Une œuvre «colossale» pour la Ferme des Tilleuls

ArtUne artiste française veut faire don de sa dernière et originale création à la fondation qui va gérer le futur lieu culturel.

L’artiste Danielle Jacqui à côté des pièces de son futur «Colossal d’art brut».

L’artiste Danielle Jacqui à côté des pièces de son futur «Colossal d’art brut». Image: DR

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C’est la reine de la céramique, et elle veut faire don de sa dernière œuvre, baptisée Colossal d’art brut, à la Ville de Renens. Plus précisément à la Ferme des Tilleuls, le futur lieu culturel qui doit prendre place dans l’ancienne bâtisse du même nom, en cours de rénovation (lire ci-contre). Danielle Jacqui, artiste originale que d’aucuns n’hésitent pas à comparer au Facteur Cheval, a réalisé une sorte de paroi de 500 mètres carrés, composée de «pièces» d’environ trente centimètres sur trente. Ce «colossal» était destiné au départ à la façade de la gare d’Aubagne, dans le sud de la France. Mais les autorités locales, ayant changé lors des dernières élections municipales, n’en veulent plus.

Il se trouve que le photographe lausannois Mario Del Curto, initiateur du projet de la Ferme des Tilleuls, connaît Danielle Jacqui. C’est lui qui l’a convaincue de confier son «colossal» à Renens. «Nous devons encore retourner voir Mme Jacqui pour signer une convention de donation, explique Myriam Romano, municipale en charge de la Culture. Et nous sollicitons le Conseil communal pour qu’il nous octroie une somme de 100 000 francs pour transporter le «colossal». Il faudra l’assembler à Renens, pièce après pièce.»

Sur une facade

C’est probablement une façade de l’annexe de la ferme qui accueillera la dernière réalisation de l’artiste. «La ferme elle-même est classée aux monuments historiques, nous ne pouvons pas toucher à ses façades, explique Myriam Romano. On peut imaginer des compléments dans les jardins du lieu, par exemple.»

Il n’est pas exclu que quelques-unes des pièces qui composent le «colossal» trouvent un hébergement à Lausanne, à la Collection de l’Art brut. Sarah Lombardi, sa directrice, confirme «très bien connaître» le travail de Danielle Jacqui. «Nous avons au Musée quelques-unes de ses œuvres textiles ainsi que des lettres brodées, ajoute-t-elle. Elles sont inventoriées dans la collection annexe du musée, que Dubuffet lui-même avait rebaptisée Neuve Invention en 1982.»

Figurent dans cette collection des œuvres qui ne sont pas de l’art brut au sens strict du terme, qui définit des productions d’autodidactes se situant totalement en dehors des circuits artistiques existants.

«Une artiste intéressante»

«Elle est venue nous voir récemment, en nous proposant de reprendre également une partie de son «colossal», continue la directrice du musée lausannois. Sur le principe, je suis très intéressée par cette proposition et ses pièces pourraient parfaitement s’intégrer dans notre futur projet d’extension du musée. Mais seulement à condition que les œuvres puissent être exposées de manière visible, en extérieur, ce qui est aussi une condition de sa part.»

La Municipalité de la capitale vaudoise a déjà pondu un préavis culturel, qui liste les développements à faire dans ce domaine et qui contient un crédit d’étude pour l’extension de l’Art brut. Il n’a pas encore été approuvé par le Conseil communal, «et je ne peux donc pas confirmer pour l’heure cette donation, conclut Sarah Lombardi. Mais c’est sans conteste une personne et une artiste très intéressante.»

(24 heures)

Créé: 05.10.2015, 21h32

Les Tilleuls, un «autre» lieu

Ce ne sera pas un musée», préviennent d’emblée la syndique de Renens, Marianne Huguenin, et sa collègue municipale de la Culture, Myriam Romano. La Ferme des Tilleuls, ancienne bâtisse classée comme monument historique, sise au bord des voies CFF à Renens doit devenir d’ici l’an prochain un lieu d’accueil de multiples activités culturelles, ouvert aux acteurs locaux et régionaux, mais aussi sur le plan international, dans un mélange des genres et des domaines. Le futur programme de l’endroit sera mis sur pied par l’Association Un autre regard, présidée par le célèbre photographe Mario Del Curto.

Et la gestion du site et son rayonnement seront du ressort d’une fondation déjà créée, qui devrait recevoir de la ville de Renens un capital de base de 300'000 francs, si le Conseil communal dit oui lors d’une prochaine séance. Myriam Romano précise que
la Loterie Romande a promis 300'000 francs, et que la fondation suisse Ernst Göhner a quant à elle attribué pour 50'000 francs au projet. Pour l’heure, les travaux de rénovation, financés par le propriétaire, soit la Commune, vont bon train.

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