Procès Ségalat
Laurent Ségalat est acquitté!
Par Emmanuel Borloz, Anetka Mühlemann. Mis à jour le 01.06.2012 157 Commentaires
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17h51
Laurent Segalat va vider sa cellule. Il rentre chez lui ce soir.
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17h36
Le président: "l'agression est avérée... Certes Laurent Ségalat était là, mais l'intervention d'un tiers n'est pas exclue. Un doute suffisant subsiste."
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17h35
Laurent Ségalat craque... il tombe sur sa table. Il pleure.
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17h35
Les parties ont dix jours pour faire appel.
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17h34
Laurent Ségalat est acquitté!
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17h30
L'audience reprend pour le dernier acte du procès de Laurent Ségalat: le verdict.
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17h22
A moins de dix minutes du verdict, les abords de la salle sont noirs de monde. On sent une ambiance pesante. Les filles et la compagne de Laurent Ségalat sont arrivées ensemble, se tenant par les bras.
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12h59
Les débats sont suspendus. Verdict à 17h30.
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12h58
Laurent Ségalat prend la parole: "la seule chose que j'ai envie de vous dire c'est s'il vous plaît, sortez-moi de ce cauchemar! Pour ma famille et moi."
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12h57
"Pendant tout ce temps, il ne pense qu'à une chose: faire disparaître l'arme du crime et dire que ce n'est pas lui. Ce sont les plus grands criminels qui ne varient pas et qui tiennent jusqu'à la fin. C'est foutu! Il est coupable."
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12h54
Me Barillon conclut, revenant sur les propos de Me Disch: "on a tous les jours quelque chose à apprendre. Votre ton est calme et didactique, mais il est contredit par tout le dossier."
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12h52
"Les plus grands criminels sont comme cela... il n'y a pas toujours de mobile établi. Il n'y a pas d'aveux? La belle affaire."
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12h49
"Votre conception du doute, celle que vous vouliez faire avaler à la cour... votre doute égale tarte à la crème."
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12h48
A Me Portejoie, sur la tarte à la crème: "tout le monde avait compris, sauf vous et vous l'avez fait exprès, que la tarte à la crème renvoie au doute tel que vous le concevez. Ce serait un doute excluant tout le reste."
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12h47
"Le ponpon, c'est la plume de chouette! tout ça serait formidable pour une bande dessinée. Mon ami Portejoie, plaidant à la française, c'est pour lui, Me Disch, que vous auriez dû garder votre terme de prestidigitateur."
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12h44
Le procureur a fini, Me Barillon se lève.
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12h44
Le procureur en vient au dernier point: le marteau et le mobile.
"Portejoie a dit qu'il n'y avait pas de mobile. Il l'a répété souvent, comme pour se convaincre. Mais c'est pas qu'il n'y a pas de mobile, c'est qu'il n'y a pas de mobile connu, pas de mobile établi!"
Sur le marteau: "ils ont beaucoup frappé, et pas que Catherine ce soir-là. Ce marteau n'existe-t-il pas? Peut-être... mais ce n'est pas notre avis. Laurent Ségalat a utilisé un poinçon dont on ne sait pas si c'est celui qu'on a retrouvé. Il a été utilisé par une main ensanglantée sur un corps ensanglanté. Mais on ne retrouve pas de sang dessus..." -
12h41
"Ceux qui se retrouvent à Vaux ont tout ce qui faut, ce jour-là, pour entrer dans une situation où tout peut exploser. Je m'arrête là, mais c'est possible!"
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12h40
Eric Cottier poursuit, évoquant la journée du côté de Catherine: "qui est Catherine Ségalat le 9 janvier 2010?
Deux jours avant les faits, elle a conduit pendant 10h. Elle passe la journée du 8 à devoir le soigner plus que souvent. Elle n'a pas dormi, il a fallu l'hospitaliser. Le 9, elle y va, elle rentre et doit y retourner le soir. Tout ça sur une personne immensément fatiguée et qui devait subir une coloscopie la semaine d'après. Voilà dans quel stress se trouvait Catherine Ségalat." -
12h37
"A 17h, Catherine Ségalat aurait dû être incapable de répondre au téléphone si on veut croire le professeur Fried", poursuit le procureur, qui rejette la thèse du gastro-entérologue zurichois.
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12h36
Eric Cottier évoque le bol gastrique, où il s'agit de ne pas oublier les sucs gastriques.
