Lausanne
Les clubs menacés de fermer plus tôt
Par Lise Bourgeois. Mis à jour le 14.09.2012 20 Commentaires
Dossiers
Achats fictifs de drogue
Par quels moyens Lausanne va-t-elle durcir le ton face à la dégradation – admise – de la sécurité? «Tout a déjà été dit devant le Conseil communal et dans les médias, lâche un magistrat. Il s’agit de donner une cohérence à tout cela.» Il n’en dira pas plus pour aider au tri.
Reste que la collaboration entre Lausanne et le Canton s’annonce sous de bons augures: elle est déjà riche d’enseignements. La conseillère d’Etat Jaqueline de Quattro, saluant la reprise de la police lausannoise par Grégoire Junod, annonçait mardi une première mesure à la tribune du Grand Conseil. «Des achats fictifs de drogue par des policiers sont en cours à Yverdon et se préparent à Lausanne avec la police cantonale», glisse-t-elle.
Une façon directe de harceler les dealers, piégés par des policiers en civil qui leur tendent un billet de banque. Cette mesure va bien dans la direction prônée par Grégoire Junod, qui entend «libérer l’espace public» en combattant les scènes de la drogue. En outre, le rapprochement de la police judiciaire municipale vers sa sœur cantonale est «l’une des pistes étudiées», admet Daniel Brélaz.
Ce dernier semblait aussi indiquer que certaines réflexions de la Municipalité n’étaient pas au goût de Marc Vuilleumier. On sait le popiste très réticent à la question des mesures d’éloignement, qui verraient certains interdits d’un périmètre. Autre allergie de La Gauche: les caméras. Plusieurs politiciens l’admettent: «Si le règlement sur la vidéosurveillance était voté maintenant, son contenu serait bien plus invasif que celui adopté il y a un an.» Le débat reviendra-t-il avec le nouveau municipal de Police?
(Alain Détraz)
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Dans l’attente d’une déclaration de la Municipalité sur les mesures choisies pour maîtriser la nuit lausannoise, les conjectures vont bon train. Des rumeurs circulent en haut lieu selon lesquelles un consensus politique et administratif se dégagerait pour raccourcir les nuits lausannoises. Fermer à 2 h, à 3 h au plus tard?
Si tous les acteurs politiques s’accordent à prédire un «durcissement», personne ne confirme l’information. Cependant, dans la foison de propositions développées mardi soir au Conseil communal figure celle du socialiste Benoît Gaillard, qui pourrait bien préfigurer le programme de la Municipalité.
Le conseiller signe son intervention (un postulat) au nom du groupe socialiste. Il est un proche de Grégoire Junod, «dans la manche droite» de ce dernier, comme le dit un de ses collègues du PLR.
Benoît Gaillard propose, notamment, de renforcer les contrôles aux alentours et dans les boîtes. Il faut, écrit-il en substance, que la police s’assure «systématiquement» que les bars ne servent pas des personnes déjà ivres. Il faut aussi qu’elle vérifie que les clubs n’accueillent pas davantage de monde que leur capacité.
Une idée partagée
Les consommateurs sont aussi visés. L’élu appelle de ses vœux «un plan de contrôles réguliers visant à écarter la vente et la consommation de stupéfiants au sein des établissements (…) et dans leurs abords immédiats». La même idée était développée mardi en conférence de presse par Grégoire Junod.
Enfin, des restrictions sur les horaires d’ouverture sont prescrites. Il s’agirait, poursuit Benoît Gaillard, d’introduire «des horaires plus restreints à l’essai pour les nouveaux établissements et des restrictions d’horaires pour ceux qui ne respectent pas leur devoir».
Au téléphone, le conseiller communal se défend d’être «dirigiste». Il ne promeut pas la fermeture des boîtes à 2 h: «Je doute qu’il y ait eu un consensus politique à ce sujet.»
Contrôle de qualité
Ce faisant, il constate que l’abolition de la clause du besoin, c’est-à-dire l’époque où le nombre de bistrots était limité, n’a pas été suivie de suffisamment d’attention: «Il est temps de proposer un contrôle de qualité sur les nuits lausannoises. On peut notamment le faire en conditionnant l’autorisation d’ouverture d’une heure supplémentaire à un comportement adéquat du club.»
Benoît Gaillard a déposé son postulat en juin déjà, bien avant que Grégoire Junod reprenne la police lausannoise. Ses propositions entrent aujourd’hui en résonance avec les quelques mots lâchés par le municipal jusque-là. A n’en pas douter, les socialistes phosphorent sur la nuit lausannoise depuis longtemps.
Concertation
Les mesures pour la nuit qui doivent être prises seront annoncées plus tard que prévu, ainsi que l’a annoncé Grégoire Junod. Le nouveau patron de la Police a besoin de temps. «Il appliquera sa méthode habituelle qui consiste à aller discuter avec les gens», prédit Benoît Gaillard.
Les clubs attendent maintenant de savoir à quelle sauce ils seront mangés. Président du Pool Lausanne La Nuit, qui représente treize établissements de nuit sur trente-six, Thierry Wegmüller rappelle que les membres du Pool ont signé une charte et fait des propositions à la demande de la Municipalité. A ses yeux, il serait erroné de faire porter le chapeau aux clubs.
«Les clubs du Pool se sont engagés à être professionnels sur le plan de la sécurité, promet-il. Les faire fermer à 4 h au lieu de 5 h serait la pire des erreurs, car cela mettrait sur la voie publique encore plus de monde avec des risques de frictions encore plus importants et avec encore moins de possibilités de prendre les transports publics.»
Il ajoute: «Nous proposons d’introduire l’ouverture jusqu’à 6 heures et un Label Nuit, charte de qualité, qui pourrait être exigé pour l’ensemble des établissements de nuit de manière concertée avec les autorités.» (24 heures)
Créé: 14.09.2012, 07h22
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La rédaction
20 Commentaires
Et pourquoi pas pendant qu'on y est fermer les bars, restaurants, discothèques à 23h30 juste avant les derniers bus et trains, y interdire la vente d'alcool etc. etc. Ainsi Lausanne se trouverait encore juste un peu plus attractive que l'Arabie Saoudite. Vive la dictature socialiste! Répondre
Je crois encore une fois que les socialistes devraient avoir le courage de proposer au niveau cantonal que les lois soient plus sévères envers les fauteurs de trouble. Il est inadmissible que quelqu'un lève la main envers un représentant de la police et qu'il soit porteur d'armes blanches pour soit disant sortir pour se divertir. Répondre
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