Des biologistes alternatifs s’épanouissent à Renens

ScienceLeurs projets sont trop insolites pour le milieu académique. Qu’importe: ils les développent à l’espace UniverCité

L’association Hackuarium regroupe des projets originaux, tels que celui de Gianpaolo Rando (ici avec Yann Pierson et Alexandra Florin), qui fait des recherches sur l’ADN de la bière.

L’association Hackuarium regroupe des projets originaux, tels que celui de Gianpaolo Rando (ici avec Yann Pierson et Alexandra Florin), qui fait des recherches sur l’ADN de la bière. Image: PHILIPPE MAEDER

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«Excusez-moi, qui veut me donner de l’urine?» A peine franchi le seuil du laboratoire de l’association renanaise Hackuarium, le ton est donné. Ici, on ne poursuit pas des projets comme les autres. Deux exemples? La création de lampes ultralégères à base de champignons ou la réalisation d’une cartographie des bières selon leur composition génétique. La bière était d’ailleurs le thème, mercredi, de la soirée portes ouvertes d’Hackuarium. Comme toutes les semaines, les nouveaux arrivants ont pu s’y renseigner sur l’association ou présenter leur projet, et les anciens faire part de leurs avancées.

Hackuarium, quèsaco? Une association ouverte à tous permettant de pratiquer une biologie participative et citoyenne. Des bricoleurs du vivant non conventionnels en somme, qui sévissent au sein de l’espace communautaire UniverCité, à Renens. «Le but est de permettre aux curieux de faire de la recherche en suivant des pistes que personne n’a encore explorées, et cela dans un environnement non marchand et non compétitif, explique Luc Henry, cofondateur et président d’Hackuarium. Des projets boudés dans les universités ou les industries voient ainsi le jour.»

Collaboration, entraide et interdisciplinarité. Tels sont les maîtres mots du lieu. Dès lors, pas étonnant d’y trouver des projets touchant à peine ou pas du tout à la biologie. A l’image d’Octanis. Mené par des étudiants à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), le projet vise à construire un robot Rover, soit un véhicule motorisé destiné à réaliser des expériences scientifiques au pôle Sud.

Matériel fait maison

Parce que les chercheurs d’Hackuarium ne font rien comme les autres scientifiques, ils utilisent principalement du matériel de seconde main. D’où vient-il? «Des laboratoires, des institutions et des entreprises de la région. Nous sommes dans un environnement tellement riche que nous n’avons aucun mal à trouver ce qu’il nous faut. Et il nous arrive souvent de refuser du matériel», raconte Luc Henry. D’autres instruments sont faits maison: une pompe à vide a été réalisée à partir d’un tire-lait et un filtre de colonne d’extraction à base de litière à chat.

L’association et le laboratoire sont ouverts à tout le monde. Seules conditions: adhérer aux valeurs d’Hackuarium et payer une cotisation mensuelle de 20 francs. «Mais, en pratique, cela reste encore relativement élitiste, faute de moyens et de temps pour pouvoir encadrer les nouveaux venus qui n’ont aucune expérience ou aucun projet concret», déplore Luc Henry. Sur les trente membres, la moitié est en effet constituée de chercheurs ou d’étudiants en biologie, en chimie, en électronique ou en informatique. L’autre moitié se compose de retraités, d’architectes, de designers et d’entrepreneurs.

Un laboratoire mobile

Afin d’atténuer quelque peu ce cloisonnement, les chercheurs vont bientôt mettre sur roues un laboratoire mobile. L’idée? Aller au contact de la population et la faire participer à des expériences biologiques, comme «l’extraction et l’amplification de l’ADN des bières», explique Gianpaolo Rando, initiateur du projet BeerDeCoded (lire ci-dessous) et du laboratoire mobile. Ce dernier fera sa première apparition le 24 septembre, à Soleure, lors du ScienceComm.

Renseignements wiki.hackuarium.ch (24 heures)

Créé: 09.08.2015, 18h55

L’ADN des bières au microscope

Un peu plus d’une demi-douzaine de projets sont actuellement en cours à l’Hackuarium de Renens. Parmi eux: BeerDeCoded. «Ce projet vise à créer une cartographie des bières basée sur leur composition génétique et non sur le goût des consommateurs, expose Gianpaolo Rando, chef du projet. Avec mon équipe, nous allons donc analyser l’ADN des levures et des microbes contenus dans ces breuvages.» Principal intérêt pour les consommateurs comme pour les professionnels: «Découvrir de nouvelles bières qui sont soit similaires, soit opposées à celles déjà connues.» Grâce à un financement, cent premières bières vont bientôt être étudiées. Mais le but final est d’en analyser mille. «Un but que nous pourrons atteindre dans une année si les financements sont au rendez-vous.»

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