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St-Cergue

Un jeune homme meurt chez lui: sa mère attaque l’hôpital

Par Fedele Mendicino. Mis à jour le 09.10.2012 7 Commentaires

Le patient succombe deux jours après avoir quitté les Urgences. Sa mère demande 290 000 francs à l’établissement.

Aux yeux du Tribunal de première instance, l’hôpital n’est pas responsable du décès du jeune homme. Sa mère fait appel.

Aux yeux du Tribunal de première instance, l’hôpital n’est pas responsable du décès du jeune homme. Sa mère fait appel.
Image: PASCAL FRAUTSCHI

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Elle a perdu son mari, emporté par un cancer en 1994. Cinq ans plus tard, son fils meurt, seul chez lui, d’une embolie pulmonaire. Il avait 19 ans. Convaincue que les Urgences de l’Hôpital de La Tour, à Genève, ont commis une erreur en renvoyant son enfant le soir même de son admission, cette mère se bat devant les tribunaux depuis treize ans.

Le 29 août, bien qu’ayant reconnu une violation des règles de l’art commise par deux médecins le soir des faits, le Tribunal de première instance (TPI) a estimé qu’on ne pouvait pas pour autant rendre l'hôpital responsable: «Il n’y a pas de vraisemblance prépondérante que ce décès tragique aurait pu être évité si le jeune homme avait été hospitalisé suite à sa consultation en urgence.» Qu’à cela ne tienne, le 28 septembre, la mère saisit la Cour de justice et demande 290 000 francs à l’établissement hospitalier.

A l’époque des faits, le patient, qui vivait à Saint-Cergue, s’apprête à passer sa maturité dans une école privée. Jusqu’à la fin de l’automne 1998, ce robuste Américain, 100 kilos pour 1,83 m, est en bonne santé. Il pratique le judo et apprécie le ski. En décembre, il commence à souffrir d’une toux, d’un essoufflement et d’accélérations cardiaques. Surtout lorsqu’il fait des efforts.

En décembre, il voit deux fois son médecin généraliste, qui lui prescrit des antibiotiques. Après une seconde visite et une radiographie, le médecin, qui ne voit rien d’anormal, l’envoie chez un cardiologue. Le 4 janvier 1999, l’électrocardiogramme donne un résultat «limite» selon le spécialiste, qui ne décèle pas d’anomalie. Mais il lui conseille de passer un ultrason. Un rendez-vous est fixé au 9 janvier.

Mais ce samedi-là, il ne se rend pas à la consultation et préfère chausser les skis. Durant la journée, pourtant, il ne se sent pas bien. Son état empire le lendemain. Un dimanche. Il téléphone à sa mère, musicienne, qui est partie quelques jours aux Etats-Unis. Enseignante dans un collège privé genevois, elle lui conseille d’aller aux Urgences. Ses voisins le conduisent à l’Hôpital de La Tour en fin d’après-midi.

Un médecin assistant, de garde, l’examine. Pouls et tensions corrects. Mais le taux de saturation de l’oxygène dans le sang est insuffisant. Le docteur aurait dû s’en inquiéter, estime le TPI: «Il aurait dû procéder à un prélèvement de sang artériel. (…) La difficulté à respirer est un symptôme important, puisqu’elle résulte souvent d’un trouble cardio-respiratoire.» Aux yeux de la justice, le docteur a donc violé les règles de l’art médical en privilégiant la piste psychique de nature anxiogène, sans pour cela écarter la cause physique. Son supérieur hiérarchique a également mal agi en validant ce diagnostic. Souffrant, le patient rentre chez lui avec une prescription d’anxiolytiques. Le lendemain, il consulte un médecin du village qui ne décèle pas de problème. Mardi après-midi, la jeune mère, qui rentre de voyage, découvre le corps sans vie de son fils dans l’appartement. Aux yeux du TPI, l’expertise ne permet pas de retenir que l’hospitalisation du jeune homme et l’administration d’un anticoagulant auraient permis d’empêcher l’embolie et son décès moins de quarante-huit heures plus tard. Quant à l’organisation du Service d’urgences, elle n’est pas remise en cause par les juges.

L’avocat de l’hôpital, Me Philippe Ducor, considère «qu’il s’agit d’une affaire dramatique», mais préfère s’abstenir «de tout commentaire tant qu’un appel ne peut pas être exclu». (24 heures)

Créé: 09.10.2012, 07h50

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7 Commentaires

Adelle Marthas

09.10.2012, 08:53 Heures
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Quel est le rapport avec le maris mort d'un cancer ? Cette phrase est en premier, et n'apporte rien du tout. C'est pour dramatiser inutilement une situation qui l'est déjà bien assez ? C'est vraiment déplacé on se croirait dans Paris Match ! Répondre


Michel Ritzi

09.10.2012, 10:14 Heures
Signaler un abus 40 Recommandation 18

Au lieu de se rendre à son rendez-vous médical programmé, qui aurait peut-être permis de trouver ce qu'il avait, le gosse a préféré les pistes de ski. En outre j'observe que la famille est américaine donc avec la mentalité "money" qui va avec! Tout est bon pour ouvrir une action en justice! y compris en utilisant les erreurs de l'ado, pour les reporter sur le corps médical! C'est honteux! Répondre



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