La Une | Dimanche 26 mai 2013 | Dernière mise à jour 07:20
250 ans dans la vie des Vaudois

1915: Lausanne olympique

Par Karim Di Matteo . Mis à jour le 09.08.2012 3 Commentaires

Pierre de Coubertin décide seul d’implanter le siège du CIO en terre vaudoise

1/2 Le fondateur du CIO, l'aristocrate français Pierre de Coubertin, aimait pratiquer la rame, notamment dans les eaux du port d'Ouchy, comme ici.
PHOTO ARCHIVES CIO/DR

   

Rétrospective

Cette année là

13 janvier Le tremblement de terre à Avezzano (Italie) fait 30 000 victimes.
Février Les premiers avions armés d’une mitrailleuse équipent une escadrille de chasse britannique.
19 février Opération navale des Alliés aux Dardanelles (Turquie)
19 juin Inauguration du Lausanne-Palace.
5-6 septembre Conférence socialiste et pacifiste de Zimmerwald (BE) avec Lénine.

Le peintre et le sculpteur

Scène de 1915. Ferdinand Hodler (1853-1918) en train de peindre le portrait du général Ulrich Wille à l’Hôtel Bellevue à Berne, en présence du sculpteur August Heer, auteur d’un buste du même général.
22 avril Première utilisation de gaz asphyxiant par les Allemands à Ypres (Belgique). (Image: BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE BERNE)

600

 Soit le nombre d’intellectuels arméniens de Constantinople arrêtés et assassinés le 22 avril 1915. Cette rafle est considérée comme marquant le début du génocide arménien qui fera 1,5 million de victimes jusqu’en juillet 1916, soit les deux tiers de la population arménienne. Lors de la Première Guerre mondiale, le territoire arménien est déchiré entre les Russes et les Turcs. L’Arménie n’obtiendra son indépendance qu’en 1991. La France reconnaîtra officiellement le génocide en 2000, le canton de Vaud le fera en 2005.

kdm

Partager & Commenter

Le plan Hannibal

La France mobilise le 1er août 1914, et, trois jours plus tard, l’Allemagne envahit la Belgique et le Luxembourg. Berlin ressort de ses tiroirs, pour l’occasion, le plan Schlieffen, du nom du commandant de l’armée allemande jusqu’en 1906. Le problème? L’Allemagne est encerclée. Elle doit faire face à la France et à la Russie qu’elle ne peut pas attaquer en même temps. Le but est donc de prendre prestement l’armée française à revers avant de s’occuper des Russes. Ce plan repose sur la rapidité d’action en passant par le Luxembourg et la Belgique avant de pivoter à l’est de Paris pour refouler les troupes françaises dans le Jura et en Suisse.





Image:Bettmann/Corbis

Avec quelques grosses variantes, c’est un plan similaire qui sera repris par Hitler lors de la Seconde Guerre mondiale. Rien d’étonnant au demeurant. Alfred von Schlieffen connaissait ses classiques. Il était fasciné par la célèbre bataille de Cannes en 216 av. J.-C. Hannibal le Carthaginois réussit une manœuvre d’encerclement parfaite dans la région des Pouilles, qui aboutit à la destruction des légions romaines. Cette stratégie, les Allemands l’avaient déjà appliquée à Sedan durant la guerre de 1870 contre la France. Le doute n’était pas permis. En 1914, la guerre sur le front ouest sera courte. Grâce au plan Schlieffen, grâce à Hannibal. Mais cette stratégie ne réussit pas comme prévu, en raison de problèmes de liaison, de logistique et de coordination. La guerre en 1914 aurait dû être une guerre de mouvement, elle devient, dès 1915, une guerre de position où chaque mètre conquis demande des sacrifices humains insensés. Un plan qui déraille, et c’est la boucherie à Verdun, à la bataille de la Somme, au Chemin des Dames.

Philippe Dumartheray

Pierre de Coubertin l’admet sans rougir: en avril 1915, il réalise un «petit coup d’Etat salutaire» en installant le siège du Comité international olympique à Lausanne. Il sait que ses collègues du CIO s’y opposeront s’il leur demande leur avis. En France notamment, ses détracteurs sont nombreux. «Je décidai de passer outre aux objections», argumente-t-il en autocrate assumé.

Le contexte de guerre est le prétexte idéal pour nouer en catimini des contacts informels avec les autorités. Pour entériner le tout, une petite cérémonie se tient le 10 avril 1915, de 11 h 05 à 11 h 25, dans la salle de la Municipalité, avec le syndic Paul Maillefer. Ce dernier prend acte de l’établissement du siège de l’organisation et du dépôt de ses archives à Lausanne.