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12h35
"Contrairement à ce qu'affirme le professeur Fried, sa méthode n'est pas pertinente en médecine légale."
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12h32
"La journée de Laurent n'a pas été banale, elle est remplie de contrariétés. C'est mal parti! Béatrice n'est pas contente que cette journée se passe sans son compagnon. Si on s'aime, ça marque. L'après-midi est lourde: il doit se rendre à l'hôpital pour rendre visite à son père. Est-ce vraiment un moment sans émotion? La journée est remplie d'autres petites contrariétés, à la librairie notamment. C'est ensuite un autre moment d'émotion, quand Roger Jean exprime sa reconnaissance à Laurent. C'est un moment chargé d'émotion."
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12h30
Cottier: "journée banale où l'on doit se replacer... et où l'on pourrait commettre la même chose! journée banale, vraiment? non!"
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12h28
Me Disch a fini. Parole au procureur.
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12h28
"Si vous pensez, vraiment, que chacun d'entre nous ou presque peut, dans un période normale, au terme d'une journée banale, ordinaire, peut, pour un motif que rien n'annonçait, massacrer un de ses proches... si vous pensez aussi que chacun d'entre nous réagira forcément de manière rationnelle, logique, sans perdre le contrôle face à une mort violente. Eh bien, si vous pensez cela alors vous condamnerez Laurent Ségalat."
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12h25
"Tout cela ne peut que nous ramener à la question essentielle: existe-t-il une raison plausible à la culpabilité de Laurent Ségalat?"
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12h24
"Il reste aussi ce comportement absurde, ce nettoyage grossier... qui ne trouve pas d'explication logique. Mais y en a-t-il toujours dans ces situations? Et il y a un homme qui se défend mal, un homme qui croit qu'il faut tout expliquer et un motif pour tout."
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12h23
"Que reste-t-il? Des lésions difficiles à interpréter. Il y a une absence totale de scénario et il reste des traces rouges sur le visage de Laurent, qui n'existent plus 3 ou 4 jours après, pour la reconstitution. Ce sont des traces issues de ses tentatives de déplacement du corps."
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12h21
"17 personnes sont passées dans la chaufferie, la pièce n'a pas été protégée."
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12h21
L'avocat évoque les autres hypothèses (intervention d'un tiers notamment): "peut-on vraiment toutes les écarter comme cela?
La police n'a pas voulu chercher au-delà de sa conviction." -
12h19
Place au règlement de comptes politique :"on nous dit que, dans le canton de Vaud, les problèmes politiques ne se règlent pas comme cela. Mais est-ce le cas des relations beau-fils-belle-mère?"
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12h18
"Alors on nous parle de l'objet fixe. Mais le Bluestar Forensic (le produit révélateur de sang) n'a rien détecté de significatif."
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12h17
"On nous dit qu'il a caché l'arme. Mais 17 chiens, dont un la nuit même, ont cherché. On a fait des battues, on a mobilisé des plongeurs. On a absolument tout fait. Je n'ai jamais vu d'enquête, de recherche d'une pareille ampleur. Alors nous dire aujourd'hui que Laurent place une chemise ensanglantée dans la machine... Je prétends qu'avec des recherches de cette ampleur, il est insoutenable qu'une arme ait été cachée."
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12h14
"Aujourd'hui, le scénario qu'on attendait n'existe plus. L'acte d'accusation évoque un étranglement: exit après le témoignage des experts. L'altercation aurait eu lieu dans la chaufferie. C'est là que des éléments graves se discutent?
On nous dit: "il n'y a pas d'arme, tant pis!"
Alors on fait des hypothèses: le marteau. Ils (ndlr: les marteaux) ont été contrôlés, démontés. Pas de trace de sang." -
12h11
Me Disch lit un e-mail envoyé par Laurent dans l'après-midi du drame: le message est neutre. Voilà ce stress extrême qui rendrait vain le recours au transit gastrique.
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12h10
Me Disch évoque la femme de ménage: "elle a vu Catherine à 13h. Elle explique ce qui s'est passé, je cite: le repas était prêt à 13h15. Je lui ai demandé si Catherine se faisait du souci pour son mari. Elle m'a répondu qu'elle ne se faisait pas de souci.
