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Patrimoine

Les artisans sont aux petits soins pour le toit de la cathédrale de Lausanne

Par Benoît Lorenz. Mis à jour le 01.11.2012 2 Commentaires

Le monument lausannois est l’objet de travaux urgents, avant-dernière étape d’un cycle lancé en 1972.

1/52 Côté nord
Le travail des artisans sur le toit de la cathédrale. Gianni Trillo, ferblantier Ruga SA en train de souder les plaques en métal en forme de gouttière.
Marius Affolte

   

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Restauration perpétuelle

Jusqu’à l’automne 2013, l’effort se concentrera sur trois toits. D’abord celui de la nef, dont la restauration est déjà achevée aux trois quarts. Puis ceux des tours nord et sud, de chaque côté de la tour lanterne.

Cette série de travaux est la troisième depuis le XVIIIe siècle. Après deux cycles de restauration, de 1810 à 1840, puis de 1870 à 1930, l’étape actuellement en cours depuis 1972 devrait être la dernière. «Si les crédits sont accordés, l’ultime restauration concernera le chœur et la tour inachevée dès 2015, expose Yves Golay, président de la commission technique de la cathédrale. Par la suite, nous allons mettre en place une maintenance régulière des divers éléments. Cela nous permettra d’éviter d’avoir à entreprendre des travaux aussi importants que ceux entamés il y a quarante ans.»

Construite dès la fin du XIIe siècle et consacrée en 1275, la cathédrale de Lausanne a été l’objet de restaurations depuis sa création. «Cela tient principalement au temps, qui dégrade les différents matériaux composant l’édifice, précise Yves Golay. L’autre raison est l’utilisation de la molasse, qui souffre particulièrement de l’humidité. Nous avons justement organisé un colloque sur ce thème en juillet dernier avec des spécialistes européens, afin de trouver les meilleures solutions possible pour la future restauration du chœur et de la tour inachevée.»

En chiffres

Plus de 800 ans depuis le début de la construction.

26  parties de la cathédrale ont fait l’objet de restaurations depuis 1972.

3,04 millions, le prix de l’étape de la restauration actuelle.

6 experts préparent les travaux: archéologue, historien des travaux, restaurateur d’art, spécialiste des matériaux, tailleur de pierre et ingénieur.

10 entreprises se relaient sur le chantier: architecte, poseur d’échafaudages, ferblantiers-couvreurs, charpentier, spécialiste du traitement du bois, tailleur de pierre, maçon, électricien, restaurateur d’art et spécialiste de la protection contre la foudre.

Environ 33'000 tuiles seront remplacées sur le toit de la nef.

Depuis août dernier, la cathédrale de Lausanne a de nouveau revêtu ses habits de plastique. Des chutes de tuiles, ainsi que des infiltrations d’eau ont incité les responsables cantonaux à accélérer le mouvement des travaux de restauration de l’édifice. Devisée à un peu plus de 3 millions de francs, l’étape en cours vise principalement à remplacer la couverture d’une partie des toits de l’édifice, ainsi qu’à améliorer le système d’écoulement des eaux de pluie, aujourd’hui déficient.

Une vue sur l’Histoire
Pour atteindre le chantier, l’ascension commence, à l’intérieur de la cathédrale, par les escaliers escarpés et vermoulus des tourelles, interdits au public. Le chemin fait ensuite longer les murs, à plus de dix mètres au-dessus des visiteurs. Un autre escalier en colimaçon, un dernier couloir puis, enfin, le toit de la nef, dont les deux pans ont été découverts. La vue est spectaculaire. D’un côté, la Cité rappelle les origines médiévales de la capitale vaudoise. De l’autre, la vue sur le pont Bessières évoque l’évolution plus récente de la ville.

C’est là, au-dessus du vide, que plusieurs artisans se relaient au chevet de la «Vieille Dame». Tous sont familiers avec la restauration de monuments. «Les entreprises sont choisies comme nous, sur concours, et leur expérience est essentielle», souligne Olga Kirikova, du bureau d’architectes Amsler à Lausanne et responsable du chantier. Les différents corps de métiers se succèdent au sommet de l’édifice, puisque ici tout est fait pas à pas, avec le plus grand soin.

Travaux de haute voltige
En face du Café de l’Evêché, sur la charpente dénudée de ses tuiles, un spécialiste du traitement du bois nettoie les poutres à l’aide d’une brosse de crin, puis injecte un produit de protection. Celles qui sont trop abîmées seront remplacées par un charpentier.

De l’autre côté, un ferblantier-couvreur protège les anciennes gouttières. Originellement en pierre, celles-ci sont couvertes d’une plaque de cuivre étamée, et rehaussées pour protéger la molasse et permettre un meilleur écoulement des eaux de pluie.

Juste en dessous de lui, une restauratrice d’art nettoie une frise avec toute la patience et la délicatesse nécessaires. «Après avoir enlevé la couche de crasse, je les enduis pour consolider la molasse», détaille la restauratrice.

A la fin des travaux, un nouveau toit sera enfin posé. «Un quart des tuiles sont récupérées, soit de la cathédrale, soit de vieux bâtiments du canton», précise Jean-Pierre Ruga, patron de l’entreprise responsable. Le résultat respecte la couleur d’origine, et peut être observé sur la partie déjà rénovée de la nef, du côté est du monument.

Avant-dernière étape
Après avoir terminé le toit de la nef, les artisans s’attaqueront prochainement au toit des deux tourelles nord et sud, ainsi qu’au transept. «Les derniers soins sur ces parties remontent à plus d’un siècle, rappelle Yves Golay, président de la commission technique de la cathédrale. Il était devenu urgent de s’occuper de ces toits, puisqu’ils protègent les autres éléments de l’édifice.»

Prochaine et dernière étape du cycle de restauration commencé il y a quarante ans: la tour inachevée et le chœur dès 2015, si les crédits sont accordés. (24 heures)

Créé: 01.11.2012, 07h38

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2 Commentaires

Blaise Getaz

01.11.2012, 11:05 Heures
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La photo 23 c'est selon moi une vue sur le pont bessiere et non pas le grand pont,ceci dit:trés jolie photos de la ville Répondre


Marie-Thérèse Bernasconi

03.11.2012, 11:03 Heures
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Merci à tous de restaurer notre belle cathédrale. Hélas elle a été construite en molasse, d'où les nombreux et presque permanents travaux. J'ai 72 ans et y ai toujours vu des échaffaudages. Et lorsque j'étais enfant, mon grand-père disait la même chose ! Heureusement qu'il y a maintenant des produits permettant de protéger murs et toits. Encore merci. Répondre



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