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Sécurité

La droite juge la facture des nuits lausannoises peu salée

Par Renaud Bournoud. Mis à jour le 04.09.2012 10 Commentaires

Le million articulé par la Municipalité est estimé faible. Et les moyens insuffisants

Trente agents «engageables» assurent la?sécurité le week-end, contre vingt les nuits de?semaine.

Trente agents «engageables» assurent la?sécurité le week-end, contre vingt les nuits de?semaine.
Image: SÉBASTIEN FÉVAL

Une dizaine de policiers supplémentaires pour un surcoût d’un gros million par année. Voilà le dispositif actuel pour renforcer la sécurité lors des nuits de fin de semaine à Lausanne. Des moyens jugés riquiqui par la droite en regard de la situation préoccupante.

«Je suis surpris par ce montant. Je pensais qu’il était plus conséquent», s’étonne Mathieu Blanc, conseiller communal PLR. «C’est faible en coûts et en personnel», renchérit Gilles Meystre, directeur adjoint de GastroVaud, également PLR.

Ce montant approximatif d’un million de francs ressort d’un calcul que la Municipalité a fourni en réponse à l’interpellation de l’UDC Philipp Stauber, intitulée «La vie nocturne lausannoise en chiffres: l’envers du décor des nuits festives». La Ville explique que, pour les nuits de semaine, une vingtaine de policiers «engageables» sont sur le pont.

«Cet effectif passe à une trentaine, surtout le vendredi et le samedi», indique le municipal de la police, Marc Vuilleumier. A un millier de francs par policier supplémentaire par nuit, elle arrive, à la louche, à ce million annuel. En parallèle, la collectivité publique encaisse 1,2 million de francs chaque année en taxes diverses sur les établissements de nuit.

«Si l’on prend tout en compte, cela coûte plus»
Même si ce montant émane de sa réponse, la Municipalité faisait observer hier que la réalité est plus compliquée. «Si l’on compte tout, la vie nocturne coûte plusieurs millions. Il ne faut pas oublier les efforts supplémentaires que doit faire la voirie, par exemple», note le syndic Daniel Brélaz. Il estime que déjà passablement d’argent est investi dans cette problématique.

Mais ces efforts sont jugés insuffisants à droite. «On pourrait financer une partie des coûts de la sécurité par la taxe sur le divertissement», avance Mathieu Blanc. Le PLR appuie ainsi l’une des dix propositions des commerçants, restaurateurs et clubs (lire ci-contre). «Il manque des policiers mais aussi une volonté politique, alors que c’est la priorité absolue, estime le directeur adjoint de GastroVaud. On doit y allouer plus de ressources. Les gens attendent le retour au calme.»

Le municipal de la police rappelle, pour sa part, que trente agents supplémentaires sont attendus en 2014 et un contingent équivalent à l’horizon 2016. «Ils seront les bienvenus, relève Marc Vuilleumier. En attendant, on peut réorganiser les effectifs comme on le fait pour les matches de foot. Mais cela se fait aux dépens des autres tâches de la police.»

2014, c’est loin, trop loin pour les commerçants. Les problèmes, c’est maintenant. Ils proposent des alternatives en attendant des renforts pour la police. «La Ville pourrait recourir à des agents privés type Protectas», suggère Gilles Meystre. L’idée de donner des tâches de police à des gens qui ne sont pas assermentés n’emballe pas beaucoup Marc Vuilleumier. Mais il assure que la Municipalité fera, elle aussi, «rapidement» des propositions.

Une promesse qui ne rassure pas Mathieu Blanc: «Il y a du flottement dans les directives données à la police. Sur la problématique des dealers, on constate que le syndic Daniel Brélaz et Marc Vuilleumier n’ont pas le même discours. Au final, la question est de savoir si ce dernier est encore capable de diriger la police.» La suite du débat s’annonce aussi chaude que les nuits lausannoises.


Brélaz: «Des propositions libérales»

La Municipalité a auditionné vendredi dernier les commerçants, restaurateurs et patrons de clubs sur les nuits lausannoises. «Nous aurions préféré des états généraux, mais la Ville a choisi la voie bilatérale», regrette Gilles Meystre, de GastroVaud. Les exploitants ont quand même formulé dix propositions pour parer à l’insécurité. Il en ressort dans les grandes lignes: l’interdiction de consommer de l’alcool sur la voie publique, des agents de sécurité privés, la vidéosurveillance dans les lieux sensibles, l’interdiction de détenir des couteaux, l’affectation de l’impôt sur le divertissement à la sécurité, ou encore la fermeture des clubs repoussée à 6 h du matin pour «fluidifier» la sortie des boîtes de nuit.

Le PLR Mathieu Blanc se dit «très à l’aise» avec ce catalogue. En revanche, pour le syndic: «Ces propositions vont toutes dans la même direction. Ces gens nous disent: «Laissez-nous nous développer et payez les charges que cela engendre. C’est un discours complètement libéral», juge Daniel Brélaz. Mais il assure que toutes ces propositions seront analysées par la Municipalité dans les semaines à venir. «Nous allons voir s’il y a des choses intéressantes à exploiter. Mais ce qui est sûr, c’est que nous ne les prendrons pas telles quelles.» (24 heures)

Créé: 04.09.2012, 07h10

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10 Commentaires

Monique Favre

04.09.2012, 09:31 Heures
Signaler un abus 12 Recommandation 0

Il faut financer les nouveaux effectifs policiers par une taxe sur les alcools bon marché, puisque ce sont ces alcools que les fauteurs de troubles choisissent le plus souvent d'acheter pour se saouler et commettre leurs dégâts. Répondre


Jean-François Chappuis

04.09.2012, 09:56 Heures
Signaler un abus 7 Recommandation 0

"L'avantage des petits incidents qu'il en découle", ne coûtent pas trop chère aux contribuables! C'est le discours qu'essaie de faire passer la Municipalité. Il semblerait que certains ne l'entendent pas de cette oreille et demandent un peu plus de précision...! Répondre



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