Oui, Roger était hospitalisé, mais, en ce début d'après-midi, tout le monde est rassuré." -
12h06
Me Disch évoque maintenant "le stress" dont parlait Vieira et qui modifie fortement le transit gastrique. "Vieira affirme qu'on ne peut créer artificiellement du stress. J'ai posé la question à Fried. Ca l'a fait rire! Il explique que c'est dans des hôpitaux qu'on trouve les gens les plus angoissés. On a pris, pour ces études sur le stress, des patients à la veille d'opérations difficiles. On a pris des gens pour le moins inquiets."
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12h03
Point d'accord entre l'accusation et la défense: "on ne peut expliquer pourquoi Laurent n'appelle les secours que vers 21h. Le temps est long. C'est toute la question! Si on part de l'idée que tout s'est déroulé de manière réfléchie et logique, cet appel au secours n'a pas de sens.
Mais qu'en est-il si Ségalat est dans un état dissociatif. Un état où, de manière même dangereuse, il a déplacé le corps. Puis cette angoisse! Mais qu'est-ce que je vais dire à mon père? Alors je ne réponds pas!
Qui peut dire que Laurent Ségalat n'est pas resté des dizaines de minutes sans savoir quoi faire? Et ça lui est insupportable" -
12h03
Me Disch en arrive au rapport Fried: "cette expertise est prudente. Elle fixe une limite mais n'a pas la prétention de fixer l'heure de la mort."
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11h58
Place à l'horaire: "il serait accablant. On nous dit que l'ordinateur est allumé à 15h50. Eh bien c'est faux! La police peut se tromper. Il est allumé à 15h20."
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11h56
Sur les traces de sang derrière la chaudière: "nous avons imaginé dans quelle position il faudrait se trouver pour que la tête soit à 10-15 cm du mur. C'est dur à mettre en scène. Alors l'accusation évoque un objet, tenu ou agité à 10-15 cm de la chaudière. Aucun, aucun objet retrouvé ne présente des traces de sang."
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11h54
Sur les deux boutons de chemise: "ils ont été trouvés plus d'un mois après la levée de corps. La scène du crime, comme certains l'appellent, n'a pas été préservée, c'est le moins que l'on puisse dire. Mais on ne peut rien dire de ces boutons. S'ils ont été arrachés et que le col a été distendu, il n'y a pas superposition du tissu à la boutonnière.
Comment sont-ils tombés? On ne peut pas le dire. Mais celui qui cherche à rapidement enlever sa chemise risque bien d'arracher les boutons 2 et 3. C'est en tout cas aussi plausible que la version de l'accusation." -
11h51
L'avocat de Laurent Ségalat explique qu'on ne peut pas reproduire tous les gestes d'un homme pour recréer une situation. Il parle des reconstitutions faites par la police.
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11h49
Sur les projections de sang: "l'accusation y voit un signe. Il y a d'abord cette chemise: s'il y a du sang non dilué sur le col, ces taches ne viennent pas du nettoyage. L'inspectrice a contredit cette hypothèse."
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11h47
L'avocat compare Vieira à un prestidigitateur: "C'est le Copperfield de la médecine légale! Il présente des photos, des articles et des réponses qui arrivent avant la fin des questions. De façon péremptoire, il remplit tous les vides. S'il s'était contenté de conclusions médico-légales, je pourrais le suivre.
Mais lorsqu'un expert, que la défense avait récusé, soit brandi de la sorte. Je suis écoeuré." -
11h43
Me Disch relit les conclusions du rapport Vieira, où le spécialiste répond aux questions posées par le juge d'instruction.
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11h42
"Cette expertise Vieira... je dois rappeler ce qu'elle dit. A la fin, cet expert judiciaire affirme, pose des questions, tranche. D'une manière qui me paraît hallucinante!"
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11h41
"Ce que la justice ne peut accepter, c'est qu'un expert se substitue au juge. Quand on arrive à cette limite dans un rapport, on en arrive au stade où cette expertise ne doit plus être utilisée."
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11h40
"Mais si j'avais Vieira et son rapport comme fer de lance, j'aurais hésité à lyncher Mme Lecomte. En fin juriste, vous connaissez les travers patents du rapport Vieira. Tous ses titres, président, caissier, vice-président, d'Europe et même du monde et qui doivent le maintenir loin des salles d'autopsies. Son ton est au moins aussi péremptoire que celui de Mme Lecomte."
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10h38
Me Disch en arrive au rapport Lecomte: "M. le procureur, vous avez joué de l'ironie, en présentant un portrait au vitriol de Mme Lecomte. Si vous me demandiez ce que je pense de son expertise, je dirais que Mme Lecomte est techniquement au point. Mais que plus d'hypothèses et de situations envisagées auraient certainement été une bonne chose."
