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Bilan

Pascal Broulis, comme un chat qui retombe toujours sur ses pattes

Par Mehdi-Stéphane Prin. Mis à jour le 16.02.2012 8 Commentaires

Le président du gouvernement s’est révélé redoutable pour défendre les intérêts vaudois. Mais une image de radin colle au grand argentier

1/4 2008: les fonctionnaires manifestent contre la nouvelle grille salariale et le président du gouvernement.
Philippe Maeder

   

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Pascal Broulis est passé maître dans l’art de brouiller les pistes. Le grand argentier intraitable cache un ministre des Affaires étrangères passionné. L’homme qui dit toujours non au moindre investissement dissimule un magistrat pugnace pour débloquer les dossiers les plus inextricables.

Le premier président de l’histoire vaudoise embrouille souvent ses auditeurs, donne l’impression de partir dans tous les sens, mais, au final, tel un bricoleur de génie, il réussit souvent son coup. Mieux vaut ne pas chercher à comprendre la méthode du radical, seul compte le résultat.

Un chat retombe toujours sur ses pattes. Pascal Broulis aussi. Certains pronostiquaient une fin politique proche au printemps 2008 lorsque des milliers de fonctionnaires défilaient sous ses fenêtres contre la nouvelle grille salariale du canton. Une année plus tard, le radical se lançait dans la course au Conseil fédéral avec le soutien unanime de la classe politique vaudoise. Un échec qui lui a permis de ravir la présidence de la Conférence des gouvernements cantonaux.

L’accord Vaud-Genève Déjà jeune député, avant son accession au gouvernement en 2002, le citoyen de Sainte-Croix se passionnait pour les relations entre cantons. Sa seconde législature au Conseil d’Etat, depuis 2007, lui a permis d’assouvir officiellement ce feu sacré pour les affaires extérieures. Sur un bateau pour inviter les élus de France voisine à construire une région ou dans le Jura pour sauver les TGV par Vallorbe, Pascal Broulis mouille sa chemise pour défendre les intérêts du canton. Sa plus grande réussite est certainement l’accord entre Vaud et Genève sur le développement des infrastructures ferroviaires et routières.

Une force devenue faiblesse
Si l’artiste a ressuscité en beauté la troisième voie CFF et dans le même élan lancé la Métropole lémanique, c’est tout de même après une longue polémique. Pendant des mois, la classe politique vaudoise a rouspété contre ce ministre des Finances incapable de mettre de l’argent sur la table. Cette réputation de «super radin» lui colle à la peau depuis quelques années. «Avoir réussi à assainir les finances du canton était sa force en 2007, analyse Cesla Amarelle, présidente des socialistes vaudois. Aujourd’hui, avec une dette bientôt à zéro, c’est devenu sa principale faiblesse.»

Dans son propre parti, l’incapacité du grand argentier à lancer de grands investissements est fustigée. A l’approche des élections, les radicaux ont cependant mis une sourdine à leurs critiques. Pas question de prendre le risque de provoquer une des célèbres colères de Pascal Broulis. Seul l’ancien secrétaire politique de la formation, Gilles Meystre, ose ce conseil. «Pour sa troisième législature, Pascal Broulis devrait s’intéresser aux difficultés des agglomérations et leur trouver des solutions.» Par exemple en cessant de négocier chaque centime des projets de lignes de bus, trams et du M3?

Coup de foudre muséal
Parfois, l’ancien banquier peut se montrer tout de suite généreux. Après l’échec du projet du Musée cantonal des beaux-arts de Bellerive, le président du gouvernement s’est enthousiasmé pour le site de l’ancien dépôt des locomotives CFF de Lausanne. Pascal Broulis est très fier de ce coup. A l’en croire, l’opération a déclenché l’agrandissement tant attendu de la plus grande gare romande.

Face à une telle fanfaronnade, le ministre des Affaires extérieures, un certain Broulis Pascal, devrait se vexer. Le milliard promis par la Confédération pour éviter au nœud ferroviaire lausannois l’asphyxie doit surtout à la renaissance d’un lobby vaudois efficace à Berne. Une réussite que le président du gouvernement oublie trop souvent de mettre avant.

A force de mélanger les rôles, le citoyen de Sainte-Croix ne risque-t-il pas de provoquer un phénomène d’usure chez les électeurs? C’est la crainte de certains de ses proches, même s’il devait être brillamment réélu. Pas facile d’être un président de gouvernement sur tous les terrains, même s’il glisse surtout sur celui qu’il connaît le mieux: la fiscalité. Un comble pour l’auteur du récent livre: L’impôt heureux.

Exonérations fiscales
Sa prestation de mauvais comédien, au début de législature, sur la chaîne M6 pour défendre les forfaits fiscaux des riches étrangers reste dans les mémoires des élus vaudois. Juste avant les élections du 11 mars, le voilà embarqué dans une polémique sur les exonérations fiscales pour attirer dans les entreprises étrangères. Le chat retombera sur ses pattes. Mais l’image du canton, si chère à Pascal Broulis, en sortira-t-elle indemne? Pas facile de jouer le ministre des Affaires étrangères quand il faut faire oublier le chef du Département des finances. (24 heures)

Créé: 16.02.2012, 22h37

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8 Commentaires

Pascal Budry

17.02.2012, 10:08 Heures
Signaler un abus 5 Recommandation 0

Journalistes, je dirais plutôt que le chat Broulis s'est cassé, au minimum, une patte et non qu'il retombe sur celles-ci, avec le scandale et les magouilles financières faites avec le minier brésilien VALE SA, dont il ne veut s'expliquer. De qui se moque-t-on ? Malheureusement, il sait que le 11 mars il sera vraisemblablement élu par manque de candidats valables. Le problème est là. Lamentable !! Répondre


Vinent Blanc

17.02.2012, 08:48 Heures
Signaler un abus 4 Recommandation 0

Son but est de faire fuir la classe moyenne vaudoise hors du canton et la remplacer par des Anglais millionnaires qui refusent de s'intégrer: comme ça ses comptes seront bien noirs et bien jolis. Il l'a dit lui-même à 24H: «Xénophilie est un mot que j'aime beaucoup…». Il se moque totalement des problèmes de logement, de sécurité et de mobilité de ses électeurs. Et il va être réélu... Répondre



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