Le secrétariat se résume au domicile de Pierre de Coubertin, qui loge dans des hôtels, notamment au Beau-Séjour. Quant auxdites archives, transférées de son domicile parisien, elles transitent dès septembre par le château de Grandson, où son ami Godefroy de Blonay a repris ses quartiers sur sa terre natale, après des années passées dans la Ville Lumière.

Amoureux du canton de Vaud

Le coup d’Etat de Coubertin s’avère même plus prémédité qu’il n’y paraît. «Dès 1907, expliquera-t-il, il avait été prévu que ce pays deviendrait le foyer central de notre activité internationale.»

C’est l’époque où il tombe amoureux du canton de Vaud grâce au même Godefroy de Blonay. Rapidement, il y dessine les contours de son rêve: un arc lémanique érigé en haut lieu de l’olympisme, une région qu’il considère comme «un jardin d’essai des nations civilisées, l’achèvement de la politique le plus parfait qu’ait réalisé l’humanité». Les idées foisonnent dans son esprit. A peine la manœuvre du siège a-t-elle abouti que Coubertin réclame déjà des locaux à la commune pour son projet d’Institut Olympique de Lausanne (IOL). De quoi s’agit-il? D’une version revisitée du collège grec antique, savant mélange d’éducation culturelle, scientifique et physique, ouvert à tous. Le sport devient instrument pédagogique.

Pour ce faire, la Municipalité lui propose le Casino de Montbenon, inauguré en 1909, en faillite trois ans plus tard et repris par la Commune. Cours et conférences démarrent au printemps 1917. Coubertin n’obtient toutefois pas la bâtisse en entier. Visiblement, l’enthousiasme municipal ne déborde pas.

Face à cette tiédeur, Pierre de Coubertin encourage la constitution d’un «lobby olympique» qui prend la forme, en juillet 1917, de la Société Lausannoise des Amis de l’Olympisme. A elle «d’organiser une propagande efficace en vue de préparer l’édification de l’Olympie moderne». Sa ferveur se révèle toutefois peu communicative et, en dépit de ses efforts, la popularité de l’institut décroît progressivement, malgré de bons débuts.

Le Mont-Olympe-sur-Lausanne

Coubertin a cependant plus d’un rêve dans son sac. En 1918, il imagine à Dorigny, par l’entremise de l’architecte Alphonse Laverrière, un vaste site abritant des installations sportives, un musée, une bibliothèque, des habitations et des hôtels. Sur les plans, le stade s’érige dans le périmètre de l’actuelle bibliothèque universitaire. Un débarcadère CGN, un terrain d’aviation et une digue pour hydravions sont prévus, sans oublier un tramway venant de la ville. Folie des grandeurs…

Mais, avec la fin de la guerre, le marasme économique, l’épidémie de grippe et une certaine agitation sociale, les Lausannois n’y croient plus. L’ère des utopies coubertiennes marque ainsi le pas en terres vaudoises. Mais celle, beaucoup plus pragmatique, de l’organisation des Jeux olympiques modernes peut débuter.

Source: Les relations de Lausanne et du mouvement olympique à l’époque de Pierre de Coubertin, 1894-1939, Christian Gilliéron, Lausanne, Comité international olympique, 1993. (24 heures)

Créé: 09.08.2012, 19h33

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

3 Commentaires

Jean-François Chappuis

10.08.2012, 10:59 Heures
Signaler un abus 3 Recommandation 0

Le Baron Pierre de Coubertin était un visionnaire en choisissant Lausanne, c'est une chance inouïe pour la ville de bénéficier de cette carte de visite, qui a fait connaître Lausanne sur les cinq continents ainsi que dans tous les pays du Monde.Les retombées touristiques et économiques ne sont pas négligeables, presque toutes les fédérations sportives internationales ont leur siège dans le canton. Répondre


Paolo Montemarani

10.08.2012, 00:55 Heures
Signaler un abus 1 Recommandation 0

Tout simplement génial!!! Répondre



Rencontre serieuse

publicité
  • [Alt-Text]

Portail annuaire/services

Commerce

Sondage

Les enfants de sans-papiers ont-ils le droit d'aller à l'école comme les autres?




Bébé

Supplément partenaire

Service clients

Contact
  • Abonnement et renseignements
    Nous contacter lu-ve 7h30-12h / 13h30-17h
    Tél. 0842 824 124, Fax 021 349 31 69
    Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
    Adresse postale:
    Service clients CP 585 - 1001 Lausanne

Sondage

Vous arrive-t-il encore de chanter?






Le monde des saveurs

Découvrez vins, spiritueux, cigares et bien plus encore!

ABONNEMENTS MOBILE

Grâce à notre outil comparatif indépendant, nous vous aidons à trouver l’abonnement optimal pour votre téléphone portable.

Programme TV

Accédez au programme TV

Club Voyage

Découvrez le programme 2012

Paiement pas SMS

Payez par SMS!

Applications mobile

24heures partout, avec vous