
Il fallait plonger dans les entrailles d’un vieil immeuble du bas de la rue de Bourg, à Lausanne, pour arriver dans la salle des Faux-Nez. Un ancien carnotzet transformé en théâtre, sous une voûte en pierres. Moins d’une centaine de personnes, officiellement, pouvaient y prendre place. Il y avait là un charme, une atmosphère et un esprit qui, entre 1953 et 1994, ont marqué des générations d’artistes et de spectateurs.
En ce temps-là, les théâtres et les clubs étaient moins nombreux en ville, les téléphones portables et Facebook encore inconnus. L’espace convivial et festif des Faux-Nez était incontournable. On venait y voir une pièce ou un tour de chant. On y venait aussi, en fin de soirée, juste pour boire un verre et rencontrer du monde.
La fermeture des Faux-Nez met toujours son ancien patron, Jacques Bert, en émoi. Quand il en parle, c’est quasi toute sa vie qui défile. De son vrai nom Gilbert Culland, il vient de publier un livre, coécrit avec Jean Dufour (ancien agent d’artistes), qui raconte cette épopée humaine et artistique. Elle se divise en trois périodes. La première met en valeur des théâtreux, emmenés par Charles Apothéloz. Il avait créé en 1948 la Compagnie des Faux-Nez, reprenant ainsi le titre d’un scénario de Jean-Paul Sartre. En 1953, la troupe s’installe dans l’ancien carnotzet. La salle prend le nom de la compagnie. De multiples créations, souvent expérimentales, y voient le jour. Georges Brassens, Félix Leclerc ou encore Béatrice Moulin y chantent aussi.
Des émissions en direct
Vingt ans plus tard, le même Apothéloz, patron du Centre dramatique de Lausanne, installé au Théâtre de Vidy, demande à Jacques Bert, ancien comédien devenu chef technique, de reprendre Les Faux-Nez. Il en fait une boîte à chansons, avec l’aide de la Radio romande, et plus particulièrement de l’animateur Jean-Charles et de sa compagne, Renate. Une émission est diffusée en direct toute la semaine après le spectacle. Tout le gratin des chanteurs de la rive gauche parisienne défile sur scène, de même pour les chanteurs romands.
L’aventure prend fin quand Matthias Langhoff arrive comme big boss au Théâtre de Vidy, en 1989. Il veut récupérer le budget des Faux-Nez. L’association Le Moulin à Danses reprend la salle, en fait un repaire d’humoristes. Succès mitigé. En 1994, après de multiples péripéties, Les Faux-Nez ferment leurs portes. «Avec le recul, il faut accepter que tout est éphémère», glisse Jacques Bert. D’autres lieux ont depuis prolongé tout ou partie de l’esprit et de la vocation des Faux-Nez, comme L’Esprit Frappeur, à Lutry, et Le Bourg, à Lausanne, en haut de la rue de Bourg…
LE LIVRE
Deux auteurs pour une histoire
Deux auteurs se sont partagé le récit très documenté de l’histoire des Faux-Nez, ancien carnotzet devenu salle de spectacles et de concerts, au cœur de Lausanne. C’est le Français Jean Dufour (76 ans) qui raconte les années 1953-1973, à savoir l’ère des débuts, celle des tréteaux. Il a été manager, secrétaire et/ou agent de nombreux artistes, comme Félix Leclerc, Bernard Haller, Yves Duteil et Raymond Devos, dont il a écrit la biographie, Funambule des mots (Archipel, 2005). De 1973 à 1990, Les Faux-Nez font la part belle aux chanteurs (et à quelques spectacles d’humour). C’est le patron des lieux durant cette période, le Vaudois Jacques Bert (72 ans), qui évoque ces années d’effervescence, puis les ultimes saisons sous l’égide de l’association Le Moulin à Danses (1990-1994). Comédien, régisseur, Jacques Bert fut codirecteur du Théâtre de Vidy et directeur du Festival de la Cité.
Les Faux-Nez, des tréteaux à la boîte à chansons, Editions Cabédita, 150 pages.
En vacances deux semaines, nous vous proposons de (re)découvrir une partie des rencontres mises en ligne durant ce premier trimestre 2010:
Les petites communes abandonnées par la Nation?
La justice est-elle trop clémente avec les mineurs?
«Ces enfants blessés seraient condamnés si l'on ne faisait rien!»
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FC Ependes - FC Concordia Lausanne 0 - 5 (0 - 2) Notes : Terrain d'Ependes Franki
C'est le médecin et psychanalyste anglais Michael Balint qui a commis voici quelques décennies...
Etes-vous favorable au renvoi systématique des criminels étrangers?
Dans une initiative, l'UDC préconise le renvoi des auteurs étrangers de délits y compris ceux relevant de la perception abusive de prestations sociales. Cette mesure vous semble-t-elle opportune?
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