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10h36
Me Stefan Disch poursuit, évoquant les constatations diamétralement opposées.
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11h33
L'homme de loi poursuit, évoquant les indices: "le procureur a mentionné les trois rapports médico-légaux, l'autopsie, le rapport Lecomte et le rapport Vieira.
Le rapport d'autopsie: ce n'est pas une expertise. On est dans une phase technique de l'enquête, ce qui ne dénie pas sa valeur. Le procureur en déduit qu'il y a démonstration qu'un tiers a participé à un acte de violence sur Catherine Ségalat." -
11h30
"Le tribunal doit sonder, avec tous les moyens, l'âme d'un homme."
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11h29
"Il n'est pas concevable d'éluder une question aussi fondamentale au moment de juger Laurent Ségalat!"
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11h28
Me Disch en arrive à la dimension psychologique de l'affaire: "pour qu'un individu normal tue, il faut une situation exceptionnelle. Elle peut se concrétiser de deux manières, parce que ça existe. Soit dans la durée des mois et des années, une pression écrase un homme. Cette pression constante va amener un homme à rompre un jour toutes les barrières.
Et il y a une autre hypothèse: c'est lorsque sur une brève période, un cumul d'événements avec une pression extrême vont surcharger un homme jusqu'à ce qu'il ne puisse plus contrôler ses gestes." -
11h24
"C'est là déjà que le bât blesse!"
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11h23
L'avocat poursuit, évoquant les transactions en liquide à la librairie, puis les questions financières. "Vous avez dit: je ne peux pas lui reprocher d'être un rapace, mais il aime son petit confort. Nous sommes au pays de Calvin, mais quand même! Peut-on reprocher à un homme d'aimer son petit confort?"
Sur le testament: "je ne suis pas un spécialiste du droit successoral. Mais que peut-on en déduire pour planter le décor autour de Laurent Ségalat? Vous avez mis une heure à planter le décor. On ne peut déduire qu'une chose de ce décor: Laurent Ségalat, avant ce 9 janvier, vivait une vraie vie d'homme. Avec des choix, des doutes." -
11h20
La voix posée, Me Disch plaide en fixant le procureur Cottier. Me Moinat regarde son collègue, Me Portejoie fixe la cour. La tête légèrement inclinée, Laurent Ségalat regarde droit devant lui, en direction du président Lador. Les deux policiers qui entourent Ségalat attendent, bras croisés.
Coté accusation: les beaux-frères de Catherine regardent Me Disch, ses soeurs non. Adossé à sa chaise, Me Barillon suit la plaidoirie du conseil de l'accusé.
Dans la salle, les filles de Laurent Ségalat, assises au 3e rang, prennent des notes. -
11h17
Sur le climat général et les turbulences à la librairie: "Témoin après témoin, on a compris que c'était du passé. Il y a eu une phase d'ajustement, mais les choses étaient posées. Catherine reconnaissait que Laurent avait fait beaucoup."
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11h16
"Qui est le stratège et le dissimulateur dans cette cellule?"
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11h15
"Sa compagne ne connaîtrait pas sa situation financière... Faut-il, à chaque changement de situation, déposer sa fiche de salaire sur la table du petit-déjeuner?
Vous avez ensuite stigmatisé le stratège, en prenant l'exemple du codétenu albanais, avec qui il passait 23h sur 24. En préventive, on ne choisit pas ses amis. Dans cette cellule, le codétenu flaire le bon coup. Il espère une remise de peine." -
11h13
Me Disch poursuit, évoquant le réquisitoire du Ministère public: "le dissimulateur, comme vous l'appelez... sa collaboratrice ignorait qu'il travaillait à la librairie. Doit-on tout dire à ses collègues? Vaste réponse. Son ex-femme le décrit comme secret. J'ai beaucoup de clients divorcés qui rêveraient d'une telle description."
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11h10
Au procureur: "Vous avez tenu à rendre hommage à la police. Plus de trente rapports de police dans ce dossier, un travail exceptionnel. Mais cette masse est un signal supplémentaire de l'extrême difficulté avec laquelle les enquêteurs ont enquêté. Les conclusions sont remplies d'incertitude, on ne peut pas l'envoyer. La défense est d'avis que la police n'est pas infaillible. Elle peut manquer un certain nombre d'éléments et être induite en erreur."
