Le grand frisson sur l’antenne de Sottens

InsoliteLa société Gecko Escalade propose de monter au sommet du pylône de 125 m. Spectaculaire!

Vidéo: Laureline Duvillard

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A mesure que l’on s’approche de Sottens, on fait la moue: «Elle fait vraiment 125 mètres de haut cette antenne?» On se donne du courage comme on peut… Car arrivé au pied du colosse, casque sur la tête, baudrier au corps et mousquetons cliquetants, on encaisse la première impression de vertige. Le fameux pylône, qui a servi à diffuser les programmes de la Radio romande durant 80 ans (lire ci-contre), impose sa puissance.

Alain Michaud, patron de la société Gecko Escalade qui propose l’ascension durant la saison d’été, ouvre la voie. Après quelques barreaux, on attaque sur une passerelle en pente douce. On accroche et décroche les deux mousquetons de sécurité le long du câble en les faisant coulisser. Jusque-là, rien de compliqué.

En quelques minutes, on atteint l’étape 1, à 43 mètres. Premier regard sur le paysage. Et le vide. «Plusieurs des personnes qui ont testé ont dit que c’était ici qu’elles avaient le plus ressenti l’effet de vertige, davantage qu’au sommet», explique un Alain Michaud tout en sourire et décontraction. Sans connaître la suite, les jambes sont flageolantes. Et on a beau entendre Stéphane Rossel, le deuxième accompagnant en queue de «cordée», répéter que chacun des deux mousquetons peut supporter des quintaux, on s’agrippe à son câble. D’autant que jusqu’à l’angle de la tour, un semblant de rampe offre une barrière psychologique rassurante. Au-delà, plus rien. Bien sûr, personne n’oblige le visiteur à parcourir le tronçon d’une dizaine de mètres, mais on a sa fierté.

«Prochaine étape, l’apéro»

Vient le moment d’attaquer l’ascension verticale, bien arrimé à l’échelle avec le chariot, une pièce coulissante. «Laissez-vous aller en arrière, ça facilite la montée et met moins de force sur les bras. Vous pouvez même monter sans les bras.» Plus tard peut-être, pour l’instant on serre les barreaux à en avoir mal aux paumes.

Vingt mètres plus haut, nouvelle halte, on change d’échelle. «Allez, la prochaine étape, c’est l’apéro». Objectif: 100 m. Les yeux restent un peu trop rivés sur les échelons pour vraiment contempler le paysage. Les bras tirent, exigent une pause. On souffle en jetant un œil: derrière, Sottens; à gauche Dommartin; à droite Chapelle et Saint-Cierges. La vue est magnifique.

A 125 m, l’apothéose

Sur la plate-forme suivante, la tour ne fait plus que deux mètres sur deux. Le constat d’Alain Michaud se vérifie: on se sent moins en proie au vertige qu’une heure plus tôt. On apprécie le paysage, on plaisante à quatre dans un petit périmètre, on savoure des spécialités locales: sirop de sureau, filet de féra du Léman, mousse de féra, onglet de bœuf, fromage frais de chèvre, tomme fumée. Le menu est à la hauteur du décor: corsé et savoureux. Stéphane Rossel prolonge le plaisir en narrant l’histoire de l’antenne.

Reste le plat de résistance, les vingt derniers mètres. «Et on sera debout au sommet!» se réjouit Alain Michaud. Le pouls s’accélère. Une trentaine d’échelons plus haut, on s’arrime une dernière fois avec application avant l’ultime enjambée, avant l’apothéose! L’absence soudaine d’obstacle visuel signifie qu’on y est, de même que le vent qui balaie les visages. On est gagné par une sensation d’apesanteur, même si une main ou les deux restent arrimées à la structure métallique qu’on sent vibrer sous les assauts d’Eole. Sensations garanties.

Des images plein la tête, on entame le retour. Mais d’abord, l’ultime épreuve: une descente en rappel sur 43 mètres. En préambule, on enjambe la barrière pour se mettre en position! «Vous pouvez tout lâcher!» Encore cinq secondes, s’il vous plaît! Et on lâche prise. Quelques instants encore, et l’aventure se termine sur un sentiment de fierté. A nouveau l’antenne de Sottens domine ses hôtes d’un jour de toute sa masse. En attendant les prochains, qui ne seront assurément pas déçus. (24 heures)

Créé: 07.06.2015, 09h49

Un bout de patrimoine

Au départ, Alain Michaud et Stéphane Rossel avaient caressé le rêve d’offrir aux gens d’escalader la grande tour de Sottens, à 188 m. Celle-ci a été dynamitée le 20 août 2014. C’est au final sa petite sœur, préservée par son statut de bien culturel d’importance nationale au même titre que les locaux de l’émetteur, qui lui dame le pion.

L’attraction estivale de Gecko Escalade s’est d’ailleurs fixée comme objectif de rappeler l’histoire de l’émetteur de Sottens. Celle-ci débute en 1931 avec la construction de la tour encore sur pied, fruit d’une convention entre la Société romande de radiophonie et Radio-Genève. En 1989, la plus grande des deux antennes est construite et la survivante devient antenne de réserve. Les deux pylônes perdent peu à peu leur utilité et Swisscom dépose en 2012 la demande de permis de démolir l’antenne principale. Juste avant l’exécution de la sentence, la commune de Jorat-Menthue rachète la parcelle sur laquelle est installé l’émetteur. Elle y prévoit une exposition sur ce bout de patrimoine romand.

Infos pratiques

Où? Gecko Escalade, rue Derrey la Vellaz 3, à Sottens. Informations et réservations dès ce mardi sur www.geckoescalade.ch ou 021 882 25 55

Quoi? Il ne s’agit pas d’escalade, mais de montée le long d’un escalier, un peu à l’image d’une via ferrata

Qui? Dès 12 ans. Il faut être en bonne forme physique et ne pas souffrir de vertige

Quand? De juin à septembre. Mardi et jeudi soir, mercredi après-midi, samedi matin et après-midi

La durée? 4 heures et demie en comptant les préparatifs et consignes de sécurité. Pour la montée, dégustation de produits du terroir comprise, compter trois heures

Les tarifs? 180 fr. par adulte, 160 fr. sans la descente en rappel. Respectivement 160 et 140 fr. pour les moins de 18 ans et étudiants

La taille des groupes? Six personnes maximum. L’ultime tronçon s’effectue une personne à la fois (plus l’accompagnant)

Le matériel? De bonnes chaussures, de vêtements chauds et un coupe-vent. Le matériel de sécurité est fourni

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