
Que les choses soient claires. Ils n’ont rien d’une amicale de vieux ringards paranoïaques hostiles au progrès. La preuve? C’est le plus jeune de la bande, et sans doute le plus dépendant aux nouvelles technologies, qui se retrouve à la tête de cette coalition hétéroclite de députés de tous âges et tous bords politiques.
Jean Christophe Schwaab, fringant socialiste de 31 ans, a beau faire ses paiements par internet et recevoir trois e-mails et quatre SMS à la minute, il a déposé hier au Grand Conseil une motion qui demande l’interdiction du vote électronique dans le canton de Vaud. «C’est un outil dangereux pour la démocratie, car il ne garantit pas la sécurité du scrutin», prévient le député au nom des huit motionnaires. Le Vert Alexis Bally, le popiste Bernard Borel, les éco-libéraux Isabelle Chevalley, Jacques-André Haury et Régis Courdesse, le radical Frédéric Borloz et l’UDC Fabienne Despot – rejoints par le conseiller aux Etats Luc Recordon, qui portera le flambeau en mars prochain au niveau fédéral – ont dit tout le mal qu’ils pensent du e-voting lors d’une conférence de presse commune, un quart d’heure avant l’ouverture des débats.
Un simple clic: trop banal
D’abord, le vote électronique exclut tout recomptage par de simples citoyens, regrettent-ils. Il faudra faire appel à des experts en informatique là où des votants ordinaires peuvent aujourd’hui contrôler que le scrutin s’est déroulé selon les règles. Surtout, le secret du vote n’est pas assuré et le risque de fraude est important.» Autre argument évoqué: le risque de banalisation d’un acte sacré de la démocratie. Le droit de vote vaut mieux qu’un simple clic.
Bref, à l’heure où les Genevois viennent d’accepter d’inscrire le vote par internet dans leur Constitution, il semble qu’un vent mauvais se lève contre le projet du Conseil d’Etat d’offrir cette possibilité aux citoyens vaudois expatriés. Un article allant dans ce sens est prévu dans la loi sur l’exercice des droits politiques, actuellement en cours de révision. «La Confédération, qui pousse les cantons à mettre en place le vote électronique pour les Suisses de l’étranger, ne badine pas avec la sécurité du scrutin, rassure Philippe Leuba, ministre de l’Intérieur. Moi-même je suis sans concession. Si toutes les garanties sont données, je vois mal au nom de quel principe doctrinaire le canton de Vaud dirait non.»
La chancelière fédérale Corina Casanova rappelle que le vote à l’urne ou par correspondance ne sont pas non plus à l’abri de tout risque: «Il s’agit de connaître ces risques, de les pondérer et de prendre toutes les mesures juridiques, organisationnelles et techniques pour que le résultat de la votation ne soit pas affecté.»
La nouvelle de cette résistance vaudoise a douché Ariane Rustichelli, porte-parole de l’organisation des Suisses de l’étranger, qui plaide depuis des années pour l’introduction du vote électronique. «Les Suisses de l’étranger, qui représentent 10% de la population nationale, soit 700 000 personnes, ont tout sauf la tâche facile. Pour exercer leurs droits populaires, ils doivent s’inscrire auprès de l’ambassade dans des registres électoraux. Les 125 000 qui ont fait cet effort sont souvent empêchés de voter en raison des retards des postes étrangères.»
Après un petit moment d'absence, voici un petit commentaire sur l'actualité. "Roh non!!!" diront...
Et c’est parti. Ce soir vers 19h00 les autorités de la ville de Genève ont donné le coup d’envoi...
Le vote électronique, c'est extrêmement dangereux. Pratiquement aucune des conditions indispensables à un vote personnel indépendant ne sont garanties.
(libre, secret, personnel etc)
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- Pas de certitude que celui qui a voté est celui qui a le droit de voter.
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- Pas de secret de vote, lors du vote.
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- Pas de secret de vote, pendant la transmission du vote.
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- Rien qui garantisse que celui qui vote ne soit pas en train d'être contraint.
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- Multiples étapes intermédiaires et multiples conversions entre l'entrée du choix et son arrivée dans le lieu de stockage des votes:
Le votant pèse sur un morceau de plastique;
ce morceau de pastique fait se heurter deux morceaux de conducteur;
un mécanisme électronique instable transforme ce court-circuit en un certain nombre de trains d'impulsions électriques;
ces trains d'impulsions partent, à l'aveuglette et en suivant un trajet inconnu, jusqu'à un autre système instable;
ce système instable brasse les impulsions électriques et affiche des pixels.
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La question qu'il faut se poser est celle des conséquences de la moindre faille du système, de la présence d'un informaticien malveillant ou de piratages.
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S'il y a contestation (et pratiquement toutes les votations qui ont déjà eu lieu avec le vote électronique à distance peuvent intrinsèquement être contestées), qu'est-ce qu'on fait ?
On réorganise tous les scrutins ?
On revote sur la constitution fédérale ?
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Quand on sait la facilité avec laquelle tous les ordinateurs sont piratés et tombent en panne, on ne peut que s'opposer au vote électronique à distance.
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On vient d'avoir un excellent exemple de ce qui se passe, lorsqu'un informaticien décide de pirater "l'ordinateur central".
On découvre les exactions, des années après, et encore.
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BRAVO aux députés qui défendent la Démocratie contre la cécité technophile.
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