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11h08
"Hier, pendant le réquisitoire, j'ai retenu mon souffle pendant 2,5 heures. M. le procureur, vous avez parlé du doute, pas celui de la tarte à la crème. A quelle condition doit-il prévaloir?
Ce thème ne pourra pas être éludé. Et vous avez brandi, comme un appui moral, les décisions du tribunal des mesures de contrainte." -
11h06
Me Disch poursuit: "Il est accusé d'avoir tué sa belle-mère avec une violence qui n'est jamais sortie en plus de 45 ans. Un homme normal peut tuer, cela ne fait aucun doute. La vraie question, qu'on ne peut pas éluder, c'est: qu'est-ce qui a fait que ces barrières, qui sont élevées et qui font de nous des individus, peuvent se rompre et aboutir à ce que l'acte d'accusation soutient?"
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11h03
Me Disch plaide, revenant sur l'historique de l'instruction. Laurent Ségalat ne le regarde pas, il fixe droit devant lui. Me Moinat, tête baissée, écoute. Me Portejoie également. Penché en arrière, le procureur fixe l'avocat. Me Barillon prend des notes. Une des soeurs de Catherine regarde Me Disch, l'autre a la tête baissée.
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11h01
"Nous souhaitions que Laurent Ségalat paraisse libre, sans le poids considérable qu'il porte."
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11h00
"J'ai l'habitude de jeter un regard en arrière, sur le détail de la procédure."
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10h59
A la cour: "si un 3e défenseur s'exprime, ce n'est pas pour conforter ou soutenir ce qu'ont dit mes préopinants. Mais c'est 2,5 ans d'une défense commune autour d'une certitude: l'innocence de Laurent Ségalat. C'est trois regards. Ces trois regards qui pointent des facettes différentes d'une affaire complexe sont utiles et nécessaires."
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10h57
Au tour du 3e avocat de Laurent Ségalat, Me Disch, de plaider.
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10h56
L'audience reprend.
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10h41
Séance suspendue. 15 mn de pause.
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10h41
"De toutes mes forces, je vous dis qu'il faut l'acquitter. Ce n'est pas un échec pour l'institution judiciaire de ne pas trouver. C'est tout le contraire! Il faut avoir le courage, cet après-midi à l'heure de délibérer, de l'acquitter.
En l'acquittant, vous tournez la page et on se plonge dans l'avenir.
Je suis certain qu'en cas d'acquittement, la famille de Catherine, avec le temps, puisse se reconstituer.
Me Portejoie cite enfin Paul Valéry: "la fonction la plus élémentaire de l'être humain, c'est de créer de l'avenir. C'est ce que je vous souhaite à tous (il regarde les proches de Catherine et Laurent Ségalat). -
10h36
"La thèse de sa présence sur les lieux lorsque Catherine perd connaissance ne tient pas. Je vous demande l'acquittement."
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10h35
Me Portejoie en vient à la directive européenne qui indiquerait que la méthode du transit gastrique ne serait pas fiable: "Elle n'existe pas! Fried est le seul qui a travaillé avec toutes les pièces."
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10h32
L'avocat français en vient au stress dont parlait le professeur Vieira.
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10h31
Me Portejoie poursuit, louant le rapport Fried,
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10h30
"On ne peut pas balayer ce rapport sous prétexte qu'il n'a pas été commandé par le tribunal."
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10h29
Me Portejoie évoque le professeur Fried: "il a travaillé en fin de course, il a eu accès à tout! Même au dossier médical de Catherine Ségalat, qui indique que Catherine n'avait pas Parkinson par exemple."
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10h28
"Il y a des certitudes, ce sont des certitudes d'impossibilité:
1: Il est certain qu'il ne pouvait pas être au Moulin avant 18h30.
2e certitude: la perte de conscience, non pas la mort, de Catherine Ségalat, qui est une perte de connaissance, ne peut pas intervenir - c'est une certitude - après 18h". -
10h27
Me Portejoie plaide toujours, s'adressant de plus en plus à Laurent Ségalat. Toujours tête baissée, l'accusé fait des mouvements de la tête en guise d'approbation. Notamment lorsque son avocat évoque le jour du drame.
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10h21
Debout, à moins de 2m de Laurent Ségalat, Me Portejoie s'adresse à Laurent: "vous ne pouvez pas être arrivé au Moulin avant 18h30!"
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10h20
Me Portejoie évoque maintenant le doute: "il est là, il suffit à notre bonheur et rôde dans ce prétoire, on le sent."
