Geeks et gamers ont trouvé un sanctuaire à Lausanne

BistrotSeul bar suisse dédié aux jeux vidéos, le Qwertz parie sur le succès croissant du sport électronique.

Un soir de week-end au Qwertz, à la rue de la Grotte, où se retrouvent les gamers lausannois.

Un soir de week-end au Qwertz, à la rue de la Grotte, où se retrouvent les gamers lausannois. Image: PHILIPPE MAEDER

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On peut y aller pour boire un verre, pour rencontrer des amis ou, parfois, pour assister à un concert. Normal pour un bar lausannois. Mais au Qwertz, en face du Conservatoire, ne vous attendez pas à suivre un match de la Champions League. Ici, les deux écrans télévisés diffusent en streaming des parties de jeux vidéo. Normal pour un e-sport bar, le seul café de Suisse dédié au sport électronique, la pratique de jeux vidéo compétitifs.

Nicolas Giller a lancé le Qwertz il y a un an et demi. C’est après avoir découvert le concept au Melt­down – un bar parisien de e-sport qui compte déjà plusieurs franchises en France, en Angleterre et en Belgique – que ce diplômé de l’Ecole hôtelière, fan du jeu Star Craft 2, a lui aussi décidé de miser sur l’engouement mondial que suscite le sport électronique. Il donne un exemple: «L’an dernier, la finale du championnat du jeu League of Legends, qui opposait deux équipes installées dans un stade de foot comble à Séoul, a été suivie sur Internet par 32 millions de personnes.» Une soixantaine d’entre elles se trouvait au Qwertz.

Ce jeudi, vers 21 h, ils sont une vingtaine à boire des bières, à discuter, à jouer à Netrunner, des cartes à collectionner. A l’écran, des parties de League of Legends ou de Hearthstone, parmi les jeux les plus populaires du moment, n’attirent ce soir que peu d’attention. «L’intérêt dépend des compétitions», explique Nicolas Giller.

Le cadre geek reflète l’esprit des lieux. Dans la vitrine, une réplique du monstre du film Alien. Une rangée de mangas, des BD, des masques de la Guerre des étoiles, une peluche du personnage de dessin animé japonais Pikachu complètent le décor. Rayon boissons, les shots servis dans des petites fioles rappellent celles utilisées dans certains jeux vidéo pour raviver un personnage. Au Qwertz – les six premières touches du clavier suisse – tout pourra prochainement se payer en bitcoins, la monnaie virtuelle.

Un étage plus bas, la cave a été emménagée en salon de jeux vidéo, avec des PC et des consoles en libre accès. Eclairés par un gros néon bleu, trois gamers font une partie sur une Nintendo 64, tandis que les membres d’une association de jeux de rôle tiennent leur assemblée.

«Dans la norme»
Adeptes de jeux vidéo, mais aussi de jeux de cartes, de plateau, de rôle, le café ratisse large parmi les joueurs lausannois. «C’est le seul endroit où on est bien vus, dans la norme, lance Sébastien, informaticien de 26 ans. Ça manquait à Lausanne. Ici, ceux qui passent leurs nuits devant un écran peuvent sociabiliser.» Un point faible toutefois: «Ce n’est pas vraiment le meilleur endroit pour pecho des filles», dit-il. Damien Saunier, client habituel devenu serveur, décrit, lui, un bar «où l’on peut parler avec tout le monde. Et pouvoir faire une partie de temps en temps, c’est chouette!»

Le Qwertz a trouvé ses habitués. Mais il peine encore financièrement. «Après un an et demi, ce n’est pas gagné, confie Nicolas Giller.» Signe encourageant, cependant, le gérant fait état d’une augmentation régulière de la fréquentation. «La marge de progression est encore assez grande.» (24 heures)

Créé: 01.03.2015, 12h55

Un phénomène mondial

Le sport électronique ne cesse de gagner en popularité depuis quelques années, au-delà même de la nation reine de la discipline, la Corée du Sud. Comme pour d’autres sports, les cyberathlètes professionnels, réunis au sein d’équipes, s’entraînent de longues heures afin de se qualifier pour les finales de compétitions. Les plus importantes, dont les dotations dépassent désormais le million de francs, remplissent des stades, tandis que des millions de fans suivent ces matches en direct sur Internet et à la télévision.

La société SuperData Research estime que 70 millions de personnes regardent du e-sport en ligne ou à la télévision. Ce secteur lucratif n’a pas échappé au géant de l’e-commerce Amazon, qui a racheté pour 920 millions de francs la société de streaming de jeux vidéo Twitch.

Qu’en est-il de la pratique du e-sport en Suisse? «Il y a des équipes, comme mYinsanity, E-Corp, Romandy Gaming et Red Instinct, mais peu de joueurs peuvent en vivre, explique le patron du Qwertz, Nicolas Giller. Mais ça commence à se développer.»

Des associations se sont constituées pour promouvoir le sport électronique en Suisse telle que la Fédération suisse d’e-Sports ou Wesports.

Infos

Qwertz
rue de la Grotte 3
021 312 36 44
//qwertz.gg

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