Gare de Lausanne
Un œil de jeu vidéo pour modéliser les voyageurs
Par Georges-Marie Bécherraz . Mis à jour le 27.02.2013 3 Commentaires
Un secteur prometteur
Une trentaine de laboratoires issus de toutes les Facultés de l’EPFL constituent le Centre des transports (TraCe) de la haute école fédérale. Le mandat des CFF pour l’analyse des flux piétonniers en gare de Lausanne est un challenge parmi de nombreux autres. On y travaille par exemple sur la gestion des flux autoroutiers ou sur l’optimisation des flux logistiques. Mais TraCe est aussi fortement impliqué dans des recherches en matière de sécurité routière, en collaboration avec des constructeurs automobiles.
A l’heure où les voitures sont de plus en plus bardées d’ordinateurs dans le but de tendre vers le «zéro accident», le professeur Thiran nourrit de grands espoirs en matière d’analyse d’images vidéo, son domaine de prédilection. «Le pire des scénarios, c’est le ballon qui traverse la route devant une voiture. On sait tous que c’est la plus forte des alertes. Il est permis d’imaginer qu’un jour un ordinateur de bord réagira lui aussi de cette manière, et plus rapidement que l’humain, dans une telle situation.» Il résume: «Je ne veux pas que ma voiture me dise ce qu’il y a autour de moi, mais ce que je n’ai pas vu.»
Si nous n’en sommes pas encore là, le temps approche où les voitures pourront dialoguer entre elles. «Aujourd’hui, un véhicule embarque beaucoup d’intelligence, mais juste pour lui. Un grand progrès sera réalisé lorsqu’il pourra communiquer avec celui qui le précède, par exemple si celui-ci repère un piéton à 5 mètres. C’est sans doute pour bientôt.»
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Popularisé avec la console de jeux Xbox 360, le détecteur de mouvement Kinect inspire des applications sans rapport avec les jeux vidéo. Visiosafe, une start-up issue de l’EPFL, a développé sur cette base des capteurs infrarouges capables de détecter et de suivre les déplacements des piétons. Une soixantaine de ces appareils ont été posés contre les plafonds des couloirs de la gare CFF de Lausanne et vous «observent» depuis plusieurs mois.
Plus de
Aujourd’hui déjà, il n’est pas rare que des voyageurs ratent leur train à cause d’un embouteillage sur un quai. Forts de ce constat, les CFF ont confié à la haute école le mandat d’analyser le comportement de ces piétons afin d’adapter au mieux les infrastructures futures.
Un système intelligent
Les capteurs installés à la gare ne sont pas des caméras. Ils n’enregistrent que des silhouettes. Le professeur Michel Bierlaire, directeur du Laboratoire transport et mobilité de l’EPFL, a établi une modélisation mathématique des comportements des piétons. Selon un principe simulé notamment sur la place de l’Europe.
Le professeur Jean-Philippe Thiran, responsable du Laboratoire de traitement des signaux 5, a, quant à lui, contribué au développement du système permettant de suivre individuellement les personnes dans la foule de la gare. Avec un challenge: conserver la trace d’un individu même lorsque celui-ci en croise un autre ou qu’il contourne un obstacle.
«Lorsqu’une personne est détectée, le système permet de la suivre dans l’ensemble des passages jusqu’au début de l’accès aux quais, explique le professeur Thiran. C’est fondamental pour une gare qui arrive à saturation et qui veut optimiser ses voies de circulation. Si l’on sait d’où viennent les gens et où ils vont, cela permet aussi d’extrapoler pour plus tard, en vue de changements d’horaires par exemple.»
Des endroits critiques
L’agrandissement programmé de la gare de Lausanne devrait notamment permettre de mieux endiguer le flot de voyageurs. Pour autant, les encombrements ponctuels ne disparaîtront pas. Fatalité? Rappelons qu’il n’est pas question de démolir la gare pour repartir de zéro, comme ce fut le cas par exemple à Berne, mais essentiellement d’allonger les quais et de réaménager un site où l’espace est compté. «Les endroits critiques, ce sont les accès aux quais, observe l’utilisateur qu’est aussi le professeur Thiran. Et là, il n’y a pas beaucoup de choix. Elargir la rampe revient à réduire la place pour passer sur le quai de part et d’autre.»
L’analyse des données fournies par les capteurs permet de modéliser le comportement des piétons. A partir de là, on peut procéder à des simulations pour tester diverses solutions, dans différents scénarios, notamment en termes de voyageurs à l’horizon 2030. L’optimisation, jusqu’ici résultant de connaissances empiriques, gagnera en efficacité. Par exemple pour qu’une personne venant de Palézieux et se rendant à l’EPFL perde moins de temps.
Les lieux des commerces
Par ailleurs, connaissant les comportements des piétons sur le site, il sera possible d’intégrer au mieux ce que les spécialistes appellent «les attracteurs», à savoir les marchands qui jalonnent les passages souterrains. Il suffit de se trouver un matin à
Chacun, bien sûr, a sa petite idée pour améliorer la situation. Certains suggèrent même que l’on répartisse les voitures de première classe, généralement moins bondées, sur toute la longueur du train. Cela permettrait d’éviter d’avoir une partie du quai presque vide et d’autres pleines à craquer. On dépasserait toutefois alors largement la seule problématique lausannoise. (24 heures)
Créé: 27.02.2013, 07h20
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3 Commentaires
Au dernier changement d'horaire, les arrêts des ICN Genève-Bienne à Nyon et Morges ont été supprimés en grande partie. Les voyageurs de ces deux gares sont donc obligés de passer par Lausanne et d'y changer de train alors qu'auparavant ça n'était pas nécessaire..La main droite devrait savoir ce que fait la main gauche aux CFF... Répondre
Et la protection des données!?!!! L'ATF de Google Street View oblige à flouter, et voici qu'on peut reconnaître un visage (donc la personne) a) dans un programme d'analyse comportementale b) dans un article de journal.Savez-vous que vous êtes condamnables? Répondre





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