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Nuits violentes

«A Lausanne, on a atteint un point de rupture»

Par Justin Favrod, Philippe Maspoli. Mis à jour le 07.06.2012 83 Commentaires

La conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro met la pression sur la capitale, qui doit renforcer sa police ou payer.

Jacqueline de Quattro veut que les polices régionales créent 112 nouveaux postes.

Jacqueline de Quattro veut que les polices régionales créent 112 nouveaux postes.
Image: ?CHRIS BLASER

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Il manque 206 policiers dans le canton

L’Etat a déjà annoncé qu’il allait engager 94 policiers supplémentaires dans les cinq ans à venir. Les neuf polices communales et intercommu-nales sont sommées également de renforcer leurs effectifs dans le même délai. De 112 postes.

Les négociations sont achevées et les contrats attendent d’être signés par les autorités communales concernées.
Les communes dotées d’un corps de police ont jusqu’au 30 juin pour s’engager à augmenter les effectifs, en vue de l’accréditation définitive.

Une étude effectuée par l’Université de Lausanne a évalué à 150 postes le manque de policiers locaux. Lausanne doit ainsi promettre d’engager non pas 30?personnes comme elle l’a décidé, mais bien 60 policiers supplémentaires.

Au sein de la Municipalité, qui a de gros soucis financiers, des dents grincent. «Cette augmentation est nécessaire pour que la situation lausannoise s’améliore, estime Jacqueline de Quattro; il n’y a aujourd’hui pas assez de patrouilles».

Si la capitale refuse d’entrer en matière, la conseillère d’Etat n’entend pas refuser l’accréditation de la police communale, en tout cas pas dans l’immédiat. Cela provoquerait en effet un vrai séisme politique. «Mais si Lausanne ne remplit pas durablement les critères d’accréditation, le canton pourra lui facturer les interventions de la police cantonale sur le territoire communal». Un avertissement de la magistrate radicale qui pourrait faire réfléchir la Municipalité.

Il reste qu’entre les besoins cantonaux et communaux, il faudra non seulement trouver de quoi remplacer les départs naturels, mais dénicher encore ces nouveaux policiers. Est-ce seulement possible? «L’école de police de Savatan est en plein développement, répond Jacqueline de Quattro. On y arrivera.»

Les nuits lausannoises se transforment régulièrement en enfer pour les policiers qui tentent d’y maintenir l’ordre. Ils ont même utilisé, le 13 mai, des balles de caoutchouc pour disperser une foule hostile et alcoolisée. Les gendarmes vaudois sont venus épauler leurs collègues communaux. Jacqueline de Quattro, cheffe du Département de la sécurité, livre son diagnostic et ses remèdes.

-Est-il normal que la police de Lausanne fasse appel aux gendarmes et aux voisins?

-La police coordonnée, qui a démarré au début de cette année, instaure la collaboration et le soutien réciproque des corps de police. Le Conseil cantonal de sécurité, que je préside, fixe les objectifs politiques et un plan d’action pour les années à venir. La lutte contre la violence urbaine, les cambriolages ou les dealers font partie de nos priorités. Sur le plan opérationnel, il existe également une direction unifiée. Cela permet de repartir les forces selon les besoins et de planifier des interventions communes. On verra plus souvent des gendarmes à Lausanne et peut-être même des patrouilles mixtes - polices cantonale et communale. L’appui des corps voisins est aussi possible désormais.

-Les moyens des autres corps sont-ils suffisants pour cela?

-Les polices municipales et intercommunales doivent impérativement disposer d’effectifs suffisants pour être accréditées. Lausanne a déjà annoncé 30 policiers supplémentaires, or il lui en faut 60. Nous attendons sa réponse avant le 30 juin (lire ci-dessous).

-Vous reprochez donc à Lausanne de ne pas avoir anticipé les difficultés la nuit?

-Je peux difficilement critiquer la capitale pour n’avoir pas augmenté ses effectifs assez rapidement; le canton a aussi mis du temps pour renforcer sa propre police! Les contraintes financières sont lourdes.

-Avec une police unique, le maintien de l’ordre n’aurait-il pas été plus simple?

-Non, la police coordonnée se met en place et trouve ses marques. La police de proximité est précieuse. Les polices communales et régionales ont une bonne connaissance de leur territoire, de leur population et des zones à risque.

-Mais on a parlé de fusionner les centrales 117, ainsi que les polices judiciaires de Lausanne et du canton?

-Je rappelle que le peuple a refusé en votation la police unique. Ce serait violer la volonté populaire que de la réintroduire par la fenêtre.

-Le Conseil cantonal de sécurité s’est-il penché sur la question des villes la nuit?

-Bien sûr. Si on veut avoir une ville attractive, une ville qui vit la nuit, il faut la gérer. A Lausanne, on a atteint un point de rupture. Il y a bientôt plus d’inconvénients que d’avantages. La multiplicité de l’offre n’est pas un gage de qualité. Et il y a des habitants qui aspirent à un peu de repos la nuit et le week-end…

-Que propose ce Conseil?

-Il n’y a pas de solution miracle, mais on envisage différentes mesures. Par exemple, il vaudrait mieux que les établissements ne ferment pas tous à la même heure. Cela permet d’échelonner la sortie des fêtards. Je suis aussi favorable à ce que les établissements arrêtent de servir de l’alcool une heure avant la fermeture. Le municipal lausannois Marc Vuilleumier a raison d’engager des discussions avec les clubs. Leur participation au débat est indispensable si nous voulons trouver des solutions.

-A quoi de tels pourparlers peuvent-ils aboutir?

-Les responsables des établissements doivent aussi participer à la gestion de la fête après la fête. En outre, ils peuvent se coordonner pour éviter que deux événements rassemblant des publics antagonistes aient lieu en même temps dans un périmètre restreint.

Les nuits n’ont-elles pas été agitées de tout temps?

Il y a aujourd’hui de nombreuses possibilités de faire la fête, surtout à Lausanne. Et il y a un changement de comportement chez une partie des jeunes. Leur rapport à l’alcool s’est modifié. Aujourd’hui, certains commencent par s’enivrer avant de faire la fête. Et les alcools forts sont trop accessibles. Leurs prix ont fortement chuté. (24 heures)

Créé: 07.06.2012, 22h55

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83 Commentaires

Vox populi

07.06.2012, 23:07 Heures
Signaler un abus 40 Recommandation 0

Vous allez parler de ces deux bagarres encore longtemps? Supprimez cette stupidité d'heure blanche, mettez des bus aux bonnes heures (càd pas deux heures après la fermeture de tout) et un peu plus de présence policière et on en parle plus. Il y a des sujets bien plus sérieux et graves qui mériteraient plus d'attention que ce faux problème hyper-médiatisé et populiste. Répondre


Mike Le Jars

08.06.2012, 06:56 Heures
Signaler un abus 33 Recommandation 0

Moi je croyais qu'il y avait une loi qui interdisait de servir de l'alcool à un client en état d'ébriété. De ce fait les boites et autres night-clubs sont en infraction et donc responsables. Répondre



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