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Us et coutumes

Commune fusionnée cherche sobriquet pour ses habitants

Par Hélène Isoz. Mis à jour le 20.08.2012 6 Commentaires

Née de la fusion entre Villars-Burquin, Vaugondry, Fontanezier et Romairon, Tévenon est en pleine quête identitaire. Insolite

1/3 Les ronchons
A Lully-sur-Morges, Huguette Weishaupt et Claudine Déglon, prennent des mines boudeuses.
Image: Odile Meylan

   

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Inspiration

Zoologique Chexbres: les Chats. Bussy-Chardonney: les Modzons, les Génissons. Bercher: les Chiens.

Historique L’Auberson: les Culs-Gelés, en référence à ce pays de grands froids. Denezy: les Lugeons (petites luges). Une allusion à la forte déclivité du village qui obligeait les habitants à freiner leurs chars à l’aide d’un sabot de métal.

Moqueur Villars-le-Terroir: Lè Molliet en patois, soit les amateurs de bonne chair et les ivrognes. Avenches: les Cacas-Carrés, pour leur réputation de ne rien faire comme tout le monde.

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Les habitants de Giez s’appellent les Couennes et ceux de Bretonnières, les Caque-Lentilles. Et les habitants de Tévenon? Rien, que pouic. Pour combler ce manque, la nouvelle commune née de la fusion entre Villars-Burquin, Vaugondry, Fontanezier et Romairon cherche un nom et/ou un sobriquet pour ses habitants.

Un appel aux idées a été lancé cet été. «Nous cherchons à créer une identité commune et à perpétuer la tradition», résume la syndique, Ginette Duvoisin. Une commission désignera la meilleure proposition. La démarche est insolite.

Pour Laurent Curchod, «Monsieur Fusion» du canton de Vaud, ce serait même une première. D’ailleurs, les résidents d’une commune peuvent parfaitement vivre en toute légalité sans sobriquet et même sans nom du tout. C’est le cas de Vaux-sur-Morges, seule commune vaudoise dont les habitants ne peuvent être désignés ni par un nom ni par un sobriquet, à notre connaissance.

La plupart des localités ont cependant à cœur de compléter au mieux leur carte d’identité. Le plus souvent sans trop creuser. Certaines rajoutent simplement un «-nois» à la fin du nom de la commune. A l’instar des Yverdonnois, et des Lausannois.

Pour souligner un défaut
La tâche se corse lorsqu’il s’agit de trouver un sobriquet. Ce surnom est traditionnellement donné par des voisins pour souligner une particularité, souvent un défaut, rappelle Pierre-Yves Favez, archiviste cantonal. «Une appellation usuelle qui s’est établie avec le temps et qui remonte souvent au Moyen Age.»

D’où les nombreux surnoms en patois et leur rappel sur les armoiries des communes. C’est ainsi que les habitants de Chavornay se nomment les Corbeaux, en référence aux oiseaux qui survolaient les étangs à l’époque de la tuilerie de Chavornay, explique Charles Roux, auteur d’un ouvrage sur les noms et sobriquet des Vaudois.

Certaines communes possèdent même plusieurs surnoms. C’est le cas de Bettens. Parmi les sobriquets connus, deux jolis noms d’oiseaux: les Dépensiers et les Vauriens. A l’inverse, un sobriquet peut désigner plusieurs localités. C’est le cas des villages qui se trouvent dans une même situation géographique. Ainsi, le nom des Fouette-Grenouilles – relatif à ceux qui tapaient l’eau des étangs pour faire taire les bruyants amphibiens durant la nuit – désigne les citoyens d’Essert-Pittet et ceux de Chevilly.

Si ces anecdotes permettent d’en savoir davantage sur l’histoire d’une région, le sobriquet est rarement jugé comme une connaissance indispensable par les autorités locales. Certaines ignorent même leur petit nom, rigole Charles Roux. Qui leur trouve cependant une excuse: ce savoir s’est souvent transmis oralement. «On ne connaît plus l’origine de tous les sobriquets.»

Renforcer la cohésion
Pour l’archiviste Pierre-Yves Favez, il est donc plutôt «inhabituel» qu’une commune cherche à se baptiser elle-même. Surpris au départ, Laurent Curchod voit d’un bon œil la démarche de Tévenon: «Un sobriquet pourrait renforcer l’aspect identitaire d’une commune.» Ou être l’occasion de nouvelles prises de tête.

A Bourg-en-Lavaux, où le nom de la commune est né «au forceps» – il fallait notamment éviter de favoriser une appellation vinicole –, rappelle son syndic, Max Graf, on ne souhaite pas lancer un nouveau débat pour l’instant.

Pour parfaire son identité, la juvénile commune d’Oron a joué la carte du ni vu ni connu. Depuis cette année, ses habitants se nomment les Oronais et se surnomment les Coqs. Soit le nom et le sobriquet de la grande Oron-la-Ville. Cette «identité» a été validée en Municipalité, relève le vice-syndic Olivier Sonnay. Et de préciser: «Mais c’est une décision qui n’est pas irrévocable.» Lui et ses collègues sont disposés à réétudier la question s’il devait y avoir une réaction populaire.

En fonction du vécu
Charles Roux sourit. Pour ce féru d’histoire, c’est bien la vie d’un village qui crée le sobriquet. Il ne serait donc pas surpris que des sobriquets apparaissent encore par-ci par-là, inspirés par exemple de l’immigration d’aujourd’hui.

Si certains villageois se surnomment déjà les Youyous, en référence à leur origine Yougoslave, ce terme pourrait désigner une localité tout entière par la suite, selon lui. Avec Bonvillars, qui souhaite se profiler en région truffière, on peut imaginer que ces Couennes-de-Lard s’appellent un jour les Truffiers. Mais ça, c’est une autre histoire. (24 heures)

Créé: 20.08.2012, 07h10

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6 Commentaires

Origène Monnet

20.08.2012, 08:53 Heures
Signaler un abus 12 Recommandation 0

Je ne comprends pas. Un sobriquet, ça ne se cherche pas, on le reçoit. D'ailleurs l'article le dit justement à un moment : « Ce surnom est traditionnellement donné par des voisins pour souligner une particularité ».Patientez, vivez et naturellement ça arrivera. Répondre


François Burre

20.08.2012, 09:55 Heures
Signaler un abus 2 Recommandation 0

Si c'est ça l'inquiétude majeure des habitants de cette commune, ça a l'air d'aller :-) Répondre



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