Gimel
Ils traquent les chats errants pour les sauver
Par Lauriane Barraud . Mis à jour le 17.01.2012 11 Commentaires
Vanessa Rio met une assiette de thon au fond d’une cage ouverte qu’elle a soigneusement déposée au pied d’un immeuble. Puis, elle attend. Une heure, deux heures. Malgré le froid, la vice-présidente de l’association gimelane Animal aide action, qui s’occupe principalement de stériliser et de castrer les chats errants depuis plusieurs années, ne se décourage pas. Elle poursuit inlassablement sa mission, qui consiste à limiter la prolifération démesurée de ces animaux livrés à eux-mêmes et à leur assurer une certaine qualité de vie. Car, au final, elle leur évite l’euthanasie.
Mardi matin, une colonie de trente félins qui ont élu domicile dans un quartier d’habitation de Gland intéressait particulièrement Vanessa Rio. Pour l’aider, Corinne Weill Brant, fondatrice de l’association, et Sylvia Perret, une autre bénévole, sont venues en renfort. Car qui dit chat errant dit aussi comportement sauvage. Il faudra ainsi attendre plusieurs minutes avant qu’une première frimousse ne fasse son apparition, attirée par l’odeur alléchante du poisson.
Non sans une certaine méfiance, et d’un pas hésitant, le félin s’approche de la cage. Puis repart aussitôt se réfugier au pied d’un arbre, effrayé par la présence d’un chien. Après plusieurs essais infructueux, un chaton de cinq mois finit par être pris au piège. Au fil du temps, l’équipe de l’association – soit cinq bénévoles – a appris à être patiente. Et elle doit l’être. «Parfois, il faut plusieurs années pour réussir à attraper un chat que nous devons stériliser», précise Corinne Weill Brant.
Travail essentiel
Rapidement, Vanessa Rio pose sur la cage une couverture pour rassurer l’animal. Sans attendre, elle prend la direction d’un cabinet vétérinaire rollois. «Nous veillons à ne pas les garder en captivité plus de vingt-quatre?heures afin de minimiser leur stress, qui pourrait déclencher des maladies mortelles», poursuit celle qui a également été la compagne de Mike Brant, avant d’épouser son frère.
A peine une demi-heure après son arrivée au cabinet, le chaton, recroquevillé au fond de sa cage, est confié à Francesco Fabbri et Saskia Muskens, vétérinaires. Plutôt docile, l’animal se laisse facilement endormir. Pour les deux professionnels, le travail de l’association est essentiel. «La stérilisation est le seul moyen d’éviter la surpopulation des chats errants qui va de pair avec des maladies qui touchent aussi les animaux domestiques», note Saskia Muskens. L’euthanasie ne serait-elle pas la meilleure solution dans pareil cas? «Non, je suis totalement contre. Euthanasier pour euthanasier n’est de loin pas la meilleure option», renchérit son collègue.
Une vingtaine de minutes plus tard, le chaton est remis dans sa cage et restera toute la nuit en observation. Le lendemain, les bénévoles reviendront le chercher afin de le relâcher dans son environnement. Ces dernières ne comptent d’ailleurs plus le temps consacré à cette cause. Passionnées et dévouées, elles s’occupent quotidiennement de huit colonies de chats, réparties entre La Rippe et Aubonne. «Nous avons posé des niches de survie et nous venons leur apporter à boire et à manger», ajoute Corinne Weill Brant.
Les frais vétérinaires ainsi que la nourriture sont intégralement pris en charge par l’association, reconnue d’intérêt public. Elle est entièrement financée par des dons privés, soit près de 5000?francs par année. Un petit pécule qui leur permet de prendre en charge les stérilisations et les castrations, au nombre de 200 par année, mais pas des soins plus lourds lorsque c’est nécessaire. Dans ce cas, l’association doit se tourner vers d’autres organismes. «Nous recherchons activement de nouveaux bénévoles ainsi qu’une aide financière», précise encore la présidente. Enfin, Animal aide action s’occupe aussi de plusieurs animaux dans le besoin, à l’image de chiens ou de chevaux.
Pour contacter l’association: animalaideaction@hotmail.ch (24 heures)
Créé: 17.01.2012, 21h08
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11 Commentaires
J'habite en montagne, en Valais et j'en ai sauvé plusieurs, dont deux sont revenus et sont domestiqués maintenant. Je ne mets pas de cage, mais un coussin sous mon lit et des croquettes. Oui, il faut parfois des années...... J'ai un nouveau "pensionnaire" que j'appelle César et j'attends qu'il se laisse approcher pour l'emmener chez le véto! Répondre
cette idée est géniale Répondre


Veuilliez attendre s'il vous plaît 





