Santé
L’hypnose au secours des enfants qui ont mal
Par Marie Nicollier. Mis à jour le 15.04.2012 3 Commentaires
«Le ballon magique monte haut, très haut dans le ciel et atterrit sur l’île de la petite souris.» Les yeux dans les yeux, Patricia Fahrni-Nater murmure à l’oreille de Mathilde, 7?ans. Le doudou de la fillette monte et descend sur son ventre, au rythme de sa respiration. De l’autre côté du lit d’hôpital, une infirmière pose une voie veineuse. Une piqûre très douloureuse que Mathilde endure calmement, captivée par les aventures de la courageuse souris.
«C’est pourtant un soin qu’elle appréhende énormément, chuchote sa maman. C’est terrible de voir son enfant crier et pleurer à chaque fois qu’il se fait piquer. Depuis que Mathilde pratique l’hypnose, nous arrivons sereins à l’hôpital. Dès que «son» infirmière est là, ses angoisses disparaissent. C’est incroyable.» Plus que la douleur elle-même, la peur d’avoir mal s’est envolée.
Une technique rodée
Depuis le mois de janvier, deux infirmières formées aux techniques hypnotiques soulagent les malades à l’étage de pédiatrie du CHUV, dont Patricia Fahrni-Nater. Une hypnose médicale
Une dizaine d’enfants de 8 à 16?ans astreints à des soins douloureux et réguliers profitent d’ores et déjà de la technique. Mathilde, qui se bat contre une leucémie depuis 2008, a immédiatement adhéré. «Ça a marché dès la première fois, sourit sa maman. Il faut dire qu’elle adore les histoires.»
Des contes sur mesure
Au point que les aventures de princesses et de licornes ont remplacé l’anesthésie, de rigueur pour les injections intrathécales. «J’ai l’impression que tout s’endort et qu’on va dans un autre monde, explique timidement Mathilde. J’aime bien ce sentiment que personne n’existe, que je suis seule avec Patricia. Je ferme parfois les yeux mais je ne dors pas et je peux parler. C’est bizarre. Et bien en même temps.»
Contrairement au ballon de l’histoire de Mathilde, la technique n’est pas magique, ni infaillible. La clé du succès réside avant tout dans la connaissance de l’enfant et de ses goûts, quitte à le visiter chez lui. L’infirmière doit ensuite faire preuve d’une imagination débordante pour raconter à la carte, selon l’âge et les demandes, des histoires de fées ou de foot intégrant les gestes médicaux du jour. «Si je parle d’un ours, je m’arrange pour qu’il soit mouillé lorsque l’enfant sent un liquide sur son corps, explique Patricia Fahrni-Nater. J’essaie aussi d’introduire l’idée d’épreuve. Les personnages rencontrent des difficultés mais elles ont toujours une utilité. Et à la fin de l’histoire, ils sortent vainqueurs.»
La demande explose
La Fondation Planètes Enfants Malades
Créé: 15.04.2012, 22h05
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La rédaction
3 Commentaires
BEN JE TROUVE cela superbe que l on trouve des gens avec un talent pareil, pour faire occuper l 'esprit ailleur en attendant des soins pas trop agréables a supporter. La science fait des miracles, tant mieux si cela soulage les patients. Répondre
Très beau reportage, merci ! Répondre
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