La droite réalise qu’elle est dans l’opposition

Vaud 2017Majoritaires au Grand Conseil, les députés de droite sont jusqu’à maintenant restés sages face au Conseil d’Etat à majorité de gauche. Mais cela pourrait changer si l’alliance PLR-UDC-VL se confirme durant la législature.

La droite n’a pas réussi à récupérer la majorité au Conseil d’Etat, mais elle estime s’être renforcée au Parlement.

La droite n’a pas réussi à récupérer la majorité au Conseil d’Etat, mais elle estime s’être renforcée au Parlement. Image: Keystone / Jean-Christophe Bott

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A écouter les ténors de la droite, dimanche, le Conseil d’Etat s’apprête à vivre une législature plus compliquée que la précédente. «Nous nous sommes entraînés pendant cinq ans pour faire de l’opposition, maintenant nous sommes prêts à passer à la pratique», lance Frédéric Borloz. Pour le président des PLR Vaud, la législature qui s’achève a plutôt été une période de «transition». Il est vrai que, durant ces cinq dernières années, le parlement de droite a donné un blanc-seing à l’action du gouvernement à majorité de gauche. Une manière de faire qui ne positionnait pas favorablement le camp bourgeois pour jouer la gagne au Conseil d’Etat.

Jacques Nicolet et Isabelle Chevalley n’ont pas été élus à l’Exécutif. «Mais nous avons réussi à créer une alliance forte au Grand Conseil entre le PLR, l’UDC et les Vert’libéraux», estime Frédéric Borloz. Sur le plan comptable, la droite en reste à 81 députés. Mais elle affiche la volonté de mieux collaborer entre ses trois formations. «Si nous travaillons bien ensemble, il faudra compter sérieusement sur notre alliance en 2022», continue le président du PLR Vaud.

«Accepter nos divergences»

Son homologue Vert’libéral observe l’évolution de la situation ainsi. «Nous avons réussi à établir des liens de confiance avec l’UDC et les libéraux-radicaux, relève François Pointet. Notre position de pivot est renforcée. Nous avons la confiance des Verts sur les sujets écologiques et celle du PLR-UDC sur les thèmes économiques ou le rôle de l’Etat.»

Son nouvel allié, le chef du groupe UDC Philippe Jobin, se veut lui aussi positif, même s’il attend de voir: «Tout va dépendre de la façon dont nous arrivons à fonctionner ensemble. C’est extrêmement important d’avoir une ligne commune, mais aussi d’accepter nos divergences.» Son secrétaire général, Kevin Grangier, a une autre interrogation: «La question est de savoir si les députés de droite ont envie d’incarner une critique exigeante et constructive de l’action du gouvernement vaudois.»

Deux facteurs externes pourraient aider l’évolution des mentalités de la députation bourgeoise. «Il faudra déjà voir l’impact de Cesla Amarelle sur le collège du Conseil d’Etat», remarque le président du PDC Axel Marion. La socialiste se fondra-t-elle dans le moule gouvernemental? Et puis il y a la conjoncture économique. «Si les rentrées fiscales sont moins bonnes, il va falloir faire des choix et donc faire de la politique», prévient Kevin Grangier.

«Le même discours à chaque fois»

La droite se dit prête à en découdre, mais le centre reste dubitatif. «A chaque fois c’est le même discours. A Lausanne aussi le PLR assurait qu’il allait faire de l’opposition et il a fini par voter le budget, rappelle Axel Marion. On verra si Pascal Broulis tient suffisamment ses troupes.» Par ailleurs, le président du PDC note qu’il n’y a pas eu beaucoup de brassage dans la députation Vert’libérale. Il ne voit pas pourquoi elle voterait davantage avec les PLR et les UDC qu’elle ne l’a fait lors de la législature précédente.

Le conseiller d’Etat libéral-radical Philippe Leuba ne semble, lui, pas spécialement gêné de devoir composer avec un Grand Conseil plus défiant envers l’Exécutif: «Cette alliance donne un socle stable et durable au centre droit parlementaire. Le gouvernement ne pourra rien faire sans prendre en compte cette réalité politique. Cela contrebalancera le fait que nous sommes minoritaires au Conseil d’Etat.» (24 heures)

Créé: 21.05.2017, 21h52

Malgré les échecs, l’UDC veut encore y croire

Six ans après le décès de son conseiller d’Etat Jean-Claude Mermoud, l’UDC échoue pour la troisième fois consécutive à retrouver un siège au gouvernement vaudois. Le parti a pourtant essayé différents profils de candidat: l’urbain Claude-Alain Voiblet en 2012, et deux agriculteurs, Pierre-Yves Rapaz (en 2011) et maintenant Jacques Nicolet. Sans succès.

L’UDC s’alliait habituellement aux radicaux et aux libéraux, puis au PLR. Mais, cette fois, la droite a tenté une variante de dernière minute en lançant la Vert’libérale (VL) Isabelle Chevalley à l’entre-deux-tours aux côtés de Jacques Nicolet. Encore raté. La majorité du Conseil d’Etat reste à gauche.

Dans cette défaite, la droite veut voir le germe de lendemains plus radieux. «Avec l’alliance PLR-UDC-VL, nous avons semé un champ en friche, indique Kevin Grangier, secrétaire général de l’UDC. Maintenant, nous allons cultiver cette alliance et espérer en récolter les fruits dans cinq ans.»

Le battu de la journée, Jacques Nicolet, note aussi que son parti ne s’est pas présenté sous les meilleurs auspices à cette élection: «L’UDC se relève de quelques années de difficultés.» Le président fait référence aux guerres de personnes qui ont agité sa formation.

A la suite de ses échecs successifs, l’UDC pourrait-elle être tentée de changer radicalement de posture? «Sur le moment, avec la frustration de la défaite, certains voudront fermer la porte à toute alliance, pense Philippe Jobin, chef de groupe. Mais, objectivement, nous avons remporté des victoires ces cinq dernières années au Grand Conseil avec la droite. Et notre objectif reste de gagner un siège au Conseil d’Etat.»

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