Condamnés pour émeute pour avoir voulu se venger

JusticeLa revanche d’un clan de Vaudois contre une bande de Genevois avait dégénéré en 2014 à la gare de Lausanne.

Le clan lausannois avait retrouvé la bande genevoise devant la gare de Lausanne pour se venger.

Le clan lausannois avait retrouvé la bande genevoise devant la gare de Lausanne pour se venger. Image: ARC

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Sept jeunes hommes comparaissaient mardi devant le Tribunal de police de Lausanne. Tous accusés d’émeute, une infraction aussi peu banale que peu fréquente en nos contrées hormis lors de certaines rencontres sportives, et passible d’une peine allant de quelques jours-amendes jusqu’à trois ans de prison.

Guère optimistes quant à leurs chances d’être acquittés, les prévenus avaient renoncé à être assistés d’un avocat. Jouant profil bas, ils se sont assez mollement défendus. Ils ont été condamnés à des peines relativement lourdes bien qu’exprimées en jours-amendes.

«Je regrette que tout ce monde soit là aujourd’hui à cause de moi»

«Je regrette que tout ce monde soit là aujourd’hui à cause de moi», a lâché le plus chargé des sept, instigateur de l’affaire, sans pour autant s’excuser ou déplorer ce qui s’est passé. Il a écopé de 300 jours-amendes fermes à 30 francs le jour – ses copains s’en sont tirés avec des sanctions assorties de sursis plus ou moins longs dont ils ont peiné à saisir le sens.

Tous se souvenaient comme si c’était hier de cette nuit lausannoise du week-end du 18 au 19 avril 2014 qui leur a valu ces ennuis judiciaires. Une procureure de service, qui n’a pas estimé nécessaire sa présence au procès, s’est efforcée de retracer les événements minute par minute.

Ça commence sur la place Centrale, peu après 2 heures du matin. La police est sollicitée pour mettre fin à une bagarre opposant plusieurs personnes que les agents de sécurité d’un établissement public voisin tentent de calmer au spray au poivre. Les représentants de l’ordre parviennent à calmer le jeu, en fait un affrontement entre deux clans – apparemment pour des futilités –, l’un de l’Ouest lausannois fort de trois hommes, l’autre de Genève comportant six individus. Personne n’est blessé, aucune plainte n’est déposée. Les policiers renoncent à verbaliser, mais ils relèvent les identités. C’est ensuite que les choses vont se gâter.

Renforts appelés

Vers 3 h 25, la police est à nouveau appelée, cette fois à la place de la Gare. Un attroupement s’est formé et ça chauffe. Les Lausannois veulent se venger de l’épisode de la place Centrale. L’un d’entre eux est parti avec sa voiture à la recherche des Genevois et les a repérés, près de l’abri de bus à l’ouest de la place. Les renforts sont appelés par téléphone «pour éviter de se faire casser la gueule». Plusieurs voitures vaudoises ont ainsi convergé vers la place de la Gare. Les coups pleuvent. Un Genevois est frappé avec une ceinture et à coups de pied. Il perd conscience, est conduit au CHUV sans toutefois que sa vie soit mise en danger. Un bâton télescopique et un coup-de-poing américain sont retrouvés dans une des voitures et saisis par la police.

La procureure a donc renvoyé les bagarreurs revanchards de l’Ouest lausannois devant la justice sous l’inculpation d’émeute. Comme la juge après elle, la magistrate estime qu’ils ont enfreint l’article 260 du Code pénal, qui rend punissable «celui qui aura pris part à un attroupement formé en public et au cours duquel des violences ont été commises collectivement contre des personnes ou des propriétés». A partir de quand peut-on parler d’une émeute? La jurisprudence considère qu’il suffit de neuf personnes donnant l’impression d’un groupe animé d’un esprit menaçant pour la paix publique. Et que tous ceux qui participent sont punissables. (24 heures)

(Créé: 11.01.2017, 16h41)
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