Lausanne
Le Red Bull Crashed Ice suscite la polémique
Par Daniel Audétat. Mis à jour le 10.10.2012 12 Commentaires
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C’est un paradoxe à la lausannoise. A l’Opéra, la marque de boisson énergisante Red Bull est la bienvenue comme sponsor. Son Red Bull Flying Bach (des champions berlinois de breakdance interprétant des pièces musicales de Jean Sébastien Bach) y est programmé les 29 novembre et 2 décembre. A l’inverse, le retour du Red Bull Crashed Ice, agendé les 1er et 2 mars 2013, fâche le Conseil communal.
Politiquement, où en est-on?
Malgré le succès populaire d’une première édition en 2009, la Municipalité a été priée de réexaminer l’opportunité de l’autorisation qu’elle a déjà accordée à Red Bull pour 2013. Une résolution parlementaire l’enjoint d’évaluer les impacts écologiques et financiers de la manifestation. Responsable des sports et de la police du commerce, Marc Vuilleumier livrera cette appréciation «d’ici à la fin de l’année».
A nos questions, Red Bull a répondu par l’entremise de Nathalie Isenring, sa directrice de la communication, et Christian Savioz. Cet organisateur d’événements a été mandaté par Red Bull pour démarcher la Ville et monter les éditions 2009 et 2013 du Crashed Ice.
Le Crashed Ice, c’est quoi?
La légende voudrait que tout ait commencé par des dégringolades sur des torrents gelés. Pour sa part, Red Bull fait remonter les origines de ce sport à la fin des années 1990, avec l’invention par deux sportifs autrichiens de l’Ice Cross Downhill («patinage de descente extrême»). C’est d’abord une piste verglacée de luge qui est utilisée. Un premier parcours de descente est construit à Stockholm en 2000 avec le soutien de Red Bull, qui va rééditer l’événement dans de nombreuses villes du nord de l’Amérique et de l’Europe. Le Crashed Ice passe ainsi par Davos en 2008.
Un championnat du monde est organisé depuis 2010. Cette année-là, la finale, qui s’est tenue à Québec, a attiré plus de 100 000 spectateurs, selon l’estimation de Red Bull. La série 2013 se déroulera sur cinq sites: Niagara Falls (Canada), Saint-Paul du Minnesota (Etats-Unis), Kazan (Russie), Québec et donc Lausanne. La Suisse dispose d’une équipe nationale que composent l’Argovien Kilian Braun (5e au classement mondial), le Genevois Jim De Paoli (10e) et le Tessinois Kim Müller (14e).
De quel écho parle-t-on?
Red Bull a tenu à revenir à Lausanne en raison du succès inattendu de l’édition 2009, qui s’est jouée entre le Château et la Riponne. Entre les éliminatoires du vendredi et la finale du samedi, 50 000 personnes se sont déplacées, selon l’estimation de l’organisateur. Le profil du parcours et le décor offert par le Château et le Palais de Rumine ont contribué à un écho médiatique que le sponsor juge important: plus de 170 heures d’émissions sur des télés du monde entier et un nombre considérable de visionnements sur le Web (des centaines de millions de clics). Depuis, la mise sur pied d’un championnat du monde a encore élargi l’audience. Pour l’édition 2013, Red Bull promet une «vaste campagne nationale de publicité».
Qu’y gagne Lausanne?
Christian Savioz évalue à plus d’un million l’argent que Red Bull a laissé à Lausanne en 2009. La Municipalité estime elle-même à 170'000 francs les factures qu’elle a présentées à l’organisateur pour ses prestations (eau, électricité, assainissement…). En 2013 comme en 2009, reprend Christian Savioz, la location et l’installation des infrastructures nécessaires à la manifestation seront pour l’essentiel adjugées à des entreprises de la région. L’hôtellerie et la restauration profiteront de la venue de plus de 200 compétiteurs. L’organisateur compte sur la présence de 50 à 70 journalistes internationaux.
Et le climat, qu’en fait-on?
La fabrication de glace sur une piste longue de 450 mètres implique une grande consommation d’énergie. Avec les effets énergisants de sa boisson qui lui donnent une image sulfureuse aux yeux de beaucoup, Red Bull sait que ce problème écologique est un des points qui lui portent ombrage. L’organisateur a trouvé une parade: il respectera l’objectif «zéro émission de carbone» pour l’ensemble de la tournée 2013. Il s’est associé à l’ONG Myclimate pour gérer les compensations écologiques qui découleront de cet engagement. Dans le cadre lausannois, elles seront réalisées sur le territoire communal en collaboration avec le Service des parcs et domaines.
Et si l’autorisation est retirée?
Quand on lui demande si Red Bull exigerait un dédommagement en cas de retrait de l’autorisation qu’il a déjà obtenue, Christian Savioz répond: «Si cela se produit, il ne restera qu’à s’asseoir au bord de la route et à pleurer.» Façon de dire qu’une procédure juridique serait contre-productive pour le sponsor, qui, pour sa réputation, a intérêt à la jouer fair-play. (24 heures)
Créé: 11.10.2012, 07h10
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12 Commentaires
A mon avis il est trop tard pour revenir en arrière et Lausanne n'a pas les moyens de payer des indemnités avec ses 2,5 milliards de dettes. Mais que nos municipaux y réfléchissent pour la prochaine fois et en parlent avec leurs collègues avant de donner leur OK. Et même si cet événement a un petit impact sur l'environnement, il n'y a rien de catastrophique non plus. Arrêtons de tout dramatiser. Répondre
Si MyClimate suit le projet et que les compensations sont faites sur place, c'est une excellente chose. Si les compensation sont faites dans un pays en développement c'est un nouveau jouet où les riches dépensent sans compter sans vraiment assumer... reste à savoir si ces compensations sont réellement appliquées ! Répondre
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