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Elections cantonales: reportage dans les régions (6/10)

L'imagination au pouvoir dans la campagne du Gros-de-Vaud

Par Sylvain Muller. Mis à jour le 07.02.2012 1 Commentaire

Pris entre les directives écologiques et la libéralisation des marchés, les agriculteurs doivent diversifier leur activité pour s’en sortir

1/3 Olivier Sonderegger au cœur du moulin d'Echallens.
Image: Samuel Fromhold

   

Froideville la bien nommée. La neige recouvre le pâturage dans lequel nous reçoit Olivier Martin. Mais l’heure n’est pas aux batailles de boules de neige. «Regardez, j’ai fait la liste. Il n’y a plus un agriculteur au village qui n’exerce pas une autre activité à côté. On devient des chasseurs de primes.»

Agriculteur de métier, notre interlocuteur est d’ailleurs lui-même devenu… vendeur de glaces à la ferme. Son épouse travaille à temps partiel à La?Poste. «Je ne fais plus le métier que j’ai appris. Le bureau est devenu la partie la plus importante. Si vous ratez les délais de l’administration d’un seul jour, vous perdez de l’argent.» Très attaché à son village, Olivier Martin est aussi président du Conseil communal de Froideville depuis un quart de siècle. A ce titre, il a suivi tous les épisodes d’un projet aussi emblématique que décrié: la construction d’une centrale de production de biogaz par un agriculteur du village.

«C’est un projet assez important, presque industriel. Les gens ont pris peur, surtout des nuisances olfactives et des transports.» Le projet a divisé le village en deux camps et se trouve toujours bloqué par des recours. «Heureusement, entre-temps mon collègue a trouvé un autre créneau avec la production d’isolants pour les constructions à base de foin.»

Tipis, vente directe et lamas
A quelques kilomètres de là, à Villars-le-Terroir, Sonia et François Bovat ont trouvé une autre utilité pour leur paille: ils y font dormir les citadins. «Comme il est de plus en plus difficile de vivre de l’agriculture et qu’on aime le contact avec les gens, on a décidé de se lancer dans l’agritourisme.» Leur ferme du Petit Buron, perdue en bordure de forêt entre Villars-le-Terroir et Penthéréaz, a vu pousser un tipi, puis deux, puis trois. Mais elle compte aussi un galetas pour dormir sur la paille, un magasin en libre-service, un service traiteur et une basse-cour très diversifiée qui fait la joie des enfants.

Un minuscule poney, qui s’est échappé de son enclos vient d’ailleurs nous saluer. De l’autre côté de la barrière, des lamas observent. Optimiste de nature, Sonia Bovat reprend: «Heureusement que l’on ne savait pas ce qui nous attendait! Il nous a fallu plus de deux ans de démarches, avec des chicaneries comme l’obligation de déplacer un tipi de dix mètres parce que l’on était trop près de la forêt.»

Mais le couple ne se plaint pas de son sort. L’agritourisme constitue déjà les 15 à 20% des revenus du domaine. Et les idées ne manquent pas. Les Bovat imaginent déjà attirer les classes d’écoles, qui iront voir l’exposition itinérante «Le monde des dinosaures», qui vient de s’installer à quelques kilomètres.

Patates prêtes à consommer
A Peney-le-Jorat, Pierre Jaton est, lui, plutôt satisfait des Services de l’Etat. «Quand il y a des emplois en jeu, on sent qu’ils sont plus conciliants.» Avec deux autres agriculteurs du village, ce producteur de pommes de terre s’est lancé dans leur transformation il y a plus de quinze ans. Dans une halle à côté de la ferme, des tapis roulant et des machines pèlent, coupent, émincent. Leurs frites, leurs patates entières ou tranchées sont écoulées sous forme de produits frais dans des dizaines de restaurants et de cafétérias.

«On a commencé avec une petite machine. Aujourd’hui, on emploie vingt personnes et on commercialise 3000?tonnes par année.» Mais les temps ne sont pas plus faciles pour autant. «Nous avons envie de pouvoir offrir un salaire minimum de 4000?francs à nos employés, mais on n’y arrive pas encore.»

Peu sensible aux discours des partis, Pierre Jaton redoute surtout qu’on lui impose des choix. «C’est comme l’écologie. On y est sensible, mais il faut d’abord qu’on tourne. Et puis, en développant notre activité ici, on en fait indirectement: les déchets sont donnés à manger au bétail de la région, les jus sont épandus dans les champs. Ça fait des tas de trajets en camion en moins.»

Entrepreneur, Pierre Jaton n’en reste pas moins agriculteur. «C’est toujours un plaisir de remonter sur le tracteur. On cultive encore nous-même 15 hectares de patates. Nos clients adorent quand on leur dit que c’est nous qui cultivons nos produits.»

Entre écologie et libéralisation
Nouveau gérant de la Landi Gros-de-Vaud, Olivier Sonderegger ne se réjouit que partiellement de cette évolution. «La diversification des revenus améliore les contacts avec les consommateurs, mais la production doit rester la priorité des agriculteurs», rappelle-t-il en faisant visiter la machinerie du Moulin d’Echallens.

Cet ancien directeur de la Fédération suisse des producteurs de céréales sait combien le sort de l’agriculture est lié aux décisions politiques. «Actuellement, tout se joue sur «l’écologisation».

La gauche y est plus favorable, mais favorise la proximité. La droite et le centre soutiennent une agriculture de production, mais aussi une libéralisation qui ne nous est pas toujours favorable. Pour nous, il y a donc du bon à prendre dans chaque parti.»

Le reportage de la Télé

(24 heures)

Créé: 07.02.2012, 22h26

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1 Commentaire

Catillon des sources

08.02.2012, 11:26 Heures
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Parlez aussi des agriculteurs diversifiés dans d'autres domaines que l'agro-tourisme, et qui se voyent emm***és par certains services étatiques, pour rester polie... Répondre




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