Vaud
Les palmiers s’emmitouflent et les légumes gèlent en terre
Par Philippe Maspoli avec les régions. Mis à jour le 07.02.2012 3 Commentaires
Amateurs de douceur, soyez patients. Vous devrez conserver vos couches bien chaudes et vos bonnets au moins jusqu’au week-end. Si cela peut vous consoler, vous n’êtes pas seuls à vivre le froid comme une agression. Imaginez-vous dans l’écorce ou la pelure d’un végétal.
Les palmiers s’habillent
Dur d’être exotique. Le fameux microclimat de Montreux est en hibernation. Les célèbres palmiers qui colonisent les 5?km de quais souffrent. Pour la première fois depuis les grands gels de 1985, les jardiniers montreusiens ont entouré de tissus synthétiques les plus fragiles d’entre eux. «Une septantaine de palmiers, de yuccas ou de mimosas délicats ont été enrubannés il y a quelques jours», indique le chef jardinier, Bertrand Nanchen. Qui espère, pour le bien-être des plantes exotiques de la ville, que la cramine ne jouera pas les prolongations trop longtemps. «Il n’y a pas que le froid qui est néfaste. La bise et l’humidité du sol et de l’air jouent un rôle aussi. Mais ce n’est qu’à partir de -10?°C qu’on sort l’artillerie lourde en enrubannant les plantes. Et on ne laissera pas ces protections jusqu’à fin mars.»
Prix des légumes en hausse?
Les résistants légumes d’hiver se retrouvent, eux, dans un congélateur naturel. «La terre est gelée sur 15?centimètres de profondeur», observe Freddy Brönnimann, maraîcher à Noville. Ce dernier doit donc renoncer à récolter le rampon, les poireaux et les choux frisés qui sont durs comme du bois. Et inutile de tenter de les recouvrir pour les protéger: «On peut placer une couverture en plastique, mais ça ne suffit pas», relève le cultivateur. En attendant le redoux, les stocks de ces végétaux cueillis avant le souffle sibérien diminuent dans les frigos. Selon Freddy Brönnimann, leurs prix pourraient bien augmenter dans les rayons.
Cultures en danger
Il est très répandu dans les champs vaudois et on le presse pour en faire de l’huile: semé en septembre, le colza s’est bien développé au cours d’un automne doux et d’un début d’hiver relativement clément. Dans l’air glacial, cette plante en croissance précoce est donc vulnérable.
«Le seuil dangereux se situe à -15?°C. On entre dans une période à risques si le froid se prolonge», déclare Raphaël Charles, spécialiste des grandes cultures à l’Agroscope Changins-Wädenswil (ACW). Semé plus tardivement et robuste, le blé paraît moins menacé, au contraire du pois d’automne, cultivé depuis une dizaine d’années dans le canton et destiné au bétail, qui se révèle peu tolérant. Vignes et arbres sous surveillance
Vignobles menacés
Dans les vignobles, le bilan est encore incertain. «Des dégâts sont possibles ponctuellement, dans les zones plates où le froid s’accumule», explique Jean-Laurent Spring, responsable du groupe de recherche viticulture de l’ACW. Les cépages les plus sensibles sont le chasselas et le gamay, répandus en terre vaudoise, alors que l’humagne, la petite arvine et le cornalin résistent mieux.
Les arbres fruitiers, eux, exigent d’être traités avec délicatesse. On évite de les tailler, comme les vignes (lire ci-dessous), ainsi que l’explique Roland Gonin, président de la Société de pomologie et d’arboriculture vaudoise: «La coupe au sécateur provoque une plaie qui sécrète une matière juteuse. Avec le froid, ces blessures peinent à cicatriser.» (24 heures)
Créé: 07.02.2012, 22h36
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3 Commentaires
Cela rappel,qu'il y a des saisons pour les cultures.L'hiver est une saison ou la nature ce repose, on a tendance à l'oublier. Répondre
Arrêtons de nous bassiner avec le réchauffement climatique, et parlons plutôt de CHANGEMENT CLIMATIQUE !! Pas besoin de graphiques pour s'apercevoir que les périodes alternant le froid ou le chaud, l'humidité ou le sec, sont de plus en plus longues. Et que l'on passe d'un coup de l'un à l'autre ! Répondre


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