Or noir
Le commerce du pétrole et du gaz iraniens transite par Pully
Par Justin Favrod, En collaboration avec le Tages-Anzeiger. . Mis à jour le 22.02.2012 12 Commentaires
L’arc lémanique centre de négoce
Philippe Cordonier, de l’Union Pétrolière, ne connaît pas l’entreprise NICO de Pully, mais il n’est pas surpris de voir une entreprise de trading de pétrole sur notre sol: «Historiquement, Genève est le centre du commerce international du pétrole, probablement grâce à la place bancaire», et, vu d’Iran, Pully c’est Genève…
De fait, dans la région lémanique se négocie environ un tiers des volumes mondiaux de pétrole. Il reste que le SECO, se conformant aux décisions du Conseil de sécurité de l’ONU, a interdit en janvier 2011 «d’octroyer des prêts et des crédits dans le domaine du pétrole et du gaz» aux entreprises iraniennes. En outre, les transferts d’argent sont réglementés. Ces sanctions appliquées par la Suisse doivent compliquer singulièrement les activités de NICO.
L’entreprise a pignon sur rue à Pully. Elle est dans le viseur des autorités américaines. Elle sait pourtant rester discrète. Pas de chance: elle vient de faire l’objet d’un long article de l’agence de presse Reuters. La Naftiran Intertrade Company (NICO) est très proche du gouvernement iranien puisqu’elle émane de la compagnie nationale iranienne du pétrole. NICO s’occupe en particulier de commercialiser le gaz et le pétrole iraniens. Elle collabore avec des compagnies pétrolières. Et possède un double ancrage: elle avait un siège sur l’île de Jersey, en Grande-Bretagne, et l’autre, depuis 2003, à Pully.
Transfert en Malaisie
L’embargo européen menace-t-il l’avenir de NICO sur les bords du Léman et celui de sa quarantaine de collaborateurs? En raison du programme nucléaire iranien, les tensions entre l’Union européenne et la République islamique sont vives. Elles ont, d’ailleurs, obligé NICO à déménager officiellement de Jersey en Malaisie, le mois dernier. Et Pully? L’entreprise n’a pas répondu hier à nos questions.
Pour l’heure, la Suisse n’a pas rejoint la position de l’Union européenne, qui a décidé le mois dernier un embargo sur le pétrole iranien. Celui-ci sera effectif dès le 1er juillet. Le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) se borne, quant à lui, à relever que le Conseil fédéral ne s’est pas encore prononcé sur la question. Et la représentation de l’Union européenne (UE) à Berne relève que «l’UE n’a fait aucune demande formelle à la Suisse». La Confédération s’aligne souvent sur la politique étrangère de l’UE, mais le cas iranien est particulier.
Une particularité expliquée par le professeur émérite de l’Université de Genève, Mohammad-Reza Djalili, spécialiste des questions géopolitiques au Moyen-Orient: «La Suisse ne devrait pas appliquer rapidement les sanctions de l’Union européenne et les Etats-Unis ne devraient pas faire trop pression. Depuis trente-trois?ans, la Suisse représente les intérêts américains à Téhéran, à la satisfaction de Washington. Pour l’instant, l’Amérique n’a pas intérêt à une rupture entre la Suisse et l’Iran.» D’autant plus que la société ne vend pas de pétrole à la Suisse. Philippe Cordonier, représentant romand de l’Union Pétrolière, confirme: «Les raffineries suisses n’importent pas de pétrole de ce pays. Une décision de boycotter le brut iranien serait donc purement politique.»
Du côté du canton, on remarque que la Confédération a publié en 2011 une liste de sociétés iraniennes avec lesquelles il y a des restrictions commerciales, conformément aux résolutions de l’ONU. NICO n’en fait pas partie. Le chef du Service vaudois de la promotion économique, Lionel Eperon, précise: «La société NICO n’a reçu aucun soutien de mon service ou du Développement économique vaudois.» Le chef du Département de l’économie, Philippe Leuba, précise: «Nous calquons notre politique sur celle du SECO.» C’est donc Berne qui va donner le ton. Et peut-être décider de l’avenir de NICO. (24 heures)
Créé: 22.02.2012, 22h30
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12 Commentaires
C'est pas moi, c'est l'autre. Difficile d'assumer des responsabilités en politique, surtout quand cela commence à sentir .. mauvais ? N'est ce pas le moment que nos autorités nous dévoilent toutes ces sociétés sécrètes sur VD GE qui créent tant d'emplois (pas pour les Suisses), qui ne paient quasiment pas d'impôts parceque en fait personne sait ce qu'elles font et qui les dirigent ? Après Vale.... Répondre
@Ted Demore, au sujet du commentaire de "c'est moi"...Vous procédez à une conclusion hâtive et accusatrice. Vous avez sûrement construit votre ordinateur vous-même...en ce qui me concerne, j'utilise un PC pour lequel les circuits imprimés ont été confectionnés en Chine, par des gens exploités, et dont le plastique est issu de l'industrie pétrochimique. Du sang sur les mains......vous dites? Répondre


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