Inspiré par le film «Demain», des citoyens veulent faire bouger Rolle

MouvementUne association fondée par un groupe de quinquas dynamiques veut devenir une force de propositions et d’actions citoyennes.

Véronique Pfeiffer, Emmanuelle Brossard et Francine Séchaud veulent faire bouger Rolle.?

Véronique Pfeiffer, Emmanuelle Brossard et Francine Séchaud veulent faire bouger Rolle.? Image: Philippe Maeder

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«Pour demain, osons changer aujourd’hui.» Le slogan qui figure en tête des flyers distribués ces jours à Rolle résume l’état d’esprit de ses auteurs: enthousiaste et positif. «Comme le film Demain, qui a été le déclencheur de notre démarche», s’empresse de souligner Véronique Pfeiffer, une des instigatrices de ce nouveau groupe citoyen baptisé «Osons changer», justement.

«Ces Anglaises qui ont planté du maïs devant le poste de flics, c’est génial», poursuit-elle en faisant allusion à ces ladies de Todmorden (Yorkshire) qui ont lancé le mouvement Les Incroyables Comestibles en 2008 (potagers en libre-service, qui ont essaimé dans le monde entier). «C’est clairement expliqué dans le film, il y a urgence. On ne peut rester les bras croisés et se contenter de belles paroles. Il faut agir, même avec de petits moyens», ajoute Véronique Pfeiffer. Ainsi, le but unique inscrit dans les statuts de l’association se résume en ces termes: «Diffuser le plus largement possible l’idée qu’un changement est en marche à Rolle.»

La première action du groupe Osons changer date du mois de février dernier. En pleine nuit, quelques dames bien décidées à interpeller la population rolloise ont disséminé 150 paires de chaussures fleuries un peu partout en ville, avec, dans chaque paire de godasses, une petite pancarte sur laquelle on pouvait lire «Le changement est en marche».

«Nous avons voulu mettre un peu de couleur, d’humour et de poésie dans la grisaille de notre Grand-Rue», commente Emmanuelle Brossard, qui regrette que la voirie ait rapidement tout enlevé. Les petits poèmes japonais (haïkus) glissés dans des fourres plastifiées et pendus avec des ficelles en ville quelques semaines après ont connu le même sort. «Mais ce n’est pas grave. On poursuivra nos petites actions sauvages qui n’ont pas d’autre but que de faire sourire et de sensibiliser les gens», complète Véronique Pfeiffer. Et de citer d’autres projets «plus sérieux», comme la monnaie locale ou l’encouragement à l’embauche pour des petits travaux.

Un jardin à cultiver

Les relations avec les autorités rolloises sont au beau fixe. Preuve en est que la Commune a répondu positivement à leur demande d’avoir un petit terrain à cultiver. «Ce groupe est sympa. Nous le considérons avec bienveillance. Il doit juste comprendre que certaines de ses activités peuvent provoquer des désagréments à une partie de la population», déclare la vice-syndique, Françoise Tecon-Hebeisen.

Osons changer dispose de deux petites parcelles côté Genève de la Migros, au lieu dit Les Eaux, où l’on voit déjà pousser des légumes et des fleurs. «Le but est de rassembler les gens autour de ce jardin citoyen ouvert à tous», explique Francine Séchaud. Malheureusement, les tables et chaises récupérées à la déchetterie pour être installées dans cet espace public ont vite disparu et les voisins se sont montrés plutôt réticents. «Nous avons fait l’erreur de ne pas être allées les trouver pour leur expliquer notre démarche. Nous allons les rencontrer, et je suis certaine qu’ils vont comprendre et adhérer au projet», ajoute-t-elle.

L’association, présidée par Monique Pérusset, a d’ailleurs l’intention de toucher un maximum de gens de tout âge et de tout bord, comme les jeunes du Sésame (centre socioculturel), les aînés du groupe Pro Senectute de Rolle, les étrangers, les paroissiens… et quelques hommes de plus au sein même de leur groupe.

Et la politique? «L’association est apolitique, précise encore Véronique Pfeiffer. Cela dit, les politiciens ne peuvent pas tout faire. Les citoyens doivent aussi se responsabiliser et faire des propositions. Ou des oppositions, comme la plupart d’entre nous l’ont fait contre le projet Schenk d’urbanisation. Nous sommes proches du groupe Quel Rolle?» A la forte transition urbanistique de sa cité, Osons changer aimerait proposer une transition plus humaine, plus sociale, moins bétonnée et plus verte, à l’image des «villes en transition» du monde entier, qui sont plus de 2000 à ce jour. (24 heures)

Créé: 14.07.2016, 09h01

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