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10h17
"Voilà, on parle de l'énigme du Moulin et du mystère de Vaux-sur-Morges. Tout simplement parce-que le dossier est mal ficelé. On fait avec ce qu'on a... Le doute, c'est pas fait pour les chiens. Vous ne pouvez qu'acquitter.
Quelle démarche intellectuelle allez-vous prendre pour condamner celui-ci? C'est impossible!" -
10h16
"Y a pas d'arme, y a pas de crime!"
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10h16
"On n'a pas d'arme! Vieira évoque des coups de marteau... Pas d'arme! Et pourtant, on a travaillé. La police n'est pas restée les bras ballants. On a organisé des battues. On est même allé jusqu'à Thonon, comme s'il avait pu y cacher l'objet contondant.
Toute l'accusation, depuis le départ, parle d'une arme. S'il y a meurtre, si les coups sont dus à un objet contondant, on l'aurait retrouvé." -
10h13
Une émission où le juge d'instruction Koschevnikov livrait un sentiment, qui n'était pas forcément la vérité.
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10h11
Me Portejoie évoque une émission de France 2.
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10h09
"Puis, vous avez rectifié dans l'acte d'accusation: il l'a frappée avec une violence extrême et il lui a serré le cou (...) Ségalat a traîné le corps et affirme l'avoir réanimée...
On l'a gommé des aspérités gênantes.
Pourquoi celui qui voudrait faire croire à une chute déplacerait-il le corps?
Cet acte d'accusation ne correspond pas à la réalité." -
10h06
Me Portejoie relit le PV de synthèse et relève: "a dû, il est possible... Le ton de ce PV, c'est celui du doute et du conditionnel."
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10h04
"Sur l'essentiel, il n'a jamais dévié de sa thèse.
Donc pas de mobile, pas de geste fou... on ne peut qu'être d'accord. Pas d'aveu. Pas de témoin direct! Pas de témoignage à charge. Toutes les personnes entendues, à part peut-être la gouvernante. Même ceux assis à ma droite (ndlr: les proches de Catherine) ont été dignes et courtois. Toutes les personnes ont dit, globalement: on ne l'imagine pas commettre un tel geste.
Pas de mobile, pas de geste fou, pas de témoin et pas d'indices irréfutables." -
10h01
"Je suis certain que si Me Moinat, que si Me Disch avaient été là d'entrée et avaient assisté à toutes les auditions, je suis certain qu'elles ne se seraient pas passées comme cela."
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10h00
"Pas d'aveu! Pas la moindre reconnaissance... Pas la moindre esquisse d'ébauche de reconnaissance de responsabilité.
Pourtant, il est d'entrée dans le collimateur. Dès l'appel au 144. Vous ne jouez pas à domicile. La standardiste évoque "un type vachement space" et une mort suspecte. Avant même d'être entendu, il est considéré comme un type suspect." -
9h58
"Pas de mobile, pas de geste fou, circonstances absolument extraordinaires pour que ça arrive...
Pas de mobile, pas de geste fou, pas de possibilité de geste fou, j'y tiens. Pas d'aveu! Pas d'aveu. Il est resté calé sur la première déclaration, celle du 10 janvier, à 3h du matin." -
9h56
Sur le matricide: "l'expert nous a dit: "il faudrait des circonstances extraordinaires, pas une simple querelle pour qu'une personnalité comme Ségalat en arrive à tuer celle qu'il considère comme sa mère."
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9h55
"Trois experts disent que ce n'est pas possible, qu'il n'y a pas de place pour un geste de folie."
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9h54
L'avocat français relève tous les points d'accord des différents experts.
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9h53
"Les experts disent que rien dans la personnalité de Ségalat ne peut expliquer un passage à l'acte violent."
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9h53
Me Portejoie évoque maintenant les experts privés: "En France, ils n'auraient eu que quelques pièces du dossier. Mais ici, nos experts ont travaillé avec les mêmes pièces que les experts officiels."
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9h51
"On peut me dire: "s'il n'y a pas d'explication, c'est un geste fou". D'où l'intérêt du travail des experts psychiatres. La seule possibilité, pour l'accusation, c'est de dire: il n'y pas de mobile, c'est donc un geste fou."
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9h50
Me Portejoie reprend le réquisitoire du procureur: "Il n'y a pas de crime sans mobile. Cela peut être le sexe, l'argent... mais il y a toujours un mobile. Et lorsqu'il n'y a pas de mobile, il n'y a pas de crime. Vous devrez en tirer les conséquences. On a tout cherché. Et aujourd'hui, on dit: y a pas de mobile, mais on s'en moque! Mais qu'est-ce que ça veut dire ça? On rêve!"
