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Bilan

Ancienne gaffeuse, Jacqueline de Quattro bûche son centrisme

Par Mehdi-Stéphane Prin. Mis à jour le 06.02.2012 8 Commentaires

La radicale a patiné au début, mais elle a rattrapé son retard en parvenant à pacifier la police.

1/4 Jacqueline de Quattro, la révélation de la campagne des élections cantonales de 2007.
Photo Florian Cella

   

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Apprendre de ses erreurs! Jacqueline de Quattro illustre à la perfection cette maxime. Après une première année ponctuée de nombreuses gaffes, la radicale s’est mise au travail. Elle a revêtu son tailleur de conseillère d’Etat. Oubliées les seules mises en scène sur les tatamis pour briller sur les photos. Désormais, elle potasse ses dossiers.

Une tâche souvent ingrate. Cela ne lui permet pas encore d’afficher un bilan aux réussites concrètes: les éoliennes ne se construisent pas en une nuit; la police vaudoise ne se réforme pas en cinq ans. Ces dossiers, la magistrate de 51?ans aura l’occasion de les concrétiser l’année prochaine. Nul ne remet en doute sa réélection.

Elle a surpris
La citoyenne de La Tour-de-Peilz a réussi à séduire la gauche. La présidente des socialistes, Cesla Amarelle, en dresse un portrait flatteur. «Jacqueline de Quattro a réussi à pacifier la police. Elle s’est révélée centriste, capable de chercher des compromis.» Une image inverse de celle qui a marqué la campagne de l’avocate en 2007. A l’époque, elle passait pour une dure, envoyée par le parti suisse pour reprendre en main des radicaux vaudois jugés trop au centre.

Jacqueline de Quattro a surpris. Elle a mis de côté les slogans faciles, fait oublier les accusations d’avoir été parachutée. Ses pires détracteurs continuent pourtant à œuvrer au sein de sa propre formation. Toujours anonymes, ils l’accusent de ne pas être courageuse, de ne pas prendre part aux campagnes difficiles. Sa disparition avant la votation, au printemps dernier, sur la construction de nouvelles centrales nucléaires illustre à merveille ce propos. Après l’accident de Fukushima, était-ce de la désertion ou du réalisme?

«Radicale historique»
Ses défenseurs louent, de leur côté, son pragmatisme. Pour l’ancien secrétaire politique des radicaux vaudois, Gilles Meystre, il s’agit de son meilleur atout. «Elle s’est révélée une radicale historique, capable de jeter des ponts.» Bel hommage pour la «Zurichoise», un surnom dont elle peine à se débarrasser.

C’est un secret de Polichinelle, elle entretient de mauvaises relations avec le radical qui compte dans le canton: Pascal Broulis. Les deux magistrats ne s’aiment pas. La ministre de la Sécurité n’a pas le talent du socialiste Pierre-Yves Maillard pour convaincre le grand argentier d’ouvrir le porte-monnaie de l’Etat. Devant ses proches, elle ne cesse de vitupérer contre ses refus de lui augmenter les budgets de son département, notamment pour engager des gendarmes supplémentaires.

Du coup, Jacqueline de Quattro est très fière d’une victoire récente face à son tourmenteur financier. Elle a arraché à Pascal Broulis 100 millions de francs supplémentaires pour investir dans les énergies renouvelables. A en croire ses proches, elle a mené une bataille homérique pour faire céder le président du Conseil d’Etat. Une histoire vraisemblable, même si elle ne peut pas la mettre en avant lors de la campagne.

Le contact facile
Alors Jacqueline de Quattro donne de nouveau l’impression de retomber dans les travers de ses débuts chaotiques. La communication prend le pas sur les propositions concrètes. Ses grandes déclarations contre les dealers lausannois, à la fin de l’année dernière, n’étaient étayées par aucune possibilité concrète pour elle d’agir.

Du vent à peine bon à alimenter les éoliennes dont elle rêve de couvrir le canton. Au moment de convaincre les habitants de Sainte-Croix d’abriter de tels engins, elle a prétexté une réserve liée à sa fonction. Le oui des citoyens du village du Nord vaudois, hier, donne rétroactivement raison à cette prudence.

Le contact facile, Jacqueline de Quattro aime faire campagne. Elle peine toujours autant à prendre des risques. Le basculement de la majorité du gouvernement à gauche ne semble pas l’affecter, au contraire de ses collègues, Philippe Leuba et Pascal Broulis. Peut-être que la centriste se sent plus à l’aise avec ses ennemis politiques qu’avec son propre camp? Rêve-t-elle d’avoir enfin un premier rôle au gouvernement lors de la prochaine législature? (24 heures)

Créé: 06.02.2012, 09h11

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8 Commentaires

Sarah Meute

06.02.2012, 10:31 Heures
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Cela rameute en vue d'une proche élection, classique. Répondre


Fu Fu

06.02.2012, 11:58 Heures
Signaler un abus 2 Recommandation 0

Pacifier la police? Faut le dire vite. Il y a quelques jours encore les syndicats de la police cantonales parlaient de grève des amendes dans les colonnes du 24h (01.02.2012)... Répondre



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