Jeunes en fin de scolarité 5/5
Melissa, Lule, Julien et Diana ont tous décroché leur certif. Cap sur l’avenir
Par Pascale Burnier. Mis à jour le 12.07.2012
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Les épaules se décrispent. Le souffle se libère. Depuis deux semaines, le temps s’était mis sur pause. Jusqu’à cet instant, où la sentence est tombée. Et, avec elle, les chaînes qui relient Lule, Julien, Melissa et Diana à la scolarité obligatoire.
Démarche chaloupée, Julien s’avance. «C’est bon, je l’ai eu, mon certif, lance-t-il l’œil rieur. Sur le coup, j’étais content. Mais maintenant, je m’en fous. J’ai pas trop révisé. Mais je savais que j’allais l’avoir.»
Une assurance que n’a pas eue Melissa. Malgré ses bons résultats au cours de l’année, elle a potassé ses examens sans relâche. Avec 14,5 points, elle a accès au gymnase en voie diplôme. Il en sera autrement. Depuis ses déboires à l’Ecole romande d’arts et de communication (ERACOM), l’adolescente a reçu une heureuse nouvelle. «J’ai été prise en préapprentissage au CEPV (ndlr: Centre d’enseignement professionnel de Vevey), révèle-t-elle, soulagée. Je vais faire une année d’initiation à l’art.» Melissa respire profondément. Et explique vouloir savourer le moment présent. L’été, les vacances, les grasses matinées. Avant que son anxiété ressurgisse. «C’est la fin de l’école. Je ne vais plus revenir ici. C’est bizarre, c’est une page qui se tourne et c’est quand même angoissant.»
Mieux que rien
Pas de quoi effrayer Julien, si serein pour son avenir. Il voulait devenir postier et se réjouissait d’être affranchi de l’école. Il retrouvera finalement une salle de classe dès la rentrée prochaine à l’OPTI (Organisme pour le perfectionnement scolaire, la transition et l’insertion professionnelle). «Je préfère ça que ne rien faire à la maison. Bien sûr, un apprentissage ça aurait été mieux, mais l’OPTI, c’est cool», confie-t-il.
Lule n’est pas du genre à afficher une mine stressée. Mais les tourments sont présents. Un peu enfouis. Oui, elle a réussi son certif. Non, elle n’a pas trouvé de place d’apprentissage. «C’est dur d’arriver en fin d’année sans rien. En même temps, je sais que je suis jeune et que j’ai jamais loupé une année. Et pis, dans ma classe, faut voir que seulement deux personnes sur seize ont trouvé un apprentissage! Enfin, moi, voilà, d’un côté, j’ai hâte de quitter l’école, et de l’autre, j’aimerais mieux y rester.» Comme Julien et Melissa, Lule bénéficiera d’une mesure de transition. A la rentrée, elle suivra un semestre de motivation (SeMo) dans un atelier professionnel.
L’entretien de la dernière chance. Parmi les derniers curriculum vitae envoyés, Diana obtenait récemment un stage d’employée de commerce chez Electro-Matériel, à Renens. «Sur 300?personnes, ils m’ont choisie, exulte l’adolescente. C’est de la chance, c’est sûr que je n’étais pas la meilleure. En tout cas, je me suis tout de suite sentie bien là-bas.»
Des projets plein la tête
Un premier emploi, une nouvelle école. Pour les quatre ados diplômés, une nouvelle vie commence. Tous ont trouvé une solution, mais seule Diana a décroché un apprentissage. A son bonheur se greffe tout de même la peur de l’inconnu. «Le job, ce sera plus dur que l’école, analyse-t-elle. Déjà, on a peu de vacances, et puis les règles sont strictes.»
Lule ne s’imaginait pas sans emploi à la fin de sa scolarité. Mais elle reste positive. «Pendant le SeMo, je trouverai un apprentissage. Bien sûr, je suis un peu inquiète, mais je vais aussi élargir mes recherches pour mettre le plus de chances de mon côté.» Lors de notre dernière rencontre, Lule attendait toujours une réponse de Swisscom, où elle avait postulé comme agente relation client.
Avec son préapprentissage, Melissa espère décider si le domaine artistique est sa voie. «Si c’est le cas, j’essaierai à nouveau d’entrer à l’ERACOM. Sinon, j’irai au gymnase l’année prochaine.» Motivé, Julien a l’intention de réaliser le plus de stages possible l’an prochain. Il est toujours décidé à se représenter à La?Poste. (24 heures)
Créé: 13.07.2012, 07h14
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