Les bébés crocodiles sacrés se montreront fin septembre

LausanneL’ouverture d’Aquatis est reportée de trois mois. Michel Ansermet, ex-patron du Vivarium, réintègre le projet.

Les six bébés crocodiles ont fêté leur premier anniversaire à Sauvabelin, dans l'ancien Vivarium de Lausanne. Ils déménageront à Aquatis (Vennes) cet été. IMAGES: Chantal Dervey MONTAGE: Fabien Grenon

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Six bébés crocodiles sacrés fêtent leur 1er anniversaire à Sauvabelin dans l’ex-Vivarium de Lausanne, à deux pas de l’enclos de leurs parents, Cléo et Farouche. Toute la famille déménagera cet été à Aquatis, la cité de l’eau douce en phase d’aménagement à Vennes.

«Les petits sont encore timides», sourit Michel Ansermet, ancien directeur du vivarium fermé il y a deux ans. Ils sont rares, aussi. On ne dénombre en Europe qu’une poignée de crocodiles sacrés. «Il y en avait 1 million dans le lac Tchad dans les années 1940 et plus que trois en 2013. Un massacre. Une institution zoologique se doit d’assurer la sauvegarde des espèces menacées et de mener un travail scientifique.»

C’est justement le discours du Groupe BOAS, aux manettes d’Aquatis. Ce mégaprojet était initialement axé sur les poissons. En cours de route, BOAS décide d’intégrer les pensionnaires du Vivarium, menacé de faillite, et engage Michel Ansermet pour superviser leur venue. Mais le spécialiste des reptiles démissionne en août 2016, huit mois après son entrée en fonctions, expliquant alors que le projet «ne correspond pas à sa vision et ses perspectives zoologiques». Il vient de réintégrer le navire.

Accorder les violons

Bernard Russi, PDG de BOAS, a su trouver les mots. «Je suis retourné le chercher parce que c’est le meilleur. Sans lui, le projet n’aurait pas été le même. Il a une telle connaissance des animaux, un tel amour pour eux.» Pour convaincre l’expert, il a fallu élargir ses responsabilités. «Il a des compétences qu’il n’avait pas au départ», lâche le patron de BOAS.

Michel Ansermet est désormais le Monsieur Reptiles d’Aquatis. Il supervise en ce moment la construction de terrariums sur mesure pour ses protégés. «Nous n’étions pas fâchés avec M. Russi, assure-t-il. Nous étions d’ailleurs restés en contact pour d’autres projets. Il a confiance en moi et en mon équipe. Nous pouvons par exemple concevoir les enclos comme nous le souhaitons. Dans un chantier comme celui-ci, il y a beaucoup de corps de métier et chacun cherche le lead. L’animal est ma priorité, un point c’est tout.»

Aquatis emploie 200 collaborateurs sur le site et extra-muros. Accorder les violons et les désirs des muséographes et des spécialistes des différentes espèces n’a pas été une mince affaire. «On a trouvé une alchimie et la bonne place pour les bonnes personnes, assure Bernard Russi. Dans un chantier si colossal, il est essentiel que les gens communiquent, se comprennent et se respectent. Des changements ont été faits au niveau de la coordination depuis quelques mois et cela marche très bien. Tous les feux sont au vert.»

Reste que l’ouverture, annoncée pour Pâques 2017, puis le 30 juin, est repoussée une fois encore, au 28 septembre exactement. La conséquence de difficultés financières (lire ci-contre)? «Non, répond Bernard Russi. C’était de la sagesse. Nous travaillons avec du vivant. Nous avons décidé de prendre le temps de stabiliser les aquariums, de les régler, de gérer la température, la dureté de l’eau…»

Grandes ambitions

Les poissons sont pour la plupart déjà achetés et réservés; les plus chers valent 15 000 francs. Une partie d’entre eux vit déjà dans les sous-sols du bâtiment aux écailles d’argent mais la majorité arrivera cet été. Ils côtoieront deux tiers des 200 pensionnaires de l’ancien vivarium lausannois (environ 34 espèces), dont les mascottes du lieu: le taïpan du désert, le dragon de Komodo et Kouma l’iguane.

Un millier de personnes sont attendues à l’inauguration de l’aquarium-vivarium. Elles découvriront 10 000 animaux au fil d’un parcours à travers les cinq continents. L’ouverture officielle est annoncée deux jours plus tard, le 30 septembre.

La directrice d’Aquatis, Angélique Vallée-Sygut, spécialiste de l’environnement marin et ancienne employée du Musée océanographique de Monaco, table sur 450 000 visiteurs la première année puis 380 000 en rythme de croisière. (24 heures)

Créé: 10.05.2017, 19h00

Un budget colossal et largement dépassé

L’intégration des reptiles du vivarium dans le projet Aquatis a engendré d’importantes dépenses. En novembre 2016, le patron du Groupe BOAS, Bernard Russi, disait se battre pour limiter les dépassements. «On sait que le budget sera dépassé mais si c’est de 10 millions, alors je ne suis pas d’accord», déclarait-il dans ces colonnes. «On est dans les 10 millions», rapporte-t-il aujourd’hui ( ndlr: sur un budget total de 80 millions comprenant l’hôtel ), qualifiant cette somme de «plus-value». «Il faut comprendre que le projet a été entièrement revu depuis ses débuts. Reprendre le vivarium l’a complexifié et bonifié. Les gens croient que l’on fait tout bêtement un aquarium et un vivarium alors qu’en réalité on construit un peu une arche de Noé dont l’un des buts est la sauvegarde des espèces en voie de disparition dans leur milieu naturel. Au niveau de la mise en scène, des lumières, on présentera des choses jamais vues en Suisse. C’est le projet d’une vie. Les gens qui visitent le chantier sont bluffés.» Pour surveiller les dépenses, chaque facture est désormais validée avant achat par le directeur des finances de BOAS.

Articles en relation

Aquatis coûtera plus cher mais le projet tient l'eau

Lausanne Le groupe Boas qui construit la Cité de l’eau à Vennes se bat pour éviter d’éclater le budget. Plus...

L’ex-directeur du Vivarium a lâché Aquatis

Lausanne Engagé pour contribuer à la conception de la Cité de l’eau douce, à Vennes, Michel Ansermet a démissionné. Plus...

Six crocodiles sacrés sortent de leurs oeufs

Lausanne Un premier petit est né jeudi tard dans la soirée à Sauvabelin. Les cinq autres doivent suivre ce week-end. Plus...

Aquatis, la cité de l'eau douce, émerge à Vennes

Titanesque Le plus grand aquarium-vivarium de Suisse ouvre ce printemps. Visite guidée du chantier avec la directrice. Plus...

La façade d'Aquatis s'anime de 100'000 écailles en aluminium

Architecture La Cité de l’eau douce qui émerge à Vennes sur les hauts de Lausanne est dotée d’un revêtement imitant au gré de la lumière et du vent la peau d’un poisson ou des reflets sur un plan d’eau. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 4

Le corps de Dali exhumé, paru le 21 juillet.
(Image: Bénédicte) Plus...