Le bitcoin s’ancre dans la réalité lausannoise

PaiementsUn distributeur permettant de vendre et d’acheter cette monnaie digitale a été installé dans la capitale vaudoise

Nicolas Giller, gérant du Qwertz Café, à Lausanne,  où a été installé le premier distributeur de bitcoins du canton.

Nicolas Giller, gérant du Qwertz Café, à Lausanne, où a été installé le premier distributeur de bitcoins du canton. Image: PHILIPPE MAEDER

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Il était déjà possible de payer en bitcoins dans quelques rares établissements lausannois. Cette monnaie virtuelle, surtout utilisée pour des achats en ligne, se matérialise un peu plus dans la capitale vaudoise. Après avoir installé, l’an dernier, le premier distributeur de bitcoins de Suisse romande à Genève, la société SBEX (Swiss Bitcoin Exchange) a mis en service, en novembre dernier, un BTM (Bitcoin Teller Machine) au Qwertz Café.

Repère de geeks situé en face du Conservatoire, l’établissement n’a pas été choisi au hasard: la devise est, pour l’heure, prisée des communautés technophiles. Mais SBEX espère bien, grâce à cette nouvelle visibilité, élargir le cercle des utilisateurs de cette cryptomonnaie à la réputation sulfureuse et à la popularité grandissante.

La borne en question ressemble à un bancomat et fonctionne comme une machine de change. Pour acheter des bitcoins, on entre son numéro de portable et on scanne le code de son portefeuille électronique (une application téléchargée sur son mobile). Les billets glissés dans l’automate sont alors transférés dans ce porte-monnaie numérique après avoir été convertis en bitcoins – ou en une fraction de celui-ci, un bitcoin valant aux alentours de 300 fr. Même procédure en cas de vente, pour se voir distribuer des francs. Pour les Lausannois, ces opérations devaient jusqu’à présent se faire en ligne. Les avantages d’un distributeur? «La disponibilité et l’instantanéité de la transaction, explique Romain Braud, responsable du Business Development chez SBEX. En comparaison, sur Internet, il faut environ vingt-quatre heures pour acheter des bitcoins au moyen d’un virement bancaire.»

Au Qwertz, le BTM n’est encore sollicité que rarement. «Une ou deux fois par semaine», observe son gérant, Nicolas Giller, qui dit apprécier ce mode de paiement permettant de contourner le système bancaire traditionnel. Pour autant, on ne peut pas encore payer ses consommations en bitcoins dans son bar. Nicolas Giller a décidé d’attendre la sortie, prévue pour la fin du mois, d’une application qui permet de directement transférer et convertir les bitcoins sur un compte en francs. Un moyen pour lui de se protéger contre la volatilité de la devise.

D’autres n’ont pas attendu, à Lausanne. Au Sweet Dreams Cupcake Cafe, on peut s’acheter une pâtisserie au moyen de bitcoins depuis deux ans. Et à l’Hôtel Régina, payer sa chambre depuis l’automne dernier. «Si cette monnaie se développe, ça risque d’attirer du monde», espère Michel Bagnoud, gérant de l’établissement. On n’en est pas encore là. Il n’a enregistré pour l’heure que deux paiements en bitcoins, tandis que le café en comptabilise deux ou trois par mois.

Ce sont les deux seuls endroits acceptant pour l’heure la devise numérique à Lausanne, selon le site coinmap.org – qui répertorie trois adresses supplémentaires dans le reste du canton, notamment un cabinet de médecine chinoise à Nyon. En comparaison, la ville de Genève en compte déjà une petite dizaine. Les commerces lausannois auraient pourtant tort de ne pas s’y mettre, au vu des avantages que met en avant SBEX. «Les frais de transaction sont quasi nuls, y compris pour les utilisateurs», détaille Alexis Roussel, président de la société. Autre point positif: «C’est comme d’être payé avec du cash. Contrairement aux paiements par cartes de crédit, il n’est pas possible pour un client d’annuler son paiement après coup.»

Aussi à Renens

Se procurer des bitcoins, c’est aussi possible au Fixme Hackerspace à Renens, où se rencontrent des fans de technologie. L’un d’eux a créé un bancomate de bitcoins, fonctionnel depuis novembre dernier. «Beaucoup de personnes l’utilisent», relate Sasha. Ce membre du Hackerspace annonce d’autres projets centrés sur la monnaie digitale, comme la possibilité d’acheter des timbres avec des bitcoins.

Le nombre de BTM va encore croître en région lausannoise. La société Bitcoin Suisse, qui gère déjà cinq machines outre-Sarine, prévoit en effet d’en installer un dans la capitale vaudoise avant l’automne. (24 heures)

Créé: 15.03.2015, 17h48

Une monnaie volatile

A l’origine du bitcoin, un mystérieux Satoshi Nakamoto, qui, après la crise financière de 2008, a voulu créer une devise échappant au contrôle de l’Etat. Pas besoin de banques pour traiter les transactions ni d’une Banque centrale pour créer de nouveaux bitcoins. L’émission de cette monnaie numérique et décentralisée est gérée par un algorithme fonctionnant grâce au travail en réseau de passionnés d’informatiques (récompensés en échange par des bitcoins); tout un chacun peut intégrer cette communauté de «miners».
Seulement 21 millions de bitcoins seront créés à terme. Cela explique les fortes fluctuations de la valeur de la devise, celle-ci étant déterminée par l’offre et la demande, comme pour une matière première. Cette volatilité suscite la méfiance de certains. «La communauté fait beaucoup d’efforts pour stabiliser ces fluctuations», affirme Alexis Roussel, de SBEX. Le directeur du négociant en bitcoin observe une augmentation stable du nombre d’utilisateurs en Suisse, mais une effervescence au sein des entreprises qui se sont lancées sur ce marché. Il en est persuadé, le bitcoin va gagner en popularité, principalement pour les achats en ligne, les transferts d’argent ou lors de voyages à l’étranger.

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