Cas d’abus policiers mis sur la table à gauche

LausanneQuatorze témoignages de mauvaises pratiques ont été recueillis en trois mois. Ils ne prouvent rien mais serviront le débat.

L'idée d'un reçu délivré à chaque interpellation policière devrait être relancée prochainement. solidaritéS demande aussi la création d'une instance indépendante de dépôt de plainte.

L'idée d'un reçu délivré à chaque interpellation policière devrait être relancée prochainement. solidaritéS demande aussi la création d'une instance indépendante de dépôt de plainte. Image: SAMUEL FROMHOLD

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Le formulaire avait été lancé au cœur de l’automne par Ensemble à Gauche. Une fiche succincte pour recueillir des témoignages de mauvaises pratiques policières alors que l’arrestation musclée d’un jeune Capverdien, confondu avec un dealer, venait de faire des vagues à Lausanne.

Trois mois plus tard, une quinzaine de formulaires ont été recensés. La plupart pointent des contrôles au faciès, mais certains font également état de menaces, d’insultes ou de violences physiques. Enfin, deux d’entre eux dénoncent la ponction de petites sommes d’argent. Face à ce premier recensement, Pierre Conscience, conseiller communal lausannois et secrétaire cantonal de SolidaritéS Vaud, évite les conclusions hâtives et préfère évoquer «le thermomètre d’un sentiment avéré dans la société».

«La valeur juridique est relativement faible dans la mesure où ces témoignages ne constituent pas des preuves solides, faute de données précises, admet l’élu. En général, une personne subissant une mauvaise pratique policière n’a pas anticipé et n’est donc pas en mesure d’avoir les «bons réflexes», comme relever le nom et le matricule de l’agent, noter précisément l’heure, le lieu et le déroulement des faits ou encore déposer une plainte dans les temps.»

Pour autant, la Municipalité prend les choses au sérieux. Pierre-Antoine Hildbrand, en charge de la Police, n’a pas été directement confronté aux témoignages en question mais se dit prêt au dialogue. «Je n’ai pas peur de la vérité. Si quelqu’un a des choses à dire, je souhaite le savoir. Je m’engage même à répondre à tous les formulaires qui me parviennent, indique-t-il. Les gens n’ont rien à craindre de la police. Ils ont le droit de se plaindre mais je ne comprends pas, au-delà de ses motivations politiques, comment cette démarche va améliorer les choses.»

Les initiateurs l’admettent, l’impact ne peut être immédiat et ces témoignages doivent plutôt servir de substrat pour les débats à venir. Pierre Conscience en évoquera certains pour appuyer son postulat, déposé à l’automne au Conseil communal, pour l’instauration d’une instance indépendante de dépôt de plainte. Une idée qui hérisse Pierre-Antoine Hildbrand: «C’est un couteau sans lame et auquel il manque le manche. Il s’agit de gesticulation politique sans vraie solution et d’une remise en cause incroyable du métier et des tâches de police.»

Ensemble à Gauche y voit plutôt un moyen de clarifier les pratiques et n’entend pas s’arrêter là. L’idée d’un reçu délivré à chaque interpellation policière devrait être relancée prochainement. «Cela permettrait de répondre, chiffres et statistiques à l’appui, aux méfiances relatives aux problèmes de contrôles au faciès et d’abus policiers, avance le conseiller communal. Actuellement, la difficulté à exploiter ce genre de dénonciations révèle les lacunes d’un système.»

Et de citer l’exemple du jeune Capverdien, molesté en novembre et qui accuse les policiers d’avoir œuvré pour le dissuader de porter plainte. Avant de conclure: «La Municipalité défend qu’il n’y a pas de problème structurel de pratiques discriminantes au sein de la police. Soit, mais qu’elle nous donne alors les moyens d’appuyer son propos. Nos deux propositions sont là pour ça.»

(24 heures)

Créé: 13.02.2017, 07h30

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