônant un ralentissement du développement économique exogène s’accélère sur l’arc lémanique, porté entre autres par Jacques-André Haury et Daniel Rossellat. Lors des élections communales de mars 2011, l’UDC utilise l’afflux d’employés étrangers aisés comme argument pour contrôler l’immigration.
A la fin de l’année 2011, les radicaux suivent le mouvement au Grand Conseil. Ils proposent d’inciter les entreprises étrangères à s’associer à la construction d’habitations, coopératives par exemple, pour leurs employés.

Le secrétaire général du Centre patronal vaudois, Christophe Reymond, a conclu hier par une citation de Mark Twain: «Avant de déformer les faits, il faut se donner la peine de les connaître.» Il attaquait en conférence de presse les socialistes, les Verts, «libéraux ou pas», qui ont critiqué la promotion économique exogène du canton de Vaud. Cette promotion qui va séduire des entreprises à l’étranger pour les attirer en terres vaudoises. Les associations patronales vaudoises ont commandé une étude au Créa (Centre de recherches économiques appliquées) de la Faculté des Hautes études commerciales de Lausanne pour déterminer si la promotion économique vaudoise engendre des effets pervers. L’étude conclut que le nombre d’entreprises et d’emplois créés par le biais de la prospection à l’étranger est marginal. Cette conclusion va à l’encontre des interventions, émanant surtout d’élus de la Côte, qui dénoncent l’invasion d’entreprises étrangères jugées coupables de bien des maux. Les appartements deviennent rares et chers, obligeant les jeunes à s’exiler; les routes sont encombrées; les trains bondés contraignent à voyager debout; les entreprises locales ne trouvent plus d’espace pour assurer leur extension. Tout cela serait dû à l’afflux d’entreprises étrangères encouragées par le canton ou plutôt par l’organisme intercantonal chargé de cette promotion (DEWS puis GGBA).

Auteure de cette étude intitulée Le dynamisme vaudois sous la loupe, la directrice adjointe du Créa, Délia Nilles, a dressé un panorama de l’économie vaudoise de 1995 à 2010 pour la comparer ensuite aux effets de la promotion exogène. Il s’avère que l’installation d’entreprises étrangères due à l’intervention de l’Etat est en diminution depuis cinq ans. Délia Nilles montre que la promotion exogène crée peu d’emplois, mais à forte valeur ajoutée, dans l’industrie, la communication ou les activités scientifiques. Le nombre d’emplois créés par ces sociétés étrangères correspond à 15,6% des emplois générés par l’ensemble des nouvelles entreprises et ces sociétés constituent 5,8% du nombre de nouvelles entreprises. Bon an mal an, les nouveaux collaborateurs de ces entreprises importées correspondent à 0,3% du total des emplois vaudois.

Un faux débat?
L’étude scientifique ne le dit pas, mais les commanditaires n’hésitent pas à conclure, dans la bouche d’Olivier Feller, directeur de la Chambre vaudoise immobilière: «Attribuer à la promotion économique les difficultés dans les transports ou dans les logements est donc un faux débat.» Le conseiller national radical insiste sur l’importance au contraire de ne pas freiner le développement, mais avec un Etat qui sait anticiper les difficultés par des investissements.

L’attitude des milieux économique fait sourire Jacques-André Haury, président des Vert’libéraux et hostile à la promotion: «Je ne comprends pas l’affolement des milieux économique devant toute critique de la promotion économique. L’arrivée d’entreprises étrangères inquiète aussi la population. Par ailleurs, il faut prendre en compte d’autres actions des collectivités pour rendre le canton de Vaud plus attractif qu’il ne l’est déjà: je pense par exemple à la politique fiscale et aux actions des communes qui mettent à disposition des terrains à des entreprises étrangères.»

Le vice-président des socialistes, Jean-Michel Favez, se félicite qu’Olivier Feller parle d’investissements supplémentaires: «C’est la demande que j’ai faite en 2008: il faut accompagner la croissance.» Et d’ironiser sur les conclusions de l’étude: «Si la promotion exogène rapporte si peu d’emplois, est-ce que cela vaut la peine d’investir dans ce domaine? Il reste que ce sont des emplois à forte valeur ajoutée. Les personnes qui arrivent sont peut-être peu nombreuses, mais elles tirent les loyers vers le haut. Je l’ai clairement vu à Rolle.» Le syndic de Nyon, Daniel Rossellat, reste opposé à toute promotion active dans sa région: «Gardons la promotion exogène pour les régions moins bien servies que la mienne.» Manifestement, l’étude du Créa ne provoquera pas la conversion des sceptiques.

La rédactrice de l’étude, Délia Nilles, sous le regard de Christophe Reymond, au Centre patronal. ARC (24 heures)

Créé: 25.01.2012, 21h17

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5 Commentaires

Lo gique

26.01.2012, 09:10 Heures
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Puisqu'ils sont forts pour faire des études, peuvent-ils en faire une qui explique pourquoi les loyers ont augmenté (pour la plupart illégalement, mais chut ! c'est du vol, d'accord mais si on les mettait tous en prison, il faudrait en construire plusieurs...) sur le bassin lémanique. Et aussi pourquoi le taux de vacances des logement est aussi bas... Répondre


Axel Holz

26.01.2012, 10:54 Heures
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C'est de la manipulation. Par ex. ils nous disent pas le nombre / pourcent des salariés suisses / étrangers et les revenus respectifs. Ou logent-ils ? A quel prix ? Et les "avantages fiscaux" par rapport aux entreprises / personnes indigènes ? Nous avons importé des emplois. Nous en n'avons pas crée. Nos élus refusent de voir les abus massifs et très choquant. Répondre



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