Un créateur d’appli porte plainte contre le chancelier

Aménagement du territoireLe créateur d’une application utilisant les dossiers de mise à l’enquête attaque en justice pour diffamation le chancelier d’Etat Vincent Grandjean.

Juriste et informaticien, concepteur de PilierPublic.com

Juriste et informaticien, concepteur de PilierPublic.com Image: Philippe Maeder

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Le chancelier d’Etat Vincent Grandjean est sous le coup d’une plainte pénale pour calomnie et concurrence déloyale. En cause, des propos tenus le 16 février dernier dans l’émission InterCités du journal du matin de RTS1 La Première. «M. Grandjean a tenu publiquement des propos calomnieux à mon encontre qui me causent du tort. Je ne peux le tolérer», explique Guilhem Tardy.

A la base du différend entre les deux hommes, une application disponible sur le site www.pilierpublic.com créée par ce juriste et informaticien. Puisant ses données sur le site Internet de la Centrale des autorisations en matière d’autorisations de construire (CAMAC), elle permet via un abonnement d’être automatiquement averti de toute mise à l’enquête dans des rayons définis par les utilisateurs (notre édition du 7 octobre 2016). Des recherches par mots-clés sont également possibles.

«Parfaitement légal», selon le concepteur de l’application. Pas selon les propos du chancelier à la radio: «Ces informations sont à nous (ndlr: l’Etat), il n’y a pas d’open data sur ces données-là.»

Confusion créée

«Nous prenons acte que M.Tardy choisit comme tactique le dépôt d’une plainte dénuée de toute chance de succès et la médiatisation de son dossier plutôt que de nous contacter pour avancer dans la recherche d’une solution, même temporaire, à notre litige, regrette Vincent Grandjean. Sa publicité créait la confusion – y compris avec l’usage des armoiries – en pouvant laisser entendre que ses données provenaient de la FAO (ndlr: Feuille des avis officiels). Notre réaction était donc justifiée.»

Les documents ensuite transmis par le concepteur de PilierPublic ont toutefois changé la donne. «Nous en terminons l’examen, reprend Vincent Grandjean. Constatant qu’il puise ses informations sur site de la CAMAC et non sur les données publiées de la FAO, nous pouvons envisager de ne plus nous opposer à son activité pendant une période temporaire. Le temps que le schéma directeur du Système d’information des permis de construire, en cours d’élaboration, aboutisse à des décisions du Conseil d’Etat puis du Grand Conseil courant 2018.»

Problèmes de sécurité

Suite à un audit interne du Canton mené en 2015, il était en effet apparu que le système informatique de la CAMAC n’était pas satisfaisant en termes de performances et qu’il présentait même des problèmes de sécurité; assez pour supprimer l’offre dédiée aux entreprises. En septembre 2015, le Grand Conseil avait donc voté un crédit de 9,4 millions de francs pour financer le développement de la cyberadministration en général et du système d’information de la CAMAC en particulier.

De son côté, Guilhem Tardy est aussi confiant dans la future décision de la justice: «J’ai bien conscience que mon travail n’est valable que dans le cadre légal actuel et que celui-ci est susceptible de changer. Mais je réponds à un besoin de la population. Je ne fais qu’offrir, grâce à mon travail informatique, des services que l’Etat ne propose pas.» Pour comparer son offre et celle de l’Etat, le concepteur de l’application s’est en effet abonné depuis quelques mois au service InfoCamac. Ses comparaisons sont sans appel: avis non retransmis, erreurs de positionnement (en raison d’inversion de certains chiffres des coordonnées géographiques, des avis se retrouvent implantés à… 200 km de leur localisation réelle) et même défaillance complète du système. Du 12 février au 14 mars dernier, le service InfoCamac était tout simplement… hors service. «PilierPublic a donc été durant un mois le seul système d’alerte en fonction», s’amuse Guilhem Tardy.

Mise à disposition gratuite

Cette situation désole d’autant plus le concepteur de PilierPublic qu’il a en parallèle été contacté par un autre représentant du Canton pour discuter d’un éventuel partenariat. «On me demandait toutefois de mettre gratuitement à disposition le fruit de neuf mois de travail. J’espère maintenant que l’Etat va cesser ses attaques injustifiées à mon encontre et ne durcira pas encore les conditions générales actuellement applicables aux données. D’elles dépend mon activité, utile à la population comme à de nombreuses entreprises.» (24 heures)

Créé: 17.03.2017, 19h23

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