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LAUSANNE

Braquée devant chez elle pour son bolide

Par Laurent Antonoff. Mis à jour le 30.12.2011 3 Commentaires

Devant chez elle et en plein jour, une jeune retraitée a été menacée par un inconnu qui en voulait à sa puissante voiture. La même qui, en avril dernier, forçait un barrage de police sur l’A1. Terrorisée, elle témoigne. Publié le 4 août 2010.

C’est en rentrant chez elle, à midi, après avoir garé son bolide, que cette jeune retraitée a été agressée par un inconnu qui en voulait à son Audi.

CHRIS BLASER

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Nathalie* conduit une Audi RS4 de 420 chevaux. «J’ai appris à l’aimer et à la conduire sans excès. C’est un vrai plaisir», précise-t-elle. Mais la pimpante sexagénaire des hauts de Lausanne va devoir s’en séparer. «Il en va de ma sécurité.» Car Nathalie sait aujourd’hui que son attrait pour ce bolide (facturé environ 100 000 francs) est partagé… par les voleurs de voitures. C’est d’ailleurs ce même modèle qui, en avril dernier, forçait un barrage de police sur l’A1 alors que le passager français tombait sous les balles d’un policier. «Je me souviens d’un reportage à la télévision. Les amis de la victime disaient qu’ils allaient revenir voler des voitures en Suisse, et que cette fois-ci, ils seraient armés. Je crois bien que j’ai été leur première victime.»

«Les clés de ta voiture!»

Le calvaire de Nathalie s’est déroulé il y a quelques semaines. Elle n’arrive à en parler qu’aujourd’hui. Et encore. «Je suis morte de peur, terrorisée.» Le home-jacking a eu lieu un mardi. Sur le coup de midi. La jeune retraitée rentre chez elle après avoir fait les courses. Un quartier de villas cossues des hauts de Lausanne. La sienne, plus isolée que les autres, s’élève en bordure de forêt. Quittant son véhicule, Nathalie aperçoit un inconnu. «Un Africain très bien habillé. Nous nous sommes croisés. Il ne m’a pas saluée ni regardée. J’ai simplement remarqué une cicatrice sur sa lèvre supérieure.» Alors qu’elle s’apprête à ouvrir la porte de sa maison, l’inconnu surgit de nulle part, le visage recouvert d’un foulard. Sa veste posée sur son avant-bras dissimulant sa main droite, il la met en joue. Cachait-il un couteau? Une arme de poing? Un simple paquet de cigarettes? «Les clés de ta voiture!» ordonne-t-il.

Nathalie ne se laisse pas impressionner. Elle fait mine de fouiller dans son sac à main. Elle dit qu’elle ne trouve pas ses clés. Le braqueur voulant s’emparer du porte-monnaie qu’il aperçoit, Nathalie profite de cette diversion pour s’enfuir en courant. «J’ai appelé au secours. Mon voisin est arrivé avec son taille-haie. Le voleur a chuté. Il a laissé tomber mon porte-monnaie avant de disparaître en contrebas et de s’engouffrer dans la forêt.»

La police échaudée depuis le drame de l’A1

Quand elle arrive sur place, la police commence par annoncer une mauvaise nouvelle: elle ne pourra pas faire appel au flair du chien policier, un des maîtres chien étant en formation, l’autre en vacances. «Ils font ce qu’ils peuvent avec les moyens qu’on leur donne», estime Nathalie. L’inconnu ne sera jamais retrouvé. Les policiers poursuivent par ce conseil: quand un voleur exige, sous la menace d’une arme ou non, un porte-monnaie ou les clés d’une voiture, mieux vaut les leur donner sans faire d’histoires. «C’est mon sang-froid qui m’a permis de garder mes biens. J’ai demandé aux policiers ce qu’ils auraient fait si cet homme s’était enfui avec ma voiture. Ils m’ont répondu qu’après le drame de l’A1, ils ne poursuivaient plus les voitures volées et qu’il y avait de toute façon trop d’endroits où les voleurs pouvaient s’échapper.» Autres conseils dispensés par les forces de l’ordre: verrouiller les portes de l’Audi quand Nathalie roule en ville de Lausanne… et acheter au plus vite un spray au poivre. «C’est fait. Je l’ai acheté.»

Très choquée d’avoir été braquée chez elle, ne voulant pas risquer sa vie pour une voiture, Nathalie va la revendre. Ce qui la met hors d’elle, c’est d’y avoir été contrainte, dans un Etat de droit comme la Suisse, son pays. «Le plus dur, c’est de s’habituer à vivre avec la peur chaque fois que je rentre chez moi. Je refuse que ma vie change. Je refuse que ce qui m’est arrivé affecte ma santé. Je refuse que le mal triomphe du bien. Mais quel autre choix s’offre à moi? Et que font les politiques pour assurer ma sécurité?» Si elle témoigne aujourd’hui, c’est parce qu’elle estime que «dans un Etat démocratique, il est important de s’engager». Elle attend des autorités qu’elles en fassent autant.

* Nom connu de la rédaction (24 heures)

Créé: 28.12.2011, 19h17

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3 Commentaires

abasleprofit .con

05.01.2012, 13:33 Heures
Signaler un abus 1 Recommandation 0

c'est le risque d'avoir une voiture qui vaut 50 000 fr, quand dans ce monde, certains gagnent 1$ par jour! Répondre


Tom Sawyer

04.01.2012, 09:27 Heures
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Pff, de toute façon la police ne peut plus rien faire: que ce soit de poursuivre des voleurs, des aggresseurs ou de nettoyer la ville des dealers et des gitans.
Est-ce normal de laisser plus de droit à un malfrat qu'à un policier?
Trouve-t-on normal, par exemple. de ne pas pouvoir arrêter un dealer de drogue qui va finir par détruire la vie de quelqu'un par ses produits?
Répondre



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