Malaise
La police lausannoise prise dans la tourmente politique
Par Philippe Maspoli, Laurent Antonoff. Mis à jour le 21.08.2012 49 Commentaires
Dossiers
Le commandant Pierre-Alain Raemy met en avant la charge de travail de?plus en plus lourde. (Image: ODILE MEYLAN)
Des élus critiques et perplexes
Lausanne a mal à sa police. Pour l’ensemble de la?classe politique, ce constat ne fait pas le moindre doute. En revanche, le diagnostic précis et surtout les remèdes annoncent de chauds débats cet automne. De nombreuses interventions sont promises pour le prochain Conseil communal, le 11 septembre. Cela ne suffira certainement pas aux élus pour y voir plus clair.
Tous reconnaissent une crise dans le?corps de police, mais rares sont ceux à pouvoir l’expliquer avec précision, au-delà d’un sous-effectif largement admis. «La difficulté est d’avoir des informations auprès de fonctionnaires qui craignent de critiquer leur hiérarchie, souligne le libéral-radical Mathieu Blanc. Toutes les troupes ne suivent vraisemblablement plus le commandant Pierre-Alain Raemy.»
Une guerre des clans serait en train de couver, selon plusieurs conseillers communaux. Pour l’UDC Claude-Alain Voiblet, l’«obsession de l’éthique» du commandant complique la tâche de ses hommes. «Les policiers hésitent désormais à?intervenir.»
Criminologue et présidente du Parti socialiste lausannois, Rebecca Ruiz admet que mettre en avant la déontologie ne devrait plus être l’unique discours de la direction de la police lausannoise. «La question des conditions de travail doit devenir centrale. Le?projet d’amélioration des horaires de police-secours n’a toujours pas été présenté, des collaborations plus efficaces avec la police cantonale peinent à être étudiées.»
Une large majorité d’élus souhaitent remettre en question la direction de la?police. Au cœur des attaques de la?droite, mais aussi d’une partie de la majorité de gauche: le directeur de la?Sécurité, Marc Vuilleumier. Seul le président du groupe La Gauche, Alain Hubler vole au secours de son municipal. «Si on lui donne les moyens financiers, il pourra engager suffisamment d’agents pour les mettre enfin sur?le terrain.» Le popiste réclame également une étude par des spécialistes de la santé au travail sur le moral d’un des plus grands services de l’administration communale.
Du côté des remèdes, le retour à la police de proximité recueille une large adhésion. Les patrouilles systématiques en voiture, même dans les rues piétonnes, suscitent le ras-le-bol. Pour beaucoup de conseillers communaux, les agents donnent l’impression d’être en permanence assiégés dans leur propre ville. Leur permettre de retrouver le contact avec la population est jugé urgent. Pour avoir organisé une?visite du dispositif de sécurité de Paléo à l’attention de ses collègues du Conseil communal, la Verte Natacha Litzistorf a été saluée. «Pour réinventer la sécurité urbaine, il faut chercher des solutions sans tabous, dit-elle. Mettons sur pied des états généraux de la police lausannoise.» Une piste défendue également par la droite, qui espère faire trébucher la majorité lausannoise et la?diviser sur un de ses points faibles: la?sécurité.
Mehdi-Stéphane Prin
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L’exaspération gagne la base de la police lausannoise. Et Jean-Denis Geinoz, président de l’Association des fonctionnaires de police de Lausanne (AFPL), prépare son offensive pour la rentrée de septembre. Dans son viseur: le code de déontologie instauré depuis 2008, et dont ne veulent surtout pas s’inspirer les gendarmes vaudois, qui devront pourtant
«Aujourd’hui, des policiers préfèrent ne plus intervenir de peur de se faire dénoncer par un collègue. Cela agit négativement sur le moral des troupes. Les policiers sont clairement en sous-effectif. Alors parfois, face à des individus particulièrement quérulents, ils doivent faire usage de la force, et on les sanctionne. J’ai vraiment de la peine avec ce système», lâche Jean-Denis Geinoz.
Ce dernier aimerait toutefois éviter le conflit et les actions symboliques, telle une grève des amendes. «Mais pour cela, il faudrait que nous soyons davantage entendus, tout comme la population qui demande davantage de policiers dans les rues. Il en va non seulement de leur sécurité, mais aussi de celle des policiers. On ne peut plus se retrouver à
Démissions en série
Pour l’AFPL, qui regroupe en son sein la quasi-totalité de l’effectif de police à Lausanne, le malaise est profond. D’ailleurs, les policiers semblent quitter le navire: on compte
Trop de dénonciations?
Et donc, les dénonciations pénales signées du commandant ainsi que le poids du code éthique n’auraient aucune influence? «Non, je ne suis pas un adepte de la dénonciation. Depuis 2009, on en dénombre cinq, dont trois viennent de l’ancien commandant. J’en ai signé deux l’an dernier. Et aucune cette année», rétorque le chef de la police. Pierre-Alain Raemy a examiné
Police de proximité absente
Une autre critique politique se fait entendre avec force. La police de Lausanne semble dépassée par les événements. Elle intervient tous feux allumés alors que la tension sur le terrain est déjà à son comble. Où est la police de proximité à pied qui occupe le terrain de façon préventive? «Avec l’effectif actuel, nous devons renoncer à des prestations, par exemple en fermant occasionnellement un poste de quartier, à La?Sallaz ou à Chailly, justifie Pierre-Alain Raemy. Si les policiers arrivent en urgence, c’est parce qu’ils sont, par exemple, en patrouille ailleurs et qu’ils sont obligés d’enclencher le feu bleu et la sirène. On doit parfois faire des relevés de cambriolages un jour après et ça ne me satisfait pas. Selon une étude de l’Ecole des sciences criminelles, il faudrait
Déménagement critiqué
Pierre-Alain Raemy se retrouve en outre sur la sellette à cause de son déménagement en Valais, dans la région de Sion (
Le procès personnel fait au commandant de la police est jugé injuste par Alain Hubler, président du groupe
Créé: 21.08.2012, 07h13
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La rédaction
49 Commentaires
J'ai de la peine à comprendre M. Vuillieumier et Ramey qui pratiquent la tolérance zéro envers les commerçants (police du commerce intransigeante) et les automobilistes, mais qui lorsque des troubles de l'ordre public se produisent, prennent la défense des gentils casseurs au mépris de leur propre police. Répondre
Nous sommes déjà à un stade ou les commerçants pensent à engager une milice privée pour assurer sa défense. Les effectifs de police sont en dehors des réalités, la violence ne fera qu'augmenter tant que notre "police" aura l'air aussi ridicule. Jusqu'ou cela doit aller pour que les politicards comprennent et se sortent les pouces du ... pour agir dans le bon sens ... Répondre
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