Un pôle d'excellence pour la réhabilitation cérébrale

SantéLe CHUV et l'Institution de Lavigny unissent leurs forces pour mieux traiter les victimes d'AVC ou de traumatismes cranio-cérébral.

Séance de rééducation au CHUV (image d'archive).

Séance de rééducation au CHUV (image d'archive). Image: ODILE MEYLAN

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Les handicaps découlant des suites de maladies et d’accidents cérébraux coûtent 2,5 à 3 milliards de francs par an dans le canton de Vaud. A l’échelle du pays, c’est 5 à 6% du PIB national. A l’aune de ces seuls chiffres, on saisit l’enjeu de santé publique qui consiste à améliorer les prises en charge visant à rendre de l’autonomie à des patients brutalement affectés dans leur mobilité, leur capacité de parler ou d’accomplir des gestes quotidiens. Ce sont typiquement les victimes d’un accident vasculaire cérébral (AVC) ou d’un traumatisme cranio-cérébral.

Sous l’égide du Département de la santé publique et de l’action sociale (DSAS), trois institutions unissent leurs forces pour créer un pôle d’excellence dans cette discipline que les spécialistes appellent la neuroréhabilitation. Le CHUV, la Faculté de biologie et de médecine de l’Université de Lausanne et l’Institution de Lavigny ont signé une convention. L’accord prévoit de croiser leurs compétences, de mieux se répartir les missions de soins et de s’organiser pour que cliniciens et chercheurs travaillent de manière optimale à l’innovation qui facilitera le quotidien des patients handicapés.

La convention rendue publique lundi entérine la fusion des équipes médicales et soignantes du CHUV et de Lavigny. Le nouveau service appelé à naître – le SUN, pour Service universitaire de neuroréhabilitation – sera placé sous une direction médicale unique. Le CHUV conserve sa mission prioritaire dans les soins aigus délivrés aux patients atteints de troubles cérébraux. De son côté, Lavigny, à la longue expérience dans la réhabilitation, voit sa mission renforcée. Le CHUV abandonne 10 lits de neuroréhabilitation à Lavigny qui en comptera au total 25 de plus qu’aujourd’hui après l’agrandissement d’un bâtiment sur son site, horizon 2020.

Un centre de recherche
Nouveauté de taille, la convention prévoit la création d’un laboratoire de recherche à Lavigny. La recherche de pointe dans plusieurs directions prometteuses sera menée précisément là où les patients sont en séjour de réhabilitation. Ce centre sera pluridisciplinaire. Il profitera des compétences académiques des spécialistes du CHUV et des compétences cliniques des médecins et soignants de Lavigny. Ce partenariat est par ailleurs étendu à l’EPFL. Ce lien garantit la proximité avec les sociétés industrielles dans les neurotechs, «un marché en expansion» comme l’a rappelé hier le professeur Philippe Ryvlin, chef du Département des neurosciences cliniques au CHUV. Transfuge de la médecine universitaire de Lyon, le Français loue les atouts de la région lémanique: «L’excellence académique, la richesse du tissu industriel, l’esprit coopératif des institutions et la volonté publique sont réunis pour donner un élan à la neuroréhabilitation du XXIe siècle. Hier parent pauvre des neurosciences, cette discipline en devient le fer de lance.»

Une grande ambition
«Nous visons le sommet de la neuroréhabilitation», souligne pour sa part Stéphanie Clarke, cheffe du Service de neuropsychologie et de neuroréhabilitation au CHUV. Comment y parvenir? La professeure trace quatre pistes: la meilleure connaissance de la plasticité cérébrale; la robotique et les neuroprothèses; l’interface entre le cerveau et la machine; la thérapie cellulaire. «Nous créons des conditions optimales pour que les spécialistes de chacune de ces disciplines pointues collaborent étroitement. La clef du succès, ce sera cet esprit interdisciplinaire ainsi que le travail des chercheurs et des cliniciens.»

Toute la société concernée
Le chef du DSAS, Pierre-Yves Maillard, souligne que la convention est le résultat de discussions «longues et difficiles». Chaque institution, avec son histoire, ses valeurs, ses atouts et ses contraintes, a sauté par-dessus son ombre pour reconnaître qu’elle peut apprendre de l’autre à travers une coopération. Au total, ce sont quelque 40 millions qui seront investis pour agrandir Lavigny, créer le centre de recherche et le SUN. Le conseiller d’Etat défend cet effort: «Destiné à une population fragile, c’est un bon investissement qui profitera à toute la société. N’importe qui peut être victime un jour, d’une manière imprévisible, d’un accident cérébral.» (24 heures)

Créé: 23.01.2017, 22h48

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