«En signe d'apaisement, nous lançons UberX à Lausanne»

TransportAlors qu’UberPop n’est plus en odeur de sainteté dans le chef-lieu, la société californienne lance un service pro.

Pas intimidée, Uber lance UberX avec chauffeurs pros.

Pas intimidée, Uber lance UberX avec chauffeurs pros. Image: Keystone

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Les Lausannois n’en ont pas fini avec Uber. Alors que des pétitions circulent pour le maintien d’UberPop, décrété hors la loi par le comi­té de direction de l’Association de communes de la région lausannoi­se pour la réglementation du servi­ce des taxis, que tous les partis politiques y sont allés de leur prise de position, la société californienne passe la deuxième dans la capitale vaudoise. Dès mercredi à midi, elle lance UberX avec uniquement des chauffeurs professionnels. Provocation? Steve Salom, le directeur romand d’Uber, s’en défend.

C’est quoi, UberX?

C’est un service low cost de chauffeurs professionnels, comme à Genève. D’ailleurs, si nous lançons UberX à Lausanne, c’est pour couvrir à terme tout l’arc lémanique. UberX va se développer de maniè­re organique en grandissant de façon naturelle. Ces chauffeurs doivent notamment posséder un permis professionnel, avoir une voitu­re dotée d’un tachygraphe et bénéficier de toutes les autorisations nécessaires. Ce service ne devrait donc pas être contesté par les autorités.

UberX pratiquera quels tarifs?

Les prix seront plus élevés que ceux d’UberPop, mais les tarifs restent très bas. Le prix de base est de 4 francs, auquel on ajoute 40 centimes par minute et 1 fr. 80 par kilomètre.

Et c’est pour qui?

La même clientèle qu’UberPop, mais il sera sans doute également utilisé par les entreprises. UberX, ce sera aussi une plate-forme de création d’emplois pour nos conducteurs UberPop qui roulent aujourd’hui de manière accessoire, sans profit économique. Si certains veulent devenir chauffeurs professionnels avec UberX, nous les encouragerons et faciliterons leurs démarches.

Développer vos activités à Lausanne, qui a déjà de la peine avec UberPop, c’est de la provocation?

Non. C’est plutôt un signe d’apaisement. On reproche aux conducteurs d’UberPop de ne pas être des professionnels. Ceux d’UberX le seront tous. Les responsables des taxis traditionnels sont d’ailleurs au courant. Nous avons rencontré Marc Vuilleumier et Philippe Leuba. Nous leur avons une nouvelle fois expliqué notre vision: démocratiser un service de transport sûr, fiable et économique. Vous dites qu’UberPop n’est pas le bienvenu à Lausanne? Je vous réponds que ce service a un grand avenir. Il est énormément plébiscité. Et nos conducteurs ne peuvent être apparentés à des chauffeurs clandestins par les autorités. Nous ne partageons pas l’appréciation de l’avis de droit qu’elles ont produit. L’Exécutif n’est pas le judiciaire, rappelons-nous que nous vivons dans un Etat de droit et le principe de séparation des pouvoirs prend tout son sens dans ce cas. Je vous rappelle quand même que, lors de notre arrivée à Lausanne, on nous a dit que nos conducteurs ne devaient surtout pas être des pros. Quelques mois après, UberPop étaient devenu une «catastrophe», on devait monter nos prix, il fallait toutes sortes de licences. Aujour­d’hui, c’est très clair: UberPop pour un conducteur particulier occasionnel et UberX pour un chauf­feur professionnel en règle.

Quand vos conducteurs sont amendés par la police, c’est vous qui payez?

Nous serons toujours aux côtés de nos conducteurs. Nous les aiderons de notre mieux, mais, à ma connaissance, il n’y a eu jusqu’à présent que des avertissements.

Vous offrirez le permis pro à vos chauffeurs?

Probablement. Les détails sont encore à finaliser.

Vous allez lancer aussi UberSafe à Lausanne. En quoi consiste ce service?

Nous venons d’effectuer un premier test dans une discothèque. L’idée est de faire souffler les noctambules qui le souhaitent dans un éthylomètre à la sortie. Si le taux d’alcool est dépassé, nous leur offrons le retour chez eux. Ce n’est pas une incitation à boire, juste une occasion de rentrer chez soi en toute sécurité. D’autres tests vont suivre. UberSafe sera même présent à un festival prochainement.

(24 heures)

Créé: 07.07.2015, 12h22

Marc Vuilleumier estime qu’Uber lui donne raison

En décrétant que les conducteurs d’UberPop exerçaient dans l’illégalité à Lausanne, Marc Vuilleumier pensait avoir tourné la page Uber. D’autant que le président de l’Association de communes de la région lausannoise pour la réglementation du service des taxis annonçait dans la foulée l’interdiction de l’application UberPop dès le nouveau règlement intercommunal des taxis validé par le Conseil d’Etat. C’est chose faite depuis le 24 juin. Alors? «La possibilité juridique existe désormais. Nous aborderons le sujet en comité de direction, vraisemblablement à la fin du mois d’août», explique Marc Vuilleumier. La décision qui sera prise aura une influence sur l’avenir d’UberX qui utilise la même application. «Ces chauffeurs professionnels devront disposer d’une licence B, qui permet de travailler uniquement sur appel. Une?chose est sûre: Uber nous?donne raison aujourd’hui. Notre?position était juste lorsque nous soutenions que notre réglementation imposait des?conditions semblables à tous?les chauffeurs de taxi.»

Uber est également la source d’une controverse virulente à?Genève. Les chauffeurs de taxi traditionnels ont déjà manifesté à?quatre reprises contre les activités de la société américaine qui, afin de se conformer en?partie aux exigences des autorités du bout du lac, s’est concentrée sur les limousines (prix fixé à l’avance). Le ton est monté: un conducteur d’Uber raconte avoir été tabassé par des «confrères» classiques. Le Canton doit présenter une loi plus simple et plus libérale.

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