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Lausanne

«L’asile de vieillards» a 125?ans

Par Erwan Le Bec. Mis à jour le 11.06.2012 9 Commentaires

Doyen des EMS vaudois, la?Rozavère a?traversé l’histoire de l’accueil du?3e?âge.

1/20 L'«Asile de vieillards pauvres et malheureux de Lausanne» a ouvert ses portes en 1887
Image: DR

   

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Un peu comme un de ses résidents assis sur un banc samedi, la Rozavère se souvient. Et pour une vieille dame de 125?ans, l’EMS posé sur les hauts de Chailly a de la mémoire. En l’occurrence, c’est toute l’histoire de l’accueil des personnes âgées qui a refait surface à l’occasion de l’anniversaire du plus ancien et d’un des plus grands établissements vaudois, avec 132 résidents et 200 collaborateurs. On est loin de la petite maison de vingt lits qui voit le jour en 1887 sous le nom d’«Asile de vieillards pauvres et malheureux de Lausanne».

«Aujourd’hui, disposer d’une place en EMS est un droit, mais à l’époque ces pionniers ont offert une alternative à rien du tout», relève Pierre-Yves Maillard, conseiller d’Etat en charge des Affaires sociales. C’est effectivement un petit comité issu de la Société vaudoise d’utilité publique qui lance le premier l’idée d’un asile pour les vieux sans le sou.

On y entre alors dès 65?ans, si la famille ne peut être d’aucun secours. Le ton est paternaliste: il y a un déci de vin par personne et par jour, et les pensionnaires en bonne santé doivent participer au jardinage. Un des fondateurs, le professeur Edouard Raoux, tient à la liberté de culte, même s’il est célébré chaque dimanche.

«Maison des vieillards»
Avec le temps la fondation prend le nom de «Maison des vieillards de Chailly», réputée pour son cadre champêtre. Mais elle se retrouve face aux maladies chroniques et à la démence. On construit une chambre à part pour les mourants et du personnel médical devient nécessaire. «On a été pionnier dans la formation gériatrique, conclut l’actuel directeur, Pierre Ethenoz. Notre fondation se distingue d’ailleurs aujourd’hui dans une prise en charge individualisée.»

Les bains reçoivent l’eau chaude en 1945, trois ans avant l’introduction de l’AVS. Il y a alors une centaine de résidents et la moyenne d’âge est de 80?ans. La réforme des EMS en l’an 2000 voit soudain se durcir les relations avec le canton. La fondation privée, longtemps tenue par des mécènes, prend mal la volonté de l’Etat d’informatiser l’administration et d’appliquer un plan d’économie. «Mais on a toujours évolué avec la société, réagit Philippe Vuillemin, médecin responsable. Si on a été les premiers à accueillir le 3e âge, on doit aujourd’hui se préparer au 4e. Avec tous les problèmes d’adaptation qui vont venir.»

Les travaux de rénovation et de mise aux normes du bâtiment historique viennent de prendre fin. Sorte de clin d’œil, les ouvriers ont dégagé des vieux morceaux de journaux, peut-être insérés dans une paroi en 1940 pour tenter d’isoler les murs.


François Silvant et la Rosablanche

«Madame Johnson, les cuisiniers et le jardinier, on s’est tous reconnus!» sourit encore une infirmière, employée dans la fondation depuis vingt-sept?ans. En 1995, condamné à des travaux d’intérêt général, l’humoriste François Silvant officie au 6, rue de la Rovéréaz, dont l’anagramme a donné le dernier nom de la fondation.

Dix jours dans les cuisines et dans les jardins qui auront permis à l’humoriste de croquer les mimiques et les petits rouages du système. Dans son spectacle Mais?taisez-vous! il rebaptise l’institut La Rosablanche. Le succès est immédiat. «C’est un peu exagéré, mais il a su tirer des détails comiques du quotidien, apprécie l’infirmière Solange Borioz. C’est ce qui permet de changer le regard qu’on porte sur les EMS.»

L’institution accueillait alors quelques bonnes familles lausannoises ou d’anciens professeurs d’université. «Une époque révolue», selon le personnel, qui a vu la Rozavère se démocratiser. (24 heures)

Créé: 11.06.2012, 07h10

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9 Commentaires

Gabrielle Popaj

11.06.2012, 11:25 Heures
Signaler un abus 4 Recommandation 0

"Asile de vieillards ... pauvres et malheureux ! C'est fou ce que le langage des médias a pu et EST encore choquant. En tous les cas, les vieillards pauvres et malheureux de la photo n'étaient pas obligés de rester dans leur fauteuil toute la journée ! Peut-être leurs donnait-on moins de médicaments à avaler ? Répondre


Jean-François Chappuis

11.06.2012, 19:21 Heures
Signaler un abus 3 Recommandation 0

Autrefois les résidents se sentaient utiles et avaient à coeur de participer aux tâches quotidiennes. l'EMS était une vraie famille et non un mouroir comme aujourd'hui! Beaucoup de personnel n'est pas qualifié et ne parle pas notre langue. La plupart ne font pas leur travail par amour de leur prochain, mais pour l'argent à envoyer ailleurs, sans en dépenser un franc, dans le pays. Belle mentalité! Répondre



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