Malgré ses allées en béton, la Petite-Prairie prend vie

NyonDécrié pour sa densité, le complexe accueille 500 nouveaux habitants qui ont déjà pris leurs marques.

Le quartier de la Petite-Prairie offre peu d'espaces de verdure et de jeux pour les enfants.

Le quartier de la Petite-Prairie offre peu d'espaces de verdure et de jeux pour les enfants. Image: Philippe Maeder

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Trop haut, trop massif, trop bétonné, ou encore d’un urbanisme d’un autre âge. C’est ainsi que nombre de citoyens et d’élus nyonnais qualifient le quartier de la Petite-Prairie, première étape d’un complexe qui accueille depuis 2015 déjà 500 habitants et en comptera 2000 une fois les autres étapes du plan de quartier réalisées. L’ensemble offre pourtant quelques lignes architecturales et touches de couleur originales. Mais elles sont un peu noyées dans l’état de chantier perpétuel qui règne dans ce haut de la ville. Car à côté de ces sept premiers immeubles accueillant logements, commerces et bureaux, la ville construit trois bâtiments qui abriteront une grande école, une piscine et une salle omnisports et bientôt un grand parc public.

«On attend ce parc avec impatience, car la Petite-Prairie offre peu d’espaces verts et de place de jeux pour les enfants», note l’une des deux enseignantes en charge de la classe de l’école Montessori qui a ouvert ses portes il y a quelques mois au pied d’un immeuble. Il est vrai qu’en parcourant les allées bétonnées du quartier, entre des bâtiments parfois très serrés, on ne trouve que des ornements arbustiers, une seule zone d’herbe étant située côté Lausanne du quartier. «Ici, les enfants ne peuvent guère s’amuser autrement qu’en faisant du skateboard!» relève le propriétaire d’un appartement qui a lancé, l’an dernier, une pétition online visant à empêcher la construction de la dernière petite parcelle restée libre.

Un lieu qui s’anime

Céline Guibert, locataire depuis juin 2015, a signé cette pétition, car elle craint de voir un nouvel immeuble masquer le dégagement dont elle bénéficie actuellement, et parce que cet espace offrirait un poumon de verdure idéal pour une place de jeux. «Pour le reste, c’est une chance d’habiter là, car on est bien situé, près de l’autoroute et de la gare de Nyon, on a des magasins sur place, comme le Denner et la Migros en face, de nouveaux restaurants. Je n’ai pas le sentiment d’être enfermée dans un espace bétonné», explique cette jeune femme qui travaille à Nyon. Seul point noir, le parcage insuffisant et d’accès compliqué aux commerces donnant sur le front de la route de Signy, lors de l’affluence du samedi. Ce retraité qui déambule dans une allée avec sa petite-fille a lui aussi trouvé une certaine qualité de vie dans ce quartier très cosmopolite, où il a acheté un appartement très bien isolé.

Si certains habitants à la recherche de tranquillité ont fait opposition à l’installation de nouveaux bistrots, notamment d’un café social, de nouvelles enseignes sont apparues à l’intérieur du quartier. «Mais ça démarre gentiment, car nous manquons de visibilité», estime Horacio Moreira, qui a ouvert au bout d’une allée un café-bar et salle de billard unique à Nyon et attend impatiemment que la régie installe sur la grand-route un totem signalant ces nouveaux commerces. Même chose pour le magasin spécialiste en rééquilibrage alimentaire, Natur House, et le restaurant de street food Tigellabella, qui propose une sorte de galette à remplir soi-même de délicatesses italiennes, à manger sur place ou à l’emporter. «Les gens du quartier viennent déjà, ils sont contents d’avoir un deuxième restaurant après celui desTartines, sans compter qu’un troisième, un restaurant italien avec grande terrasse ouvrira bientôt», explique un serveur. (24 heures)

Créé: 20.03.2017, 09h35

La densification du quartier en cause

Retardé durant des années à cause d’oppositions et de recours, notamment des agriculteurs vendeurs des parcelles, le plan de quartier de la Petite-Prairie a été établi il y a presque vingt ans. «Il répond à la densification voulue par le Ville de Nyon, mais plus aux critères d’aujourd’hui. A l’écoquartier d’Eikenott, à Gland, il y a des espaces verts et de la vie entre les bâtiments», estime le pétitionnaire, qui demandait à la Ville d’annuler le permis de construire de la dernière parcelle libre de ce secteur, mise à la vente aux enchères en février dernier au prix exorbitant de 4,7 millions pour 884 m2! La vente a été réalisée, pour un peu plus de 4 millions, mais fait l’objet d’un recours au Tribunal de l’arrondissement de Nyon. «Cette petite parcelle bénéficie d’un droit de construire, en vertu du plan de quartier, auquel la Commune ne peut intervenir. Le but était de créer un front bâti le long de la route de Signy pour tranquilliser le reste du quartier», rappelle Maurice Gay, municipal de l’urbanisme. Et de confirmer que la répartition des droits à bâtir entre la deuxième phase du plan de quartier, dont l’enquête est terminée, et cette petite parcelle, sont liés. La parcelle sera donc construite, mais pas tout de suite.

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