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Elections cantonales: reportage dans les régions (4/10)

Nyon mesure les effets collatéraux de sa croissance

Par Madeleine Schürch. Mis à jour le 01.02.2012 8 Commentaires

Si c’est une chance pour la région, le boom économique pèse aussi sur les loyers et la mobilité des habitants. Même des expatriés

1/3 Business Park de Terre-Bonne: Nicole Barraud-Estoppey fait tout pour que les expatriés s'intègrent au mieux dans la région.
Philippe Maeder

   

Il fait encore nuit, en ce petit matin, lorsque trois ouvriers chargent du matériel dans une camionnette de l’entreprise Christener Cheminées. Dans le bureau qui jouxte l’atelier, leur patron a le front soucieux. Le bâtiment qu’il occupe à Nyon depuis quinze ans dans la zone industrielle de la Vuarpillière, avec ses dix employés, a été racheté par une société voisine qui souhaite s’agrandir. Résultat: le fumiste devrait quitter les lieux d’ici à l’été.

«L’an dernier, j’ai écrit à vingt communes du district de Nyon pour voir si elles avaient un terrain disponible, mais celles qui m’ont répondu ont dit non», soupire Paul Christener. Dans la région, les zones artisanales sont quasi pleines et le prix des terrains ne cesse de grimper. «Si je dois sortir 10?000?francs par mois pour 500?m2, c’est impossible!»

Des emplois qui pèsent
Juste à côté de son entreprise pourtant, il y a un grand pré qui appartient à la commune de Nyon. «Avec mes voisins, une carrosserie et un fabricant de pièces métalliques qui sont trop à l’étroit, nous avons écrit trois fois aux autorités pour obtenir cette surface et élaborer un projet commun. Mais la ville a répondu qu’elle avait d’autres projets pour ce terrain», regrette l’artisan-patron.

Il ne peut s’empêcher de penser que si c’était l’un de ses illustres voisins, comme la firme horlogère Hublot, qui avait fait cette demande, l’affaire aurait été conclue en deux semaines. «Contrairement au pont d’or qu’on offre à certaines multinationales ou aux efforts consentis pour sauver le siège pranginois de Novartis, j’ai l’impression que nous, les petits, on nous considère comme quantité négligeable.»

Hublot, pourtant, devra aussi attendre pour réaliser l’extension de sa manufacture. «La ville compte 35 hectares de zone artisanale et industrielle, il en reste 3 de disponibles et 8 à 10 en zone non encore légalisées», précise le syndic Daniel Rossellat. Si le maintien d’un tissu économique diversifié lui tient à cœur, dans ce district où le secteur secondaire n’occupe plus qu’une personne sur six, il faudra se doter d’outils pour répondre au mieux à la demande.

Cher, même pour les expatriés
Derrière les façades glacées du Business Park de Terre Bonne, qui a poussé comme un champignon à Eysins, les employés ne portent pas la salopette. Il n’y a ici que des cols blancs. Si les enseignes de Kraft, Regus, Shire et bientôt de la banque britannique Lloyds, sont discrètes, elles emploient déjà des centaines de personnes. A la cafétéria, comme dans les couloirs, on parle d’abord l’anglais, vecteur commun de toutes ces entreprises étrangères qui ont choisi d’installer un siège à Rolle, Nyon ou Gland pour leur position stratégique, leur proximité de l’aéroport et leur qualité de vie.

La compagnie biopharmaceutique américaine Shire y a débarqué en 2010 avec 40 salariés mutés des Etats-Unis et d’Europe, pour coacher autant d’employés suisses. «Aujourd’hui, nous sommes 216, dont 69 expatriés. Cet été, certains de ces derniers arriveront au terme de leur contrat et retourneront aux Etats-Unis. Nous engagerons encore une cinquantaine de personnes d’ici à la fin de l’année», explique Nicole Barraud-Estoppey. Cette bonne Vaudoise se sent comme un poisson dans l’eau dans cette société multinationale qui a confié à «une indigène» ses relations publiques.

C’est que pour les collectivités locales, il y a fort à faire pour rattraper le retard des équipements, routes ou transports publics. «Mais, au vu de la situation immobilière, nombre de nos employés préfèrent faire le trajet depuis Montreux ou la France voisine plutôt que de chercher un appartement dans la région. J’entends même des expatriés, qui ont bénéficié d’une aide de Shire et d’une société de relocation pour trouver un logement, s’interroger sur les prix pratiqués dans la région», remarque Nicole Barraud-Estoppey.

Jeunes et familles s’en vont
Il suffit de contempler les vitrines des agences immobilières pour saisir l’ampleur du problème. Sur les photos, de modestes villas atteignent facilement 1 à 2 millions de francs, alors que les résidences plus cossues n’osent même plus afficher leur prix. Partout dans la région, il y a des chantiers. Mais on construit surtout des PPE et la pénurie de logements entraîne une hausse indécente des loyers, qui empêchent jeunes et même familles de la classe moyenne de se loger.

«J’en suis très triste, mais j’ai finalement dû me résoudre à quitter Nyon», lâche Yves Froidevaux. L’arrivée d’un deuxième enfant a poussé ce père de famille à chercher un appartement un peu plus grand. «On a cherché longtemps en ville, mais notre dossier n’était pas retenu. Quant à acheter, avec des appartements de 4 pièces à un million de francs, c’est de la folie!» s’exclame le Nyonnais. Il a finalement trouvé son bonheur à Gland, où il a acheté un appartement correspondant à ses moyens dans le futur écoquartier. Mais c’est le cœur serré que ce ténor du Parti socialiste quittera, comme d’autres l’ont fait avant lui, son mandat de conseiller communal.

Le reportage de la Télé:

(24 heures)

Créé: 01.02.2012, 23h37

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8 Commentaires

Axel Holz

02.02.2012, 09:37 Heures
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Cette situation a été crée par nos élites politiques. Elles ont mis le char avant les boeufs. Nous devons corriger les erreurs par les urnes, càd stopper / limiter l'immigration, introduire une loi garantissant une disponibilité de logements de 2.5 % min sans bétonner nos paysages, comme aussi un max de 40 % d'étrangers dans toutes les entreprises. Nos élus ont agi au détriment du peuple, évident Répondre


Pierre Hochstrasser

02.02.2012, 11:33 Heures
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"Cité du Bon Accueil" il y a 2 ans, n'acceptant plus son "développement", le coût de la vie et cette hystérique "course vers un progrès que l'on n'arrête pas".
Quand aux PME, elles n'existent aux yeux du politique qu'en période électorale !..
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