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9h47
"Après deux ans d'enquête et deux semaines de procès, on en est où? Il n'y a pas de mobile. Tout, tout, tout a été exploré."
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9h46
"Pour condamner quelqu'un, il faut des preuves sûres. L'approximatif n'a pas sa place dans cette salle", poursuit Me Portejoie.
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9h46
Laurent Ségalat, accoudé à la table de ses avocats, a la tête baissée. Il jette des coups d'oeil à son avocat, mais maintient la tête basse la plupart du temps. La salle sourit tandis que Me Portejoie lance des piques à Me Barillon. Eric Cottier relit ses notes et lance des regards au bâtonnier français. Tête inclinée sur la gauche, le président Lador suit la plaidoirie de la défense.
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9h42
"Vous avez gravé ce doute dans la procédure pénale. En France, nous ne l'avons pas fait, même après Dils, même après Outreau. Comment pouvez-vous parler de tarte à la crème?"
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9h41
A Me Barillon: "j'ai été surpris d'entendre dans la bouche d'une grande voix du barreau dire, en parlant du doute, "c'est une tarte à la crème". Cela, on s'en souviendra. On dira de vous: "n'oubliez pas: le doute, c'est de la tarte à la crème." Vous savez que c'est faux."
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9h40
Portejoie sur le réquisitoire du procureur: "on se connaît depuis deux ans. Je garde l'image d'un homme courtois, attaché plus que quiconque à l'équité des débats. Votre réquisitoire, comment le définir? C'est tout simplement le talent et la truculence vaudoise assumée au service d'une accusation que vous savez fragile. Du talent pour soutenir une cause délicate."
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9h38
Me Moinat a fini, place à Me Portejoie.
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9h38
Marie-Pomme Moinat, article de journal à l'appui, cite un cas de course automobile et sur le comportement irrationnel. "L'un des coureurs a un accident violent. Le public est certain qu'il est mort. La femme du coureur, au lieu de se précipiter vers son mari, commence à ranger le stand."
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9h36
"Je me demande pourquoi le procureur rejette la thèse Lecomte. Il existe un doute important qui doit profiter à l'accusé. Un doute sur le mécanisme qui a conduit à la mort de Catherine Ségalat."
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9h35
"La médecine légale n'est pas une science exacte, elle formule des hypothèses mais ne permet pas de tout régler. Une chute dans les escaliers peut entraîner de nombreuses blessures."
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9h35
"L'homme a passé des années en prison avant qu'une nouvelle expertise n'indique une attaque de chouette, dont on aurait retrouvé des traces."
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9h33
Me Moinat évoque maintenant un autre cas: une chute dans les escaliers en Caroline du Nord (EU) et qui a même donné lieu à un film.
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9h32
Me Moinat poursuit: "si ces deux experts n'optent pas pour l'accident, c'est à cause de la multiplicité des lésions."
Elle évoque maintenant des drames de gens tombés dans des escaliers et qui présente de nombreuses blessures. -
9h31
Me Moinat parle d'un légiste anglais.
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9h29
"Mangin et Lecomte sont d'accords. Quant à Vieira, après avoir soutenu le contraire, il semble être tombé d'accord pendant l'audience: la marche d'escalier obtient tous les suffrages. Deux légistes estiment qu'il n'y a pas eu étranglement et qu'il y a eu manoeuvres de réanimation."
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9h28
Me Moinat en vient à l'étranglement, relevant ce qu'ont en dit les trois experts.
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9h26
"Vieira s'est bien gardé de nous dire que ces études ne sont pas des plus récentes."
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9h25
"Vieira fait ce qu'il reproche à Lecomte: ne retenir qu'une seule hypothèse."
Sur les blessures de réanimation: "Lecomte indique que les traces correspondent. Deux légistes (Vieira et Lecomte) sont d'accords, pas Mangin."
Sur l'étranglement: "L'acte d'accusation le retient. C'est la thèse Vieira. Ce sont des certitudes non démontrées. Le professeur Vieira a produit un article, indiquant qu'il s'agit d'une nouvelle édition - Lecomte citant l'ancienne. Vieira cite cet auteur pour dire qu'il n'est pas pertinent de se baser sur le contenu gastrique pour estimer le temps de décès." -
9h22
Me Moinat mime des gestes de défense, pour montrer que les lésions retrouvées ne correspondent pas à des mouvements de défense.
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9h21
Me Moinat évoque les lésions de défense de Catherine Ségalat: "selon Lecomte, si ces lésions sont présentes dans des zones de défense, elles n'en ont pas les caractéristiques et ne sont pas placées aux bons endroits."
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9h19
"Quant au professeur Vieira, il évoque aussi ces deux mécanismes. Mangin suit Lecomte, Vieira indique qu'elle a violemment été tirée par les cheveux."
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9h18
Sur le décollement du cuir chevelu: "selon le professeur Mangin, il y a deux mécanismes: de force ou de traction. Si c'est traction, les cheveux sont saisis par une main et tirés sur une dizaine de centimètres. Le professeur indique qu'il faut de la force pour y arriver. L'autre mécanisme: un phénomène de force tendancielle. S'il y a chute et que le cuir chevelu se retourne."
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9h16
"La marche d'escalier correspond aux deux embarrures. Le professeur Mangin estime que tomber sur une marche ne devrait causer une seule embarrure. Mais lorsqu'il voit la photo de la 4e marche, celle ébréchée, il a spontanément indiqué qu'il rejoignait la thèse du professeur Lecomte."
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9h14
A propos des blessures au visage de Laurent: "lors de la reconstitution, on ne les voit même plus."
Sur les blessures de Catherine: "la fracture à l'arrière du crâne. Mme Lecomte a dit que lorsque la tête rencontre un objet contondant, l'os prend la forme de l'objet. On retrouve une lésion de forme carrée, si un marteau frappe une tête. Mme Lecomte évoque une fracture linéaire, avec des embarrures (ndlr: enfoncement de la voûte crânienne)." -
9h12
Moinat: "Lecomte a eu accès à un dossier complet, elle s'est aussi rendue sur place. Enfin, il a été relevé que c'était une experte privée, sous-entendant qu'elle était partiale. Mais aurait-elle mis sa réputation en jeu pour quelqu'un qu'elle ne connaît pas, le tout pour une somme modeste (10'000 euros)?"
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9h10
Me Moinat évoque le professeur Lecomte: "on a essayé de la salir, avec des ragots notamment. On l'a attaquée personnellement, et on a très peu critiqué son rapport. On a raillé ses 20000 autopsies. Elle a effectué de nombreuses autopsies dans des pays en guerre. Dans ces charniers, il y a souvent plus qu'un corps, ça fait gonfler les statistiques."
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9h08
"Le médecin a donné de fausses pistes aux policiers."
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9h08
"Ce jeune médecin inexpérimenté, devant l'empressement des policiers, opte pour un objet contondant, et pourquoi pas un marteau. La police les a tous saisis avant d'aller même en chercher à Thonon."
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9h06
La femme de loi évoque le premier légiste à s'être rendu sur les lieux du drame. "Il n'avait qu'une année d'expérience. Il est au tout début de sa formation. Pourquoi est-il venu seul sur place? Alors qu'il faut être plusieurs pour une levée de corps. Il a eu le bon réflexe: il a appelé son supérieur. Mais pourquoi celui-ci ne s'est-il pas rendu sur place?"
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9h05
Me Moinat annonce qu'elle va revenir sur les éléments médico-légaux du dossier. "En présence de thèses aussi radicalement différentes - d'une chute ou d'un meurtre - pourquoi opter pour un meurtre?"
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9h04
Me Moinat commence.
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8h40
Plus d'une demi-heure avant la reprise du procès, le hall est déjà noir de monde. Ceux qui n'ont pas pu rentrer hier après-midi faute de places ont compris le message, ils sont arrivés bien plus tôt.
Créé: 01.06.2012, 17h55
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157 Commentaires
Je ne serais pas surprise que LS décide un jour de s'ôter la vie tellement sa conscience le poursuivra. Sur cette terre on paie tout .Paix à l'âme de Catherine, en tout cas cette tragedie m'a marqué le coeur au fer rouge. Répondre
Je souhaite bien du plaisir au juge pour la rédaction des considérants du jugement qui devront être cohérents. On sait qu'ils ont retenu l'agression. Le mobile est inconnu, l'arme du crime n'a pas été retrouvée, mais ce ne sont pas des obstacles pour le verdict. Il manque encore un tiers agresseur qui laisse des traces d'ADN de LS sous les ongles de CS. Les pressions ont dû être fortes ... Répondre
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