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Violence nocturne

Lausanne veut séquestrer les couteaux à l’entrée des discos

Par Philippe Maspoli. Mis à jour le 08.09.2012 13 Commentaires

Le meurtre de Luis relance le débat sur les porteurs de lames. La Ville veut les contraindre à récupérer leur objet confisqué au poste.

1/2 Le meurtre de Luis, le 4 août dernier, a provoqué un électrochoc. La ville étudie une modification de son Règlement général de police. Elle veut dissuader les fêtards de sortir en boîte avec un objet tranchant dans leur poche.
Odile Meylan

   

Interdire le port du couteau dans les rues et tous les lieux publics? La question surgit régulièrement après un drame tel que celui du meurtre de la place de l’Europe à Lausanne, le 4 août dernier, à l’heure de la sortie des discothèques. Alors que l’Angleterre a déclaré une véritable guerre à l’arme blanche avec une loi extrêmement restrictive depuis la fin des années 1980, en Suisse, la prohibition ne reste qu’une idée en l’air. Seuls quelques types de couteaux sont illicites (voir diaporama).

Clubs mis à contribution

Pour la police, une interdiction générale semble inapplicable. Peut-on sanctionner le citadin qui se balade avec son Opinel, son Laguiole ou son couteau suisse pour couper le pain et le fromage de son pique-nique? Comment fouiller tout le monde? Les interrogations des forces de l’ordre sont multiples. Des mesures plus ciblées s’avèrent dès lors nécessaires.

A Lausanne, la Municipalité planche sur des solutions dans le cadre de la sécurisation des nuits trop agitées. Les clubs et discothèques seraient mis à contribution. Il devrait ainsi être possible de séquestrer les couteaux licites mais jugés inappropriés dans un contexte festif. Leurs propriétaires devront donner leur identité et ils seront priés de se rendre à l’hôtel de police pour récupérer l’objet dangereux quelques jours plus tard. Il est aussi question d’améliorer la fouille à l’aide de détecteurs de métaux.

La mort de Luis, le Capverdien de 32 ans poignardé à la place de l’Europe, a servi d’électrochoc. Comment le meurtrier a-t-il pu passer une nuit dans les bars et les clubs avec un couteau pliable doté d’une lame de huit à dix centimètres? Même la justice s’en est étonnée. Mais on ne peut pas forcément jeter la pierre au personnel de sécurité des clubs. S’ils confisquent un couteau après une fouille, les videurs sont actuellement obligés de le rendre à la sortie. Des noctambules se retrouvent ainsi dehors avec un objet dangereux, alors qu’ils se sont enivrés ou ont sniffé de la coke.

Règlement à modifier

C’est sur ce point que la Municipalité de Lausanne cherche à introduire une modification légale. Elle devra introduire une nouvelle disposition dans le Règlement général de police. Des juristes planchent sur la question: «Nous cherchons la bonne formulation juridique afin de définir l’objet inapproprié dont on ne peut justifier l’usage dans une boîte de nuit ou lors d’une fête», déclare Marc Vuilleumier, municipal popiste de la sécurité. Et le renforcement de la fouille grâce au détecteur ou au portique de sécurité? «Nous allons en discuter avec les discothèques», répond Marc Vuilleumier. La définition du couteau «inapproprié» va certainement faire couler de l’encre. Il s’agit de distinguer le petit canif ne présentant pas de risque d’une lame de huit à dix centimètres capable de blesser gravement voire de tuer. Mais sur le principe, le soutien est large. En juin 2010, l’UDC Claude-Alain Voiblet s’était inquiété, au Conseil communal, de «la présence régulière d’armes dans les rues de la ville»: «On m’avait dit qu’on ne pouvait rien faire. Je suis donc favorable à un renforcement des contrôles à l’entrée des boîtes», relève-t-il aujourd’hui.

La socialiste Rebecca Ruiz, qui est aussi criminologue, juge inefficace une interdiction générale. En revanche, la séquestration des couteaux à l’entrée des discothèques serait pour elle une piste, à condition de créer la base légale. Et les patrons des clubs? «Séquestrer les couteaux et les objets contendants fait partie de nos propositions», souligne Thierry Wegmüller, à la tête du D!, président du pool Lausanne la nuit, qui rassemble 13 établissements sur 36.

Débat sur les portiques

Les détecteurs de métaux, eux, font moins l’unanimité. Au Conseil communal, Alain Hubler (A Gauche toute!) avait proposé l’an dernier l’installation de portiques à l’entrée des établissements nocturnes: «Ce n’est pas agressif, tout le monde s’y soumet volontiers pour prendre l’avion», avait-il déclaré. Mais les clubs ne sont pas enthousiastes. «Si ça devient la norme, nous le ferons», déclare Olivier Freymond, patron du Loft. Thierry Wegmüller, de son côté, juge une telle mesure «un peu extrême». (24 heures)

Créé: 08.09.2012, 09h01

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13 Commentaires

Philippe Calle

08.09.2012, 10:13 Heures
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Avec quoi se feront-ils les ongles ou se cureront-ils les dents en disco ? Comme ils n'ont rien d'autre dans la culotte et encore moins dans la tête, comment vont-ils se sentir des hommes pour se faire pâmer les gourdes ? Répondre


Antonia S. Ceratti

08.09.2012, 10:26 Heures
Signaler un abus 22 Recommandation 0

(Et le renforcement de la fouille grâce au détecteur ou au portique de sécurité? «Nous allons en discuter avec les discothèques» ) Depuis quand pour faire une loi ou des nouvelles dispositions, dans le but de protéger le citoyen, il faut discuter? Depuis quand l'on doit négocier avec ceux qui commettent des infractions? Mais où va-t-on?????? Répondre



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