Une arrestation à Lausanne avant Aubonne

DjihadismeUn homme a été interpellé vendredi au bas de la capitale vaudoise et un couple samedi sur le parking de l'outlet.

La police a arrêté un homme, vendredi, dans le bas de Lausanne puis un couple, samedi, sur le parking de l'Outlet d'Aubonne.

La police a arrêté un homme, vendredi, dans le bas de Lausanne puis un couple, samedi, sur le parking de l'Outlet d'Aubonne. Image: Image d'illustration/Keystone

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La lutte contre les tentatives d’action djihadiste a abouti à trois arrestations dans le canton de Vaud. Tout a commencé l’après-midi du vendredi 23 juin: un homme est interpellé au bas de la ville de Lausanne. Il avait une chambre d’hôtel et l’opération s’est déroulée non loin de l’établissement public.

Cette première opération policière a mené à la seconde, samedi vers 15 h, sur le parking de l’Outlet d’Aubonne. Selon un témoin cité par 20 minutes, des policiers encagoulés sont intervenus, pistolet à la main. Là, c’est un couple qui est arrêté. Selon le témoignage, il était accompagné d’un enfant et la voiture arborait des plaques vaudoises.

«Population pas en danger»

Pourquoi une telle intervention sur un parking très fréquenté? «Il s’agit d’une affaire judiciaire planifiée avec le groupe d’intervention du DARD. Cette intervention a été organisée avec nos spécialistes et, à aucun moment elle n’a fait courir de risque à la population», souligne Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police cantonale. Sur le choix du lieu et du moment de l’arrestation, il restera discret: «En ce qui concerne les décisions de nature tactique, notamment l’endroit et l’heure de l’opération, cela nous appartient», affirme-t-il.

L’enquête a d’abord été menée sous la direction du Ministère public du canton de Vaud, en collaboration avec le Ministère public de la Confédération (MPC), compétent en matière de lutte antiterroriste, qui a désormais le dossier en mains. «Il est reproché aux prévenus d’avoir contrevenu à la disposition de la loi fédérale interdisant les groupes Al-Qaida et Etat islamique et les organisations apparentées. Il leur est également reproché d’avoir soutenu, respectivement participé à une organisation criminelle. Les prévenus se trouvent en détention provisoire», déclare le MPC. Qui n’en dit pas davantage sur le profil et le risque présenté par le trio coffré entre vendredi et samedi.

Le procureur général de l’Etat de Vaud, Eric Cottier, fournit toutefois une précision sur le niveau de menace et de préparation des prévenus: «Nous n’étions pas proches d’une attaque contre un centre massivement occupé», rassure-t-il. Mais, précisent les enquêteurs fédéraux, «l’enquête a mis au jour des éléments indicateurs d’un risque d’un passage à l’acte imminent».

«Capacité de passage à l'acte»

Quels éléments? Le MPC se déclare au stade des vérifications et ne souhaite pas communiquer de détails. Il ne s’agit selon nos informations pas d’armes de guerre, par exemple. L’affaire se situe toutefois au-delà du stade de la simple expression d’idées ou de doctrines de type djihadiste. «C’est plus que cela», déclare Eric Cottier, qui établit une comparaison avec le domaine des brigandages: «Si on trouve une cagoule et un plan d’accès, par exemple, cela montre une capacité de passage à l’acte.» Selon une source sûre, des cocktails molotov ont tout de même été retrouvés du côté du prévenu arrêté à Lausanne.

Pour le Ministère public de la Confédération, il s’agit de l’application du principe «zéro tolérance»: «Nous devons encore mener des vérifications. Mais nous préférons procéder à des arrestations afin de garantir un haut niveau de sécurité à la population».

Ces arrestations se sont déroulées peu après l’interpellation à Meyrin (GE), le 14 juin, d’un chauffeur de taxi soupçonné d’avoir envoyé des Genevois en Syrie. Selon notre source, les deux affaires n'auraient pas de lien.

En juillet 2016, la police avait arrêté un mineur d’un village du pied du Jura vaudois, soupçonné de préparer une attaque lors du 1er Août. Le niveau de risque est-il monté d’un cran? «Non», répond Jean-Christophe Sauterel. «Le niveau de la menace reste élevé mais il n’a pas changé». (24 heures)

Créé: 27.06.2017, 18h25

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