A Epalinges, un élu veut débaptiser le chemin Marcel Regamey

DénominationYves Giroud estime que le fondateur de la Ligue vaudoise, enfant de la commune décédé en 1982, n’est pas un exemple pour la démocratie

L’idée du socialiste Yves Giroud sera débattue au Conseil communal en novembre.

L’idée du socialiste Yves Giroud sera débattue au Conseil communal en novembre. Image: GÉRALD BOSSHARD

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C’est une rue d’une centaine de mètres à peine, dans les hauts d’Epalinges. «Elle mène certes à la déchetterie, mais elle borde aussi un établissement scolaire», dépeint Yves Giroud. Le conseiller communal socialiste a pourtant décidé de s’attaquer à ce petit chemin. Ou plutôt à sa dénomination: le chemin Marcel Regamey, du nom du fondateur de la Ligue vaudoise en 1931, enfant de la commune décédé en 1982.

«Il a passé son temps à vilipender nos institutions démocratiques. Il n’a jamais renié ses propos malodorants ni sa conception autoritaire de l’Etat. On peut se poser la question du bien-fondé de l’honneur fait à cet homme en lui attribuant le nom d’une rue», estime Yves Giroud. Par le biais d’un postulat, l’élu demande donc qu’on débaptise le petit chemin (Le Matin de lundi).

«Patriote et humaniste»

«Voici quelque temps, je me penchais sur le plan de la commune à la recherche d’une adresse. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que toutes les rues, tous les chemins portent des noms de lieux-dits ou de villes et que seule une rue porte le nom d’une personne: la rue Marcel Regamey», s’étonne le conseiller communal. Et, en sous-titre sous la plaque, il est écrit «humaniste et patriote vaudois».

Yves Giroud effectue alors quelques recherches historiques. Il découvre que la Ligue vaudoise de Marcel Regamey, «se référant au modèle de la France de Vichy, prônait l’adaptation au nouvel ordre européen suivant un modèle national».

«Pour moi, la notion de patriotisme, ce n’est pas que l’admiration béate de nos cimes enneigées ou de nos verts pâturages. Elle inclut celle d’attachement aux valeurs et aux structures démocratiques qu’ici nous défendons tous. Il me semble peu approprié de qualifier Marcel Regamey, grand admirateur de Mussolini et de Pétain, de patriote.» Yves Giroud accuse encore le fondateur de la Ligue vaudoise d’antisémitisme.

Trouver un autre nom

«D’un point de vue éducatif, on pourrait trouver mieux comme nom de rue», explique Yves Giroud. Au prochain Conseil, il proposera aux autorités d’étudier la possibilité de rebaptiser la rue d’un nom «plus en accord avec notre conception de la démocratie et des droits de l’homme».

Débaptiser une rue, puis lui donner un nouveau nom, est de la compétence municipale. Le syndic d’Epalinges, Maurice Misch­ler, n’est pas opposé au principe. «J’attends les débats du Conseil pour me faire un avis sur la pertinence du postulat d’Yves Giroud. J’entreprendrai aussi quelques recherches sur la personnalité de Marcel Regamey.»

Ce sera alors au Canton d’avaliser et de modifier le registre des bâtiments et le cadastre en fonction de la décision prise. A noter qu’Epalinges est la seule localité du pays à avoir ainsi honoré Marcel Regamey. (24 heures)

Créé: 29.10.2014, 11h55

Méthode «répugnante»

C’est Olivier Delacrétaz, ancien habitant d’Epalinges lui aussi, qui a repris la présidence de la Ligue vaudoise en 1977. La Ligue vaudoise est l’organe politique du Mouvement de la Renaissance vaudoise, qui soutient dans tous les domaines «ce qui contribue au renforcement de l’identité vaudoise».
Elle publie La Nation toutes les deux semaines depuis 1931, ainsi que les Cahiers de la Renaissance vaudoise.
Olivier Delacrétaz: «Marcel Regamey était un humaniste et un patriote. Il n’y a pas tromperie. On peut certes lui reprocher des propos antisémites, tenus comme beaucoup de personnes avant la guerre, mais disons que c’était une tendance des mouvements de droite. Il a modifié son point de vue avec les années. Je trouve toutefois répugnant de vouloir changer les noms, les modes, les habitudes sur une quinte ou un coup de tête. Il faut assumer son histoire. La démarche de ce conseiller communal a quelque chose de totalitaire.»

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