Mobilisation pour sauver la poste de la Grangette

LausanneLa fermeture programmée de l'office situé au nord de Lausanne révolte les habitants. Une pétition circule pour faire plier le géant jaune.

Les habitants du quartier se mobilisent. Au premier plan: Michel Perret, membre de la Société de développement Boveresses, Eterpeys, Grangette et Praz-Séchaud.

Les habitants du quartier se mobilisent. Au premier plan: Michel Perret, membre de la Société de développement Boveresses, Eterpeys, Grangette et Praz-Séchaud. Image: Patrick Martin

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Vufflens-la-Ville, Paudex, Lutry, Ouchy… Les postes ferment les unes après les autres dans la région lausannoise, comme dans tout le canton. Dernière victime en date: l’office de la Grangette, au nord de la ville, au croisement de l’avenue des Boveresses et de la route d’Oron. Après avoir restreint les horaires d’ouverture il y a six ans, le géant jaune a annoncé la suppression du bureau numéro 21 et des cases postales en mars prochain. Comme à Vennes, à Ouchy et à Montchoisi, il sera remplacé par une agence installée dans un commerce, chargée d’assurer les prestations de base. Ici, la Pharmacie des Grangettes.

Indignés, les riverains s’organisent. Membre de la Société de développement Boveresses, Eterpeys, Grangette et Praz-Séchaud, Michel Perret est l’un des fers de lance de la révolte. «Si la poste disparaît, notre quartier ressemblera de plus en plus à une cité-dortoir. Même si cet office n’est pas aussi fréquenté que ceux situés dans des endroits plus centraux, il rend de grands services, en particulier aux personnes âgées ou à mobilité réduite. Comme il y a toujours des places de parc, les gens viennent de Grandvaux, même de Pully ou de Lutry. A la poste de Chailly ou à la Sallaz, impossible de se parquer.»

Impuissance
Le concept d’agence postale dans la pharmacie ne le convainc pas: «Les personnes âgées ne pourront plus régler leurs factures en liquide. On nous dit aussi que l’on pourra retirer de l’argent avec une carte Maestro ou une Postcard. J’ai fait l’essai à l’agence-pharmacie d’Ouchy un samedi après-midi en demandant 500 francs, le maximum autorisé. On n’a rien pu me donner car ils n’avaient plus d’argent.» Le mois dernier, la Société de développement du quartier a interpellé par courrier la Municipalité, laquelle s’était exprimée peu avant sur le sujet par la voix du syndic.

Répondant à une interpellation de l’élu PLR François Longchamp, Daniel Brélaz était revenu sur les raisons qui ont dissuadé les autorités d’entamer des démarches pour s’opposer à la fermeture. «La Municipalité connaît ses chances dans une telle procédure. Elles sont égales à zéro. Monter aux barricades et faire une manifestation ne sert à rien. Un certain nombre de communes menacées par la politique de La Poste ont tenté des procédures et ont pratiquement toujours perdu.»

«Si la poste disparaît, notre quartier ressemblera de plus en plus à une cité-dortoir» Michel Perret

L’espoir demeure, pourtant. A Renens, des années de lutte citoyenne ont permis de sauver la petite poste de Renens Village. La Sallaz aussi a échappé à son sort, tout comme Bourdonnette et Sévelin. Alors le tenancier du Restaurant Coteau- Fleuri, situé dans le bâtiment de la poste de la Grangette, fait signer, inlassablement, la pétition. «Onze feuilles sont déjà remplies, rapporte Ali Boyaci. Bien sûr que l’on perd quelque chose. Ici il n’y a pas grand-chose: une boulangerie, une enseigne Denner, la pharmacie et moi. Il y a beaucoup d’habitants pourtant. La Poste ne fait qu’encaisser et le service est zéro.»

Vie de quartier contre profit
«Je ne connais pas le système des agences postales, donc je ne peux pas critiquer, mais je doute que cela soit aussi efficace, lâche Nicolas Bournoz, client de la poste de la Grangette. Et les commerces, où vont-ils déposer leur argent? On réduit le service au minimum pour un maximum de profit.» Dans sa lettre adressée il y a trois jours aux dirigeants de La Poste, Michel Perret relève qu’«il n’y a pas que la rentabilité qui devrait être prise en compte. L’aspect social est aussi très important.»

La pharmacienne Bernadette Sierro, elle, se prépare à installer le guichet jaune près de sa caisse. «Il s’agit pour moi de survivre. Si la poste disparaît, les gens vont aller à la Sallaz ou ailleurs, et c’est là-bas qu’ils feront leurs courses. Je voulais aussi assurer ce service pour éviter qu’il disparaisse. La poste fait partie de la vie d’un quartier.» Les autorités lausannoises reprendront contact avec le géant jaune pour tenter de maintenir l’office.. (24 heures)

Créé: 24.01.2015, 13h55

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Depuis 2009, une soixantaine de postes vaudoises ont été supprimées ou remplacées par un service à domicile ou une agence installée dans un commerce. A Lausanne, la première de ce type a ouvert en 2007, à Montchoisi. On en dénombre trois aujourd’hui (pour 17 offices de poste) et 49 dans le canton (pour 144 offices).

Porte-parole de La Poste, Isabelle Mouron évoque la diminution du chiffre d’affaires: «Entre 2000 et 2013, sur l’ensemble du territoire suisse, la baisse d’activité a atteint 65% pour les lettres, 47% pour les colis et 31% pour les versements. L’office Lausanne Grangette n’échappe pas à cette tendance. Le modèle des agences postales a d’ores et déjà fait ses preuves sur plus de 600 sites en Suisse et obtient d’excellents résultats dans les sondages de satisfaction.»

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