Le petit miracle annuel de la Revue de Thierrens

SpectacleToujours monté dans l’urgence, le spectacle sera pourtant prêt le jour J.

Pas facile de trouver ses marques pour la vingtaine de danseuses qui doit composer avec la présence des comédiens et d’un escalier monumental sur la scène de la Revue de Thierrens Image: Philippe Maeder

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«Heureusement que mon cerveau me dit qu’on sera prêts. Parce que, là, mon ventre me dit qu’on ne va jamais y arriver!» Installé sur une chaise au milieu de la grande salle du village, Christian Crisinel ne dissimule pas son inquiétude en regardant les répétitions d’un des trois grands ballets de la future Revue de Thierrens.

Pas facile pour la quinzaine de danseuses de trouver leurs repères sur une scène occupée simultanément par quelques comédiens et un escalier monumental. Pourtant, dans huit jours, tout sera (quasi) au point pour la première des quatorze représentations. Un petit miracle qui se renouvelle chaque année depuis plus de quarante ans sur le plateau du Jorat.

Ce rythme annuel est d’ailleurs la cause principale de ce coup de stress de dernière minute. «Pour éviter aux participants de s’essouffler, l’idée est de travailler de manière intensive sur un temps court: environ deux mois, représentations comprises. Mais ça ne fonctionne que parce qu’il y a beaucoup d’habitués», explique celui qui participe à la Revue pour la 12e fois et la dirige pour la cinquième. Pour respecter ce délai, l’équipe est même prête à sacrifier une partie de la sacro-sainte convivialité qui fait sa réputation. «Là, nous sommes en plein dans la période où on bosse. Les parties festives qui font le lien entre nous, c’est plutôt au début de l’automne quand on se retrouve, puis crescendo dès qu’on a passé la première.»

Coller à l’actualité

Une autre raison explique cette urgence finale: la nécessité de coller à l’actualité. Certaines années, la Revue a commencé ses répétitions alors que certains sketches restaient à écrire! «A part le résultat des élections américaines, cette fois, on a tout! C’est déjà pas mal», se rassure Christian Crisinel. Intitulée Politique pauvre, la cuvée 2016 égratignera entre autres les galipettes bernoises du Valaisan Christophe D., la conversion au bobo-végétarisme du Buffet de la Gare de Lausanne et un nouveau jeu de société très en vogue dans les campagnes vaudoises, le MonopoLAT.

Sur la scène, Sylvie Crisinel interrompt une nouvelle fois la répétition du ballet pour aller aider deux danseuses à trouver une place où elles ne risquent pas de coller une baffe involontaire à un comédien. Pour venir constater l’avance des travaux, Gilles Gonin quitte quelques instants la cuisine voisine, où le «gourou» Bouillon célèbre les 11 heures avec quelques piliers de la Revue. «Pour l’instant, il s’agit de mettre en place les différentes pièces et de commencer à faire tourner la machine, explique ce metteur en scène professionnel mettant ses compétences à disposition de la Revue pour la troisième année consécutive. Dès dimanche prochain et le premier filage, mon travail consistera à huiler les rouages. Tout doit être fluidifié au maximum pour que l’attention des spectateurs ne soit pas perturbée par des détails ou des imprécisions.»

Une recherche de la qualité tout à l’honneur des organisateurs, car les ventes de billets pourraient les autoriser à se relâcher. «Encore une fois, on a commencé les répétitions en sachant que la salle serait pleine tous les soirs», s’émerveille Christian Crisinel. Samedi dernier, il ne restait en effet que 600 places à vendre sur les 6200 disponibles, toutes logées au balcon ou sur les estrades. Sur la scène, le comédien Fifi Purro ne se plaint pas d’une nouvelle interruption de la répétition… alors qu’il est serré de près par deux danseuses. «Je crois que cette édition va être bien», savoure-t-il tandis que les deux demoiselles gardent la pause, blotties contre lui.


Revue de Thierrens, du 18 novembre au 10 décembre, infos sur www.larevuedethierrens.ch, réservations au 021 905 40 18 (24 heures)

Créé: 10.11.2016, 11h13

«Ça ne fonctionne que parce qu’il y a beaucoup d’habitués», Christian Crisinel, coordinateur et coauteur de la Revue de Thierrens. (Image: Philippe Maeder)

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