Lausanne
La Cinémathèque a deux scénarios pour le Capitole
Par Renaud Bournoud. Mis à jour le 21.06.2012
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A 83?ans, la plus grande salle de cinéma de Suisse attend que les autorités lui offrent une deuxième jeunesse. La ville de Lausanne l’a rachetée en 2010 pour la mettre à disposition de la Cinémathèque suisse. Car malgré son grand âgé, le Capitole, dont la salle est classée, sait encore séduire.
Grégoire Junod, municipal de la Culture, lui attribue même le regain d’intérêt qu’a connu la Cinémathèque l’an dernier. La fréquentation est passée de 28?000 en 2010 à 40?000 l’année suivante. «Il y a un vrai attachement des Lausannois pour cette salle de cinéma», observe l’élu.
Si l’établissement est toujours attrayant, il a besoin d’une sérieuse cure de jouvence. La semaine dernière, Frédéric Maire, directeur de la Cinémathèque suisse, a soumis à la Municipalité deux options pour la rénovation: une minimale et une plus lourde.
En rachetant le Capitole, la Ville savait pertinemment qu’il y aurait des investissements importants à faire pour son assainissement. Dans sa «pré-étude», Frédéric Maire chiffre à 9,5 millions une rénovation «light». «Cela consiste à faire le minimum pour que la salle ne meure pas, réseau électrique, isolation etc., indique le directeur de la Cinémathèque. Cet hiver, en poussant le chauffage à fond, on arrivait péniblement à 12?degrés dans la salle.
Mais Frédéric Maire rêve d’un projet plus ambitieux: créer un espace vivant pour la Cinémathèque. «Comme tous les musées, notre institution a besoin d’un lieu d’exposition. Et cette vitrine c’est le Capitole», martèle le directeur.
L’option lourde prévoit de construire une deuxième salle de 150?places dans le vide sanitaire existant sous le cinéma. «Il est vital pour nous de pouvoir avoir une double programmation», estime Frédéric Maire. Le plafond du hall du Capitole serait lui percé pour accueillir une mezzanine. Y prendraient place, un café, une «boutique du cinéma» et une médiathèque, ouverts au public en permanence.
Coût total estimé d’une telle transformation: 13 millions. «La différence de prix entre les deux options est moindre que ce que j’imaginais», note Grégoire Junod. Le socialiste ne cache pas son intérêt pour cette seconde version. «Les nouveaux éléments s’intégreraient dans le bâtiment actuel», précise le directeur de la Cinémathèque pour expliquer ce relativement faible surcoût.
Quelle que soit la version retenue, il va falloir trouver des fonds. C’est là que le bât blesse. La Ville n’a pas envie de passer toute seule à la caisse. Du côté de Berne – qui investit déjà près de 60 millions dans le centre d’archives à Penthaz – on oppose une fin de non-recevoir. (24 heures)
Créé: 21.06.2012, 19h12
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