Le sol est meuble sous le temple de l’habitat d'Etoy

La CôteCensé réunir tous les métiers de l'immobilier, le centre i. LIFE n’a pas trouvé son rythme de croisière.

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Le 25 juillet 2016, Amélie* se rend à Etoy pour y acheter du mobilier. Elle entre dans le magasin Habitat du centre i.LIFE et tombe sous le charme de plusieurs objets. Elle achète le tout pour un peu moins de 3000 francs. Six mois plus tard, elle n’a pas reçu ses meubles.

A bout de nerfs, elle exige le remboursement de l’intégralité de la somme, sans trop d’espoir. «On m’a assuré que le virement serait fait sur mon compte avant le 15 février, explique-t-elle. Ils n’ont pas tenu leur promesse. Je pense que mon argent est définitivement perdu.»

Un «cas singulier»
Du côté de l’enseigne, on parle d’un «cas singulier» et soutient que la demande de remboursement est «en cours de traitement». Sur place, le magasin est étonnamment fermé. La direction assure que cette situation est due à un changement de propriétaire et qu’elle n’est que temporaire. Ce n’est toutefois pas la seule société du centre i.LIFE d’Etoy qui semble avoir des difficultés.

Un peu moins d’une année après l’inauguration du temple de l’habitat, complexe de 17'000 m2 mêlant espaces d’exposition, de vente et de bureaux d’entreprises dans le but d’accompagner de A à Z tout projet immobilier, plusieurs enseignes affirment vouloir s’en aller. Ces locataires estiment que les promesses n’ont pas été tenues. Sept entreprises ont d’ailleurs fait parvenir une lettre aux promoteurs du projet pour exprimer leur mécontentement. L’ouverture avortée du magasin Made in Design, le fait que certains endroits du centre soient encore en chantier (voir ci-contre) et le manque de clientèle sont pointés du doigt.

Force est de constater que, sur place, on ne se bouscule pas. Certains commerçants semblent avoir déjà plié bagage, les lumières de plusieurs boutiques restent éteintes. A l’étage des stands d’expositions, certains paraissent à l’abandon. Même si Antonio Garzon, administrateur de la régie immobilière VPI Vaud SA qui s’occupe du complexe, affirme que 85% de la surface locative est occupée. «Il y a toujours une phase de mise en route dans l’ouverture d’un centre commercial, plaide-t-il. On dit qu’il faut entre 5 et 10 ans pour qu’il trouve son rythme de croisière.»

Opération de calomnie
Contacté, le propriétaire de la société immobilière Chez Toi SA, qui a investi plus de 70 millions de francs dans le projet, dénonce quant à lui une opération de calomnie. «Seuls six commerçants qui ne paient plus leur loyer essaient de négocier leur sortie en tenant des propos diffamatoires», déclare-t-il. Tout en assurant que 90% des locataires sont satisfaits de la situation générale.

De fait, si certains locataires tirent à boulets rouges sur les responsables, ce n’est pas le cas de tous. Let’s Go Fitness, le restaurant Duchessa, Cave Immersive SA, Le Petit Cellier ou encore Kare Design tiennent à mentionner leur satisfaction. Laurent Frenzel, coresponsable de la société Leader Spa, se montre également enthousiaste. «Notre entreprise aura 20 ans en 2017. Après avoir eu des locaux à Morges et à Rolle, nous sommes très contents d’avoir intégré ce centre d’Etoy, qui regroupe plusieurs entités et activités sous le même toit. Même si tout n’est pas encore parfait, il faut plus qu’une année pour qu’un nouveau complexe se crée une notoriété. Certains locataires doivent faire davantage pour attirer des clients. Il ne suffit pas d’avoir une enseigne à i.LIFE pour remplir son carnet de commandes.»

* Prénom d’emprunt (24 heures)

(Créé: 16.02.2017, 22h16)

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Autorisations provisoire

Un peu moins d’une année après son inauguration, le centre i.LIFE n’est pas encore complètement achevé. «Les architectes sont en train de finaliser des travaux représentant moins de 1% de la construction globale», affirme le propriétaire, Byron Baciocchi. Une situation qui a tout de même des conséquences. A ce jour, la commune d’Etoy n’a toujours pas délivré d’autorisations d’exploitation définitives. «Les finitions du bâtiment n’étant pas encore complètement terminées et validées, les enseignes qui occupent ce centre bénéficient pour l’instant d’autorisations temporaires d’exploitation», explique le syndic José Manuel Fernandez.

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