Les entreprises vaudoises lorgnent la Turquie

CommerceLes exportations ont chuté depuis 2009. Philippe Leuba mène une délégation dans ce pays hors de la zone Euro.

Image: Florian Cella

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

C’est la porte du Moyen-Orient et c’est une région hors de la zone euro. Le franc y est donc moins fort. Quoi de mieux dès lors que d’aller prospecter en Turquie? C’est avec cette idée que Philippe Leuba se trouve depuis lundi sur les rives du Bosphore, avec une délégation vaudoise d’une trentaine de représentants de l’économie jusqu’à vendredi. Au programme: rencontres avec de potentiels relais commerciaux, visite d’entreprises, séminaires pour apprendre les trucs et astuces du marché turc, comme les règles légales ou les façons de recruter du personnel. Les derniers voyages de ce type avaient eu lieu plus à l’est, en Corée, au Japon et à Singapour.

Mais qui s’intéresse à la Turquie? Outre le parc technologique Y-Parc qui a signé un accord avec Teknopark à Istanbul (lire ci-contre), les entreprises qui accompagnent Philippe Leuba préfèrent rester discrètes sur le détail de leurs activités, secret des affaires oblige. «Elles sont actives dans les biens et les services, comme le textile, l’ameublement, la gestion de fortune, l’horlogerie ou les cosmétiques», explique Lionel Eperon, chef du Service vaudois de la Promotion économique. Il y a une semaine, en présentant le résultat de son service pour 2014, il se réjouissait d’avoir contribué à l’arrivée sur sol vaudois de deux entreprises turques.

Reconquête

Ce voyage est-il synonyme de conquête d’un nouveau marché? Non, plutôt d’une reconquête. Le taux de croissance de la Turquie a atteint 4% en 2013 et les entreprises vaudoises y sont déjà actives. Il s’agit de les booster, car les exportations vaudoises vers la Turquie sont en baisse.

Le pays est sorti en 2009 de la liste des vingt Etats vers lesquels les entreprises vaudoises exportent le plus. Les exportations étaient de 173 millions en 2007 et sont descendues à 97 millions en 2013. Au niveau suisse, les exportations vers la Turquie avoisinent les 2 milliards de francs par année.

Les importations vaudoises se portent mieux et ont triplé entre 2009 et 2012, passant de 20 à 63 millions. Les importations au niveau suisse se situaient à 1,3 milliard de francs en 2014.

Distance et qualité

Quels segments le canton de Vaud peut-il conquérir en Turquie? «Nous faisons la promotion des atouts du canton comme place de transferts de technologie et d’innovation, avec des hautes écoles et des entreprises innovantes», ajoute Lionel Eperon.

La Turquie reste un marché méconnu pour les Vaudois. Plusieurs observateurs économiques se disent incapables de nommer les domaines d’activité des entreprises vaudoises en Turquie.

Mais le potentiel est bien là, assure Marcel Cavaliero, président de la Chambre de commerce Suisse-Turquie à Genève. «Il y a de vraies opportunités pour les entreprises vaudoises qui veulent s’internationaliser», estime-t-il. La Suisse exporte surtout des machines textiles, ainsi que des produits d’horlogerie et de luxe vers la Turquie, selon lui.

Les importations se composent principalement de denrées agricoles, comme les noisettes ou le tabac. «Depuis quelques années, la Turquie exporte des produits industriels finis, ajoute Marcel Cavaliero. Deux critères militent pour les produits turcs par rapport à ceux qui viennent d’Extrême-Orient: la distance plus faible et la meilleure qualité.» (24 heures)

Créé: 07.05.2015, 07h08

Nouveau partenariat pour Y-Parc

Après le Japon l’an dernier, la Turquie en 2015. Le parc technologique Y-Parc basé à Yverdon a signé hier un accord de collaboration avec le Teknopark d’Istanbul. «Cela facilitera le travail des entreprises présentes à Y-Parc qui souhaitent développer leurs activités vers la Turquie, et vice versa, se réjouit Sandy Wetzel, directeur d’Y-Parc. Le but n’est pas la simple signature d’un accord, mais véritablement d’impliquer les entreprises de nos deux parcs. Nous sommes en train de construire un important réseau de partenaires internationaux.»

Si l’accord peut concerner chacune des 140 entreprises présentes à Y-Parc (avec un total de 1200 emplois), ce partenariat est davantage axé sur les domaines des technologies de l’information, la communication et la sécurité informatique. Avec une trentaine de sociétés, Teknopark Istanbul a déjà signé des accords avec des parcs technologiques à Berlin, à Philadelphie, en Corée du Sud et en Malaisie. Ota City, le parc japonais avec lequel Y-Parc a signé un accord l’an dernier, compte 1400 entreprises.

Articles en relation

Libre circulation: le plan des patrons pour sortir de l'impasse

Politique La faîtière patronale vaudoise veut revoter pour sortir du marasme créé par le vote du 9 février 2014. Le conseiller d’Etat Philippe Leuba lui apporte son soutien personnel. Plus...

L'Etat de Vaud subventionnera l'industrie

Economie Philippe Leuba annonce la création d’un fonds de soutien à l’industrie doté de 17,5 millions de francs. Le syndicat Unia revendique la paternité de l’idée. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 3

Faut-il opérer les gens qui naissent «intersexes»? Paru le 3 janvier 2017.
(Image: Bénédicte) Plus...