L'arnaque à la caisse est leur fonds de commerce

JusticeDeux Françaises pros du vol au «rendez-moi» ont écopé jeudi à Nyon de prison ferme.

Les voleuses au «rendez-moi» opéraient de préférence auprès du personne de caisse dans des grandes enseignes.

Les voleuses au «rendez-moi» opéraient de préférence auprès du personne de caisse dans des grandes enseignes.

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L’arnaque au «rendez-moi» consiste à présenter au commerçant un gros billet pour régler un achat de deux ou trois francs. Puis à détourner son attention pour reprendre la coupure, affirmer la lui avoir donnée, et encaisser la monnaie sur le billet soi-disant en sa possession. Deux Françaises d’une quarantaine d’années qui excellaient à ce tour de prestidigitation ont été condamnées jeudi à Nyon pour une vingtaine de cas à travers la Suisse romande. Elles ne sont ni les premières ni les dernières, en dépit des mises en garde régulières de la police auprès des commerçants.

Reconnues coupables d’escroquerie par métier, ces deux femmes ont écopé de respectivement 8 et 10 mois de prison ferme. Leurs avocats d’office ont demandé en vain leur acquittement, soutenant que l’arnaque au «rendez-moi» est certes condamnable moralement, mais qu’on ne peut la qualifier pénalement d’escroquerie. Selon eux, c’est aux victimes de s’en prémunir, en appliquant la règle élémentaire consistant à prendre le billet présenté, le mettre de côté vers soi de manière visible jusqu’à ce que la monnaie soit rendue. Ou mieux, en refusant les grosses coupures. Le tribunal n’a pas suivi ces défenseurs zélés. Il a souligné que les prévenues choisissaient pour cibles des personnes peu expérimentées, plus faciles à abuser.

«Elles sont venues en Suisse dans l’unique but de voler»

Comment s’y prenaient-elles? Elles répondent: «La plupart du temps, nous posions une question banale pour détourner l’attention, juste au moment de payer, du style «à quelle heure fermez-vous», puis nous laissions faire la personne…»

Les accusées sévissaient surtout dans des grandes enseignes ou dans des restaurants. Par vagues, à plusieurs reprises au cours d’une même journée. Elles se sont fait attraper en juillet dernier par un pur hasard. Alors qu’elles opéraient vers midi dans un restaurant à Bulle, elles n’ont pas remarqué deux policiers qui mangeaient à une table voisine. Observant leur manège, ils les ont suivies. Ils ont pu constater qu’en moins d’une heure, elles ont récidivé dans quatre commerces de cette ville.

Confondues notamment par des images de surveillance, les deux femmes ont admis la quasi-totalité des cas reprochés. Elles ont expliqué au tribunal qu’elles venaient de France voisine en Suisse à plusieurs, depuis des années, en voiture de location. Membres de la communauté gitane sédentarisée, vivant en caravane, chacune mère de famille, elles sont incarcérées depuis leur arrestation. Elles ont déclaré que ces vols leur permettaient de tenir financièrement à côté des allocations touchées en France, 1200 euros d’allocations pour l’une, 700 euros de RSA (revenu de solidarité active) pour l’autre. Toutes deux ont déjà été condamnées pour vol dans leur pays. «Elles sont venues en Suisse dans l’unique but de voler», déplore la présidente du tribunal.

Une dizaine d’hommes de leur communauté ont fait le déplacement à Nyon pour les soutenir dans ce procès. Sur le conseil d’un des défenseurs, ils ont renoncé à pénétrer dans la salle d’audience. (24 heures)

Créé: 16.02.2017, 18h55

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