Grand Conseil
Renens a frisé la fraude électorale
Mis à jour le 31.03.2012 64 Commentaires
L’affaire aurait pu ne jamais être dévoilée. Mais, jeudi soir, au Conseil communal de Renens, le camp PLR a demandé des explications sur la journée électorale du 11 mars dernier.
Gros coup de stress, ce jour-là, au bureau de dépouillement de Renens. Des scrutateurs ont soudain la vague impression que les écritures de plusieurs bulletins pour le Grand Conseil se ressemblent trop pour ne pas avoir le même auteur. Petit à petit, plusieurs groupes de listes de ce genre apparaissent.
Autre élément troublant, c’est presque toujours le même candidat qui est ajouté sur les votes à la main et avec des écritures identiques. Le constat s’impose: quelques personnes ont rempli plusieurs bulletins qui n’étaient pas les leurs pour faire élire le candidat de leur cœur. Un socialiste kurde d’origine turque naturalisé suisse. Le procédé est interdit par la loi. Une affaire similaire, mais plus grave, avait touché un socialiste, Ricardo Lumengo, en 2007 (lire ci-dessous). «Ce sont des socialistes qui sont venus nous avertir en cours de dépouillement, ils ont été exemplaires», précise Nathalie Kocher-Jaccard, en charge du bureau électoral et présidente du Conseil communal de Renens. Très vite, le bureau s’assure que le problème n’est pas répandu dans tout le district de l’Ouest lausannois, puisque toutes ses communes ont les mêmes listes. «Nous avons averti le préfet et les autres bureaux de l’arrondissement», poursuit Nathalie Kocher-Jaccard.
Bien leur en a pris: après une analyse des bulletins, une trentaine d’entre eux posent problème. Au total, environ 90 listes sur tout le district présentent des écritures similaires et le même schéma de traçage et d’ajout. «Nous avons déclaré nuls l’ensemble de ces bulletins, explique la responsable du bureau. Il n’y a donc pas eu de fraude.» Le PS est très clairement le parti le plus concerné par la manœuvre, mais d’autres cas sont signalés sur les listes de La Gauche.
Pas d’incidence sur le résultat
Pour les socialistes, l’épisode est malheureux. «Nous nous sommes évidemment demandé si le candidat concerné avait lui-même organisé la chose, avoue Alexandre Rydlo, président du PS Ouest lausannois. Mais nous affirmons qu’il n’y est pour rien. Nous connaissons sa droiture et en mon for intérieur je sais que ce n’est pas lui.»
Alexandre Rydlo, fraîchement élu au Grand Conseil, avance une autre explication. «On est face à un cas de vote communautaire. C’est par exemple aussi souvent le cas en Allemagne où la communauté turque, très bien organisée, se mobilise fortement pour ses candidats.» Le candidat d’origine turque de Prilly aurait ainsi été victime de l’élan de sa communauté d’origine.
Mais Alexandre Rydlo pointe aussi l’aspect révélateur de l’événement: «Ce n’est pas tout simple de voter, même pour des personnes dont le français est la langue de base! Ils n’ont pas forcément pensé faire quelque chose d’interdit.» Et de préciser que, calculs à l’appui, ces 90 bulletins n’ont pas coûté l’obtention d’un sixième siège au PS Ouest lausannois.
«Il y a clairement eu tentative de fraude»
D’un point de vue légal, il y a «clairement eu tentative de fraude», explique Eric Golaz, chef du Service des communes. Le délai pour un recours est de toute manière dépassé, puisque les citoyens, les partis ou les candidats n’ont que trois jours à la suite du constat pour se manifester. «Et il aurait encore fallu démontrer qu’une ou des personnes ont été lésées.»
Ce type d’irrégularités survient-il souvent? «Non, répond Eric Golaz. Mais ça arrive. Toutefois, là, c’est dans une dimension assez exceptionnelle!» Etienne Roy, préfet de l’Ouest lausannois, abonde. «Parfois deux bulletins sont très similaires, mais en général les scrutateurs laissent passer, ce n’est pas grave. On peut imaginer par exemple des couples âgés qui s’entraident.» Des conséquences pénales pourraient cependant avoir lieu: «La commune, si elle avait des éléments sur la ou les personnes qui ont fait ça, aurait la possibilité de les dénoncer pénalement.»
En 2007, dans le canton de Berne, un candidat socialiste au Conseil national, Ricardo Lumengo, avait rempli 44?bulletins en sa faveur, mais les électeurs avaient ensuite voté d’eux-mêmes. En conformité avec le Code pénal. Condamné en première instance pour fraude électorale, il a finalement été acquitté.
Créé: 31.03.2012, 11h07
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La rédaction
64 Commentaires
et dire que certains voudrait donner le droit de vote aux étrangers..... Répondre
Le candidat d’origine turque de Prilly aurait ainsi été victime (ECLAT DE RIRE !!! ) de l’élan de sa communauté d’origine. Vous voulez donner le droit de vote aux étrangers, C'EST LE POUVOIR QU'ILS VEULENT. Suisses, vous n'êtes plus maîtres chez vous, c'est GRAVE